mardi 25 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2025545 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | TANDONNET |
Vu la procédure suivante :
Par ordonnance n° 462171 du président de la section du contentieux du Conseil d'Etat du 4 avril 2022, le jugement de l'affaire enregistrée au tribunal administratif de Toulouse sous le
n° 2005545 a été attribué au tribunal administratif de Montpellier.
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 novembre 2020 et 3 mai 2021, M. C A, représenté par Me Tandonnet, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du préfet de Tarn-et-Garonne du 15 octobre 2020 prononçant la fermeture du camping situé rue des charretiers à Valence d'Agen ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- en l'absence de mise en demeure préalablement adressée au maire, le préfet n'était pas compétent pour prendre une mesure de fermeture sur le fondement des dispositions de l'article
L. 2215-1 du code général des collectivités territoriales ;
- l'arrêté contesté a été pris au terme d'une procédure irrégulière, en l'absence de mise en œuvre de la procédure contradictoire préalable prévue à l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le préfet a commis une erreur dans la matérialité des faits et une erreur d'appréciation, en se fondant sur l'existence de risques pour la sécurité et la salubrité publiques, lesquels ne sont pas caractérisés, pour ordonner la fermeture du camping ;
- la mesure de fermeture définitive du camping présente un caractère disproportionné ;
- cette mesure résulte d'un traitement discriminatoire par rapport au " Club Loisirs Aventure Moto " et au camping municipal, également situés en zone rouge du plan de prévention des risques d'inondation ;
- le préfet a commis un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2021, le préfet de Tarn-et-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le requérant, qui s'est lui-même placé dans une situation irrégulière en exploitant sans autorisation un terrain de camping, ne justifie d'aucun intérêt lui donnant qualité pour contester la décision en litige ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Verguet, rapporteur ;
- et les conclusions de Mme Lorriaux, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A exploite un camping sur le territoire de la commune de Valence-d'Agen. A la suite d'un rapport de la gendarmerie du 25 août 2020 et d'un procès-verbal d'infractions dressé le 6 octobre 2020 par un agent de la direction départementale des territoires du Tarn-et-Garonne, le préfet de Tarn-et-Garonne, usant de la faculté qu'il tient de l'article L. 2215-1 du code général des collectivités territoriales de se substituer au maire, a ordonné la fermeture du camping par un arrêté du 15 octobre 2020. M. A demande l'annulation, pour excès de pouvoir, de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2215-1 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale est assurée par le maire, toutefois :/ 1° Le représentant de l'Etat dans le département peut prendre, pour toutes les communes du département ou plusieurs d'entre elles, et dans tous les cas où il n'y aurait pas été pourvu par les autorités municipales, toutes mesures relatives au maintien de la salubrité, de la sûreté et de la tranquillité publiques./ Ce droit ne peut être exercé par le représentant de l'Etat dans le département à l'égard d'une seule commune qu'après une mise en demeure au maire restée sans résultat ;/ () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté contesté n'a été pris qu'après l'envoi au maire de Valence-d'Agen d'une lettre, datée du 8 octobre 2020, le mettant en demeure d'exercer, dans un délai de 24 heures, ses pouvoirs de police en vue de remédier aux troubles à la sécurité et à la salubrité publiques constatés dans le camping exploité par M. A. Il est constant que cette mise en demeure n'a pas été suivie d'effets. Dès lors, le préfet de Tarn-et-Garonne avait compétence pour prendre toutes mesures relevant de la police municipale.
4. En deuxième lieu, en vertu des dispositions des articles L. 122-1 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, les décisions qui constituent une mesure de police n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Selon l'article
L. 121-2 du même code, la procédure contradictoire préalable prévue à l'article L. 121-1 n'est pas applicable en cas d'urgence. L'existence d'une telle situation d'urgence doit être appréciée concrètement, en fonction des circonstances de l'espèce.
5. Il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport de la gendarmerie du 20 août 2020, que l'état sommaire des installations électriques, dépourvues de coffrets étanches et de raccordement à la terre, comprenant des rallonges électriques courant à même le sol ainsi qu'un container à poubelles utilisé comme répartiteur de prises électriques, était de nature à faire naître un risque d'incendie en cas de surcharge du réseau électrique. Un tel risque pour la sécurité publique, résultant des installations du camping, caractérisait une urgence dispensant le préfet du respect de la procédure contradictoire prévue par les dispositions citées au point 4.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : () 5°) Le soin de prévenir, par des précautions convenables, et de faire cesser, par la distribution des secours nécessaires, les accidents et les fléaux calamiteux ainsi que les pollutions de toute nature, tels que les incendies, les inondations () ".
7. D'une première part, il est suffisamment établi par le rapport de la gendarmerie du 25 août 2020 que l'état sommaire des installations électriques, décrit au point 5, de nature à faire naître un risque d'incendie, présentait un risque pour la sécurité publique, nonobstant la présence d'une borne à incendie à environ 150 mètres. D'une deuxième part, il ressort de l'extrait du plan de prévention des risques d'inondation " Garonne aval " approuvé par arrêté préfectoral du 2 octobre 2000, versé au dossier, que le terrain d'assiette du camping exploité par M. A, classé en zone rouge du plan, d'aléa fort, est exposé à un risque d'inondation centennal, caractérisé par une hauteur d'eau de 2 mètres au moins. L'existence d'un tel risque n'est pas infirmée par la circonstance, à la supposer établie, qu'aucune inondation en ce lieu ne se serait produite depuis la création du camping au début des années 1990. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'un dispositif permettant d'assurer l'information et l'alerte des occupants aurait été mis en place par l'exploitant. D'une troisième part, il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport de la gendarmerie du 25 août 2020, que la capacité du réseau d'assainissement, composé d'une simple fosse septique de 5 mètres cubes, n'est pas en adéquation avec le nombre de personnes que le camping est susceptible d'accueillir. Dans ces conditions, alors que la présence d'extincteurs sur les lieux et d'un plan d'évacuation n'est pas établie par la production d'un constat d'huissier rédigé le 27 janvier 2021, soit postérieurement à l'arrêté contesté, le préfet de Tarn-et-Garonne, en se fondant sur les risques pour la sécurité et la salubrité publiques que présentait le camping, pour ordonner sa fermeture, n'a pas commis d'erreur dans la matérialité des faits ni d'erreur d'appréciation.
8. En quatrième lieu, eu égard à l'importance des risques pour la sécurité et la salubrité publiques exposés ci-dessus, et en l'absence de toute demande de régularisation de la part de
M. A, déclaré coupable de faits constitutifs de " création ou agrandissement d'un terrain de camping permettant l'accueil de plus de vingt personnes ou de plus de six tentes, caravanes ou résidences mobiles de loisirs sans permis d'aménager ", par un jugement du tribunal correctionnel de Montauban du 22 septembre 2013, le préfet de Tarn-et-Garonne, en ordonnant la fermeture définitive du camping, n'a pas pris une mesure disproportionnée.
9. En cinquième lieu, la circonstance que le " Club Loisirs Aventure Moto " et le camping municipal, situés dans une zone où il n'est pas établi que la hauteur d'eau atteindrait 2 mètres, n'ont pas fait l'objet de la même mesure de fermeture, ne constitue pas une méconnaissance du principe d'égalité devant la loi et est en tout état de cause sans incidence sur la légalité de la mesure de fermeture prise à l'encontre du camping exploité par M. A, dont le bien-fondé est établi.
10. En dernier lieu, le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi.
11. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par le préfet de Tarn-et-Garonne, que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 15 octobre 2020.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme quelconque au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de Tarn-et-Garonne.
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Charvin, président,
- M. Verguet, premier conseiller,
- Mme Doumergue, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2022.
Le rapporteur,
H. VerguetLe président,
J. Charvin
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 25 octobre 2022.
La greffière,
M. B
MF
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026