jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2026088 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET L CONSEIL AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 462171 du 4 avril 2022, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a transmis au tribunal administratif de Montpellier, en application de l'article R. 351-8 du code de justice administrative, les requêtes, enregistrées au greffe du tribunal administratif de Toulouse, présentées par M. G F et Mme H I, M. et Mme C et J F et Mme D B.
I. Sous le n° 2026088, par une requête et des mémoires, enregistrés les 30 novembre 2020, 9 juillet et 29 septembre 2021, M. G F et Mme H I, représentés par Me Hudrisier, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du maire de Montfa du 1er octobre 2020 accordant à la société Free Mobile un permis de construire pour l'implantation d'un pylône treillis bi-opérateur, support d'antennes, zone technique et clôture sur un terrain sis lieu-dit La Teulière à Montfa ;
2°) de mettre à la charge solidaire de la commune de Montfa et de la société Free Mobile une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Ils soutiennent que :
- le dossier de demande de permis de construire méconnaît l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme pris dans ses b) et c) car le plan en coupe ne fait pas apparaitre la hauteur et l'échelle réelles et le document graphique est insuffisant pour apprécier l'insertion de la construction tant au regard des constructions avoisinantes que des paysages ; ce document est insincère et la hauteur de l'antenne a été minimisée ;
- la construction méconnaît le règlement de la zone A du plan local d'urbanisme intercommunal " Sidobre Val d'Agout " en ce qu'elle ne s'intègre pas au contexte paysager et compromet l'activité agricole ;
- la construction méconnaît la règle de hauteur, en ce qu'elle n'entre pas dans l'exemption prévue par le règlement, conditionnée à l'absence d'atteinte à la qualité du site et des monuments ;
- elle méconnaît les dispositions du plan local d'urbanisme intercommunal relatives à la qualité urbaine, architecturale, environnementale et paysagère ainsi que les dispositions de l'article R.111-27 du code de l'urbanisme ; le projet porte atteinte au voisinage et à la qualité du site ;
- l'installation porte atteinte à la santé des riverains et méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- le projet est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 5 de la Charte de l'environnement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mai 2021, la commune de Montfa, représentée par la SELARL Cabinet VTF, agissant par Me Faure-Tronche, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. F et Mme I une somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable car les requérants sont dépourvus d'intérêt pour agir ;
- les moyens soulevés par M. F et Mme I ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 août 2021, la société Free Mobile représentée par le cabinet PAMLAW - Avocats, agissant par Me Martin, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. F et Mme I une somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable car les requérants sont dépourvus d'intérêt pour agir ;
- les moyens soulevés par M. F et Mme I ne sont pas fondés.
II. Sous le n° 2026093, par une requête et des mémoires enregistrés les 30 novembre 2020, 7 juillet et 29 septembre 2021, M et Mme C et J F, représentés par Me Hudrisier, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du maire de Montfa du 1er octobre 2020 accordant à la société Free Mobile un permis de construire pour l'implantation d'un pylône treillis bi-opérateur, support d'antennes, zone technique et clôture sur un terrain sis lieu-dit La Teulière à Montfa ;
2°) de mettre à la charge solidaire de la commune de Montfa et de la société Free Mobile une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Ils soutiennent que :
- le dossier de demande de permis de construire méconnaît l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme pris dans ses b) et c) car le plan en coupe ne fait pas apparaitre la hauteur et l'échelle réelles et le document graphique est insuffisant pour apprécier l'insertion de la construction tant au regard des constructions avoisinantes que des paysages ; ce document est insincère et la hauteur de l'antenne a été minimisée ;
- la construction méconnaît le règlement de la zone A du plan local d'urbanisme intercommunal " Sidobre Val d'Agout " en ce qu'elle ne s'intègre pas au contexte paysager et compromet l'activité agricole ;
- la construction méconnaît la règle de hauteur, en ce qu'elle n'entre pas dans l'exemption prévue par le règlement, conditionnée à l'absence d'atteinte à la qualité du site et des monuments ;
- elle méconnaît les dispositions du plan local d'urbanisme intercommunal relatives à la qualité urbaine, architecturale, environnementale et paysagère ainsi que les dispositions de l'article R.111-27 du code de l'urbanisme ; le projet porte atteinte au voisinage et à la qualité du site ;
- l'installation porte atteinte à la santé des riverains et méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- le projet est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 5 de la Charte de l'environnement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mai 2021, la commune de Montfa, représentée par la SELARL Cabinet VTF, agissant par Me Faure-Tronche, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. et Mme F une somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable car les requérants sont dépourvus d'intérêt pour agir ;
- les moyens soulevés par M. et Mme F ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 août 2021, la société Free Mobile représentée par le cabinet PAMLAW - Avocats, agissant par Me Martin, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M et Mme F une somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable car les requérants sont dépourvus d'intérêt pour agir ;
- les moyens soulevés par M et Mme F ne sont pas fondés.
III. Sous le n° 2026094, par une requête et des mémoires, enregistrés les 30 novembre 2020, 9 juillet et 29 septembre 2021, Mme D B, représentée par Me Hudrisier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du maire de Montfa du 1er octobre 2020 accordant à la société Free Mobile un permis de construire pour l'implantation d'un pylône treillis bi-opérateur, support d'antennes, zone technique et clôture sur un terrain sis lieu-dit La Teulière à Montfa ;
2°) de mettre à la charge solidaire de la commune de Montfa et de la société Free Mobile une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- le dossier de demande de permis de construire méconnaît l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme pris dans ses b) et c) car le plan en coupe ne fait pas apparaitre la hauteur et l'échelle réelles et le document graphique est insuffisant pour apprécier l'insertion de la construction tant au regard des constructions avoisinantes que des paysages ; ce document est insincère et la hauteur de l'antenne a été minimisée ;
- la construction méconnaît le règlement de la zone A du plan local d'urbanisme intercommunal " Sidobre Val d'Agout " en ce qu'elle ne s'intègre pas au contexte paysager et compromet l'activité agricole ;
- la construction méconnaît la règle de hauteur, en ce qu'elle n'entre pas dans l'exemption prévue par le règlement, conditionnée à l'absence d'atteinte à la qualité du site et des monuments ;
- elle méconnaît les dispositions du plan local d'urbanisme intercommunal relatives à la qualité urbaine, architecturale, environnementale et paysagère ainsi que les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ; le projet porte atteinte au voisinage et à la qualité du site ;
- l'installation porte atteinte à la santé des riverains et méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- le projet est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 5 de la Charte de l'environnement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mai 2021, la commune de Montfa, représentée par la SELARL Cabinet VTF, agissant par Me Faure-Tronche, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme D B une somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable car les requérants sont dépourvus d'intérêt pour agir ;
- les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 août 2021, la société Free Mobile représentée par le cabinet PAMLAW - Avocats, agissant par Me Martin, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B une somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable car les requérants sont dépourvus d'intérêt pour agir ;
- les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Charte de l'environnement ;
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Crampe, première conseillère,
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique,
- les observations de Me Cadet, représentant les requérants et celles de Me Faure-Tronche, représentant la commune de Montfa.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes susvisées nos 2026088, 2026093 et 2026094, se rapportent à la même autorisation d'urbanisme et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. Par arrêté du 1er octobre 2020, le maire de la commune de Montfa a délivré à la société Free Mobile un permis de construire pour l'implantation d'un pylône treillis bi opérateur, support d'antenne, zone technique et clôture sur un terrain sis lieu-dit La Teulière à Montfa. Par leurs requêtes, les requérants en sollicitent l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; () ". La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
4. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le dossier de demande de permis de construire contenait deux vues, l'une rapprochée et l'autre éloignée, mettant en situation l'antenne-relais dans son environnement paysager arboré. Si ces vues ne représentent pas l'insertion du projet par rapport aux constructions avoisinantes, en méconnaissance du c) de l'article précité, elles sont complétées d'une vue aérienne, où les angles des prises de vues d'insertion sont reportés. Cette vue aérienne inclut des habitations et permet de concevoir l'impact paysager de l'antenne pour leurs habitants, supérieur à celui figurant sur les vues d'insertion, dès lors qu'ils sont plus rapprochés du pylône. Dans ces conditions, l'absence des constructions avoisinantes sur les vues d'insertion n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
5. D'autre part, le plan à l'échelle 1/200ème intitulé " plan d'élévation " représente les différentes hauteurs du pylône mis en perspective avec la rangée d'arbres situés à proximité et comprend les cotes NGF, et permet ainsi, contrairement à ce qui est soutenu, de faire apparaître tant la hauteur que l'échelle du projet.
6. Si les requérants produisent des vues d'insertion assemblées par leurs soins dont ils déduisent que celles proposées par le pétitionnaire dans son dossier minimisent l'impact de l'installation, leurs insertions photographiques ont été réalisées depuis un autre point que celui utilisé par le pétitionnaire et ils n'établissent pas que le ratio retenu par le pétitionnaire entre les éléments présents sur l'image soit erroné. En outre, alors que la demande de permis de construire est déclarative et qu'il n'appartient pas au pétitionnaire de démontrer la véracité des éléments produits au dossier de demande, leur calcul aboutissant à considérer que l'antenne doit représenter un ratio égal à 29 fois la hauteur du véhicule représenté sur les vues d'insertion, qui ne tient nullement compte de la perspective résultant de l'éloignement des différents éléments entre eux, du relief, ni de la hauteur à laquelle a été faite la prise de vue, ne saurait démontrer le caractère insincère des vues d'insertion soumises au service instructeur par la société Free Mobile.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ".
8. Le règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Montfa applicable en zone agricole prévoit, dans son titre relatif aux " conditions applicables aux destinations et sous-destinations admises avec limitation dans la zone " que les constructions et installations doivent, notamment, : " s'intégrer au contexte paysager " et " ne pas compromettre l'exploitation agricole ". Il précise que les constructions et installations nécessaires à des équipements collectifs sont autorisées dès lors " qu'elles ne sont pas incompatibles avec l'exercice d'une activité agricole, pastorale et forestière du terrain sur lequel elle sont implantées et qu'elles ne portent pas atteinte à la sauvegarde des espaces naturels et paysages. ". Dans son point B2, relatif à la qualité urbaine architecturale environnementale et paysagère, le règlement prévoit que " les constructions et aménagements ne doivent pas porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". Toutefois ce règlement précise, sous l'intitulé " dispositions particulières ", que " les constructions et installations nécessaires à des équipements collectifs ou à des services publics sont exemptées des règles précédentes lorsque leurs caractéristiques techniques l'imposent et sous réserve qu'elles ne portent pas atteinte au voisinage, à la qualité du site et de monuments ".
9. Il résulte de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme que, si les constructions projetées portent atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ou encore à la conservation des perspectives monumentales, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer le permis de construire sollicité ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site. Les dispositions de cet article excluent qu'il soit procédé, dans le second temps du raisonnement, à une balance d'intérêts divers en présence, autres que ceux mentionnés par cet article et, le cas échéant, par le plan local d'urbanisme de la commune.
10. Pour apprécier aussi bien la qualité du site que l'impact de la construction projetée sur ce site, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, de prendre en compte l'ensemble des éléments pertinents et notamment, le cas échéant, la covisibilité du projet avec des bâtiments remarquables, quelle que soit la protection dont ils bénéficient par ailleurs au titre d'autres législations.
11. Enfin, les dispositions précitées ont le même objet que celles de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et posent des exigences qui ne sont pas moindres. Dès lors, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée.
12. Il ressort des pièces du dossier que le projet en litige, prévoit l'implantation d'un pylône treillis bi-opérateur, support d'antennes, d'une hauteur de 42 mètres, et une hauteur sommitale de 44,80 mètres. La zone accueillant le pylône, clôturée par un grillage de 2 mètres de haut, comprend une zone technique au pied du pylône pour une emprise au sol de 27,09 m². Le pylône est situé à proximité de la route départementale D4. Implanté en hauteur, il sera visible depuis les habitations alentours, ainsi que les chemins y conduisant. Si les requérants soutiennent qu'il porterait atteinte à un point de vue panoramique de grande qualité sur la Montagne Noire et les Pyrénées ainsi que les plaines castraise et lautrecoise, en se prévalant de ce que le village de Lautrec est classé et comprend un château duquel serait visible l'installation en litige, c'est sans établir ni la visibilité ou la covisibilité entre le pylône et ces points de vue, ni l'atteinte alléguée. Les alentours, bien que situés en zone agricole, constituent un paysage vallonné alternant champs et boisements ne présentant pas de caractère particulier. L'installation, dont l'impact visuel sera atténué par l'option d'un pylône de type treillis, est située dans un secteur pourvu d'arbres de haute-tige qui réduisent sa perception. Il ne ressort pas des pièces du dossier, au égard à son emprise limitée, qu'il compromette l'exploitation agricole dans ce champ, ni qu'il porte atteinte à la sauvegarde des espaces naturels et paysages. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions générales du plan local d'urbanisme et de celles relatives à la qualité urbaine architecturale environnementale et paysagère ainsi que de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme doit être écarté.
13. En troisième lieu, aux termes de l'article B1 du règlement du plan local d'urbanisme, pris dans ses dispositions relatives à la hauteur des constructions et installations : " les constructions et installations nécessaires à des équipements collectifs ou à des services publics sont exemptées des règles précédentes lorsque leurs caractéristiques techniques l'imposent et sous réserve qu'elles ne portent pas atteinte à la qualité du site et des monuments ".
14. Ainsi qu'exposé aux points qui précèdent, le projet doit être regardé comme ne portant pas atteinte à la qualité du site et des monuments. Il en résulte qu'il est dispensé, par l'effet des dispositions précitées, de respecter les règles limitant la hauteur des construction et installations.
15. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". L'article L. 110-1 du code de l'environnement qui énonce le principe de précaution dispose que : " l'absence de certitudes, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l'adoption de mesures effectives et proportionnées visant à prévenir un risque de dommages graves et irréversibles à l'environnement à un coût économiquement acceptable ". Par ailleurs, aux termes de l'article 5 de la Charte de l'environnement : " Lorsque la réalisation d'un dommage, bien qu'incertaine en l'état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l'environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d'attributions, à la mise en œuvre de procédures d'évaluation des risques et à l'adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage ".
16. S'il appartient à l'autorité administrative compétente de prendre en compte le principe de précaution lorsqu'elle se prononce sur l'octroi d'une autorisation délivrée en application de la législation sur l'urbanisme, les dispositions de l'article 5 de la Charte de l'environnement ne permettent pas, indépendamment des procédures d'évaluation des risques et des mesures provisoires et proportionnées susceptibles, le cas échéant, d'être mises en œuvre par les autres autorités publiques dans leur domaine de compétence, de refuser légalement la délivrance d'une autorisation d'urbanisme en l'absence d'éléments circonstanciés sur l'existence, en l'état des connaissances scientifiques, de risques, même incertains, de nature à justifier un tel refus d'autorisation.
17. En se bornant à faire valoir que l'antenne litigieuse sera installée à proximité d'habitations et de deux écoles et qu'il ressort de " nombreuses études " que les ondes produites par ce type d'installation sont de nature à affecter la santé des riverains, les requérants n'apportent aucun élément de nature à établir que le projet ne pouvait être autorisé au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. En outre, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que le projet comporterait, en l'état des connaissances scientifiques, des risques, mêmes incertains, de dommages graves et irréversibles à l'environnement ou même de quelconques conséquences dommageable pour l'environnement justifiant un refus. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 5 de la Charte de l'environnement et de l'articles R. 111-2 du code de l'urbanisme doivent être écartés.
18. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Montfa du 1er octobre 2020 accordant à la société Free Mobile un permis de construire pour l'implantation d'un pylône treillis bi-opérateur, support d'antennes, zone technique et clôture.
Sur les dépens :
19. La présente instance n'ayant pas généré de dépens au sens de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions des requérants tendant à la condamnation de la commune aux entiers dépens ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Montfa et de la société Free Mobile, qui ne sont pas dans la présente instance la partie perdante, quelque somme que ce soit au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens.
21. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la commune de Montfa et de la société Free Mobile présentées à l'encontre des requérants sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes nos 2026088, 2026093 et 2026094 de M. F et Mme I, M. et Mme F et Mme B sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Montfa et de la société Free Mobile au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. K F et Mme H I, M. et Mme A C et J F, à Mme D B, à la commune de Montfa et à la société Free Mobile.
Délibéré après l'audience du 8 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lison Rigaud, présidente,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère,
Mme Sophie Crampe, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023
La rapporteure
S. Crampe La présidente,
L. Rigaud
La greffière,
M. E
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 22 juin 2023.
La greffière,
M. E
2,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026