mardi 25 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2026508 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | MAAMOURI ABDELKARIM |
Vu la procédure suivante :
Par ordonnance n° 462171 du président de la section du contentieux du Conseil d'Etat du 4 avril 2022, le jugement de l'affaire enregistrée au tribunal administratif de Toulouse sous le
n° 2006508 a été attribué au tribunal administratif de Montpellier.
Par une requête, enregistrée le 17 décembre 2020, M. B A, représenté par Me Maamouri, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision de la commission nationale d'agrément et de contrôle du conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) du 15 octobre 2020 portant rejet d'un recours administratif préalable obligatoire et refus de délivrance d'une autorisation préalable d'accès à la formation professionnelle ;
2°) d'enjoindre au CNAPS de délivrer l'autorisation sollicitée dans un délai de cinq jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du CNAPS la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision contestée est intervenue au terme d'une procédure irrégulière, en l'absence de preuve de ce que la consultation du traitement des antécédents judiciaires effectuée à l'occasion de l'enquête administrative préalable à la délivrance de l'autorisation demandée l'a été par un agent régulièrement habilité à cette fin ;
- la commission nationale d'agrément et de contrôle a commis une erreur d'appréciation en se fondant sur des faits anciens et qui pour la plupart ne sont pas établis, pour estimer que son comportement est incompatible avec l'exercice des fonctions d'agent privé de sécurité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 septembre 2021, le CNAPS conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Verguet, rapporteur ;
- et les conclusions de Mme Lorriaux, rapporteure publique ;
Considérant ce qui suit :
1. M. A était titulaire d'une carte professionnelle d'agent privé de sécurité, valable jusqu'en 2017. Sa demande de renouvellement de cette carte a été rejetée par une décision de la commission nationale et de contrôle du conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) du 14 septembre 2017, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Toulouse n°s 1704775, 1705340 du 20 février 2019. Par lettre du 21 mars 2019, M. A a présenté une demande d'autorisation d'accès à la formation professionnelle d'agent privé de sécurité. Un refus lui a été opposé par une décision de la commission locale d'agrément et de contrôle sud-ouest du CNAPS du 28 janvier 2020. Par une décision du 15 octobre 2020, la commission nationale d'agrément et de contrôle a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé par M. A à l'encontre de la décision de la commission locale et refusé de de lui délivrer l'autorisation qu'il sollicitait. M. A demande l'annulation, pour excès de pouvoir, de cette dernière décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 612-22 du code de la sécurité intérieure, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision contestée : " L'accès à une formation en vue d'acquérir l'aptitude professionnelle est soumis à la délivrance d'une autorisation préalable, fondée sur le respect des conditions fixées aux 1°, 2° et 3° de l'article L. 612-20. ". Aux termes de l'article L. 612-20 du même code : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 :/ () 2° S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées ;/ () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 40-28 du code de procédure pénale : " I. Ont accès à la totalité ou, à raison de leurs attributions, à une partie des données mentionnées à l'article R. 40-26 pour les besoins des enquêtes judiciaires : 1° Les agents des services de la police nationale exerçant des missions de police judiciaire individuellement désignés et spécialement habilités () ". Il résulte du 1° du I de l'article R. 40-29 du même code que les agents habilités selon les modalités prévues au 1° du I de l'article R. 40-28 peuvent consulter les données à caractère personnel figurant dans le traitement des antécédents judiciaires, qui se rapportent à des procédures judiciaires closes ou en cours, sans autorisation du ministère public, dans le cadre des enquêtes prévues à l'article L. 114-1 du code de la sécurité intérieure, applicable en particulier à l'instruction des demandes d'autorisation concernant les emplois privés relevant du domaine de la sécurité.
4. En premier lieu, dès lors que les dispositions précitées du code de la sécurité intérieure prévoient la possibilité que certains traitements automatisés de données à caractère personnel soient consultés au cours de l'enquête conduite par l'administration dans le cadre de ses pouvoirs de police, préalablement à la délivrance d'une autorisation préalable, la circonstance que l'agent ayant procédé à cette consultation n'aurait pas été, en application des dispositions précitées du code de procédure pénale, régulièrement habilité à cette fin, si elle est susceptible de donner lieu aux procédures de contrôle de l'accès à ces traitements, n'est pas, par elle-même, de nature à entacher d'irrégularité la décision prise sur la demande d'autorisation. Dès lors, le moyen soulevé par le requérant, tiré de ce que la décision contestée est intervenue au terme d'une procédure irrégulière, doit être écarté comme inopérant.
5. En second lieu, il résulte des dispositions précitées de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure qu'il appartient à l'autorité administrative d'apprécier si les actes commis par le demandeur sont compatibles avec l'exercice de la profession, alors même que les agissements en cause n'auraient pas donné lieu à une condamnation inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire, qu'ils auraient été effacés du système de traitement des antécédents judiciaires ou qu'ils auraient fait l'objet d'un classement sans suite.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. A, qui avait notamment été condamné par jugement du tribunal correctionnel de Toulouse du 27 juillet 2007 à une peine d'emprisonnement de deux mois pour des faits constitutifs de " vol à l'étalage " commis le 9 mars 2007 à Tournefeuille, a été mis en cause, en qualité d'auteur, pour des faits constitutifs d'" escroquerie " et de " refus de se prêter à la prise d'empreintes digitales ou de photographies lors de la vérification d'identité ", commis le 15 octobre 2012 à Toulouse. Nonobstant leur ancienneté, eu égard à la nature et à la gravité de ces faits, dont la matérialité n'est pas sérieusement contestée par le requérant, la commission nationale d'agrément et de contrôle a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, estimer que le comportement de l'intéressé révélait un comportement, contraire à l'honneur et à la probité, incompatible avec l'exercice d'une activité privée de sécurité.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision de la commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS du 15 octobre 2020.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme quelconque au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Charvin, président,
- M. Verguet, premier conseiller,
- Mme Doumergue, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2022.
Le rapporteur,
H. VerguetLe président,
J. Charvin
La greffière,
A. Lacaze
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 25 octobre 202La greffière,
A. Lacaze
Ls
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026