jeudi 7 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2026554 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP COURRECH & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 décembre 2020 et 16 juin 2021, la société par actions simplifiée 43 route d'Albi, représentée par Me Magrini, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 octobre 2020 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un permis de construire trois maisons individuelles ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer l'autorisation d'urbanisme demandée dans un délai de deux mois suivant la notification du jugement sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge l'Etat une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée en fait ;
- le service instructeur ne peut exiger la production de titres justifiant du droit de passage sur les terrains donnant accès au terrain d'assiette ;
- le préfet aurait dû examiner la faisabilité d'un droit de passage en concertation avec la maire de la commune et pouvait délivrer l'autorisation en l'assortissant d'une prescription tenant à la production d'un acte authentique de servitude de passage ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation tenant la possibilité pour la commune de Castelmaurou de lui accorder une servitude sur la parcelle cadastrée section AH n°139, laquelle doit être regardé comme appartenant au domaine public ; le refus par la commune de lui autoriser l'accès constitue une entrave à son droit de propriété ;
- le préfet a méconnu l'étendue de sa compétence, commettant une erreur de droit ;
- l'immatriculation de la société au registre du commerce et des sociétés du 4 mai 2021 régularise l'irrecevabilité soulevée en défense.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 octobre 2021, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société 43 route d'Albi ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense enregistrés les 25 mars et 15 septembre 2021, la commune de Castelmaurou, représentée par la SCP Courrech et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société 43 route d'Albi une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable car la société ne dispose pas de la personnalité morale ;
- les moyens soulevés par la société 43 route d'Albi ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- les code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Crampe,
- les conclusions de M. Goursaud, rapporteur public,
- et les observations de Me Got, représentant la société 43 route d'Albi.
Considérant ce qui suit :
1. La société 43 route d'Albi a sollicité le 12 juin 2020 un permis de construire trois maisons individuelles sur la parcelle cadastrée section AH n°140 située 43, route d'Albi à Castelmaurou. Le préfet de Haute-Garonne a refusé de délivrer le permis de construire sollicité par arrêté du 21 octobre 2020. La société 43 route d'Albi demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. () ".
3. Pour refuser de délivrer le permis de construire sollicité, le préfet de la Haute-Garonne a opposé deux motifs, l'un tiré de l'absence d'autorisation de division foncière en vue de créer l'assiette foncière du projet et l'autre, de ce que l'accès à la parcelle nécessite l'obtention d'une servitude de passage que la commune, propriétaire, refuse de consentir. Cet arrêté est dés lors, contrairement à ce qui est soutenu, suffisamment motivé en fait.
4. En deuxième lieu, et d'une part, aux termes de l'article R. 422-2 du code de l'urbanisme : " Le préfet est compétent pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable dans les communes visées au b de l'article L. 422-1 et dans les cas prévus par l'article L. 422-2 dans les hypothèses suivantes : () g) Pour les constructions à usage de logement situées dans les secteurs arrêtés par le préfet en application du deuxième alinéa de l'article L. 302-9-1 du code de la construction et de l'habitation et appartenant aux catégories de constructions ou d'aménagements énumérées dans l'arrêté pris en application du même alinéa, et les opérations ayant fait l'objet, pendant la durée d'application de cet arrêté, d'une convention prise sur le fondement du sixième alinéa du même article ;() ". L'article R. 423-72 de ce code dispose que : " Lorsque la décision est de la compétence de l'Etat, le maire adresse au chef du service de l'Etat dans le département chargé de l'instruction son avis sur chaque demande de permis et sur chaque déclaration. () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Haute-Garonne est compétent par l'effet des dispositions précitées, pour statuer sur les demandes d'autorisation d'urbanisme déposées sur le territoire de la commune de Castelmaurou. Conformément aux dispositions précitées, le préfet a recueilli l'avis du maire de la commune de Castelmaurou, lequel a indiqué, le 3 juillet 2020, que la commune, propriétaire de la parcelle cadastrée section AH n°139, n'accorderait pas de servitude de passage permettant de désenclaver la parcelle cadastrée section AH n°140.
6. L'article UB3.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Castelmaurou dispose que : " Tout terrain enclavé est inconstructible à moins que son propriétaire ne produise une servitude de passage instituée par acte authentique ou par voie judiciaire en application de l'article 682 du Code Civil ".
7. Si l'autorité administrative compétente et, en cas de recours, le juge de l'excès de pouvoir doivent s'assurer de l'existence d'une desserte suffisante de la parcelle d'assiette du projet par une voie ouverte à la circulation publique et, le cas échéant, de l'existence d'un titre créant une servitude de passage donnant accès à cette voie, il ne leur appartient de vérifier ni la validité de cette servitude, ni l'existence d'un titre permettant l'utilisation de la voie qu'elle dessert, si elle est privée, dès lors que celle-ci est ouverte à la circulation publique. Par ailleurs, l'administration ne peut assortir une autorisation d'urbanisme de prescriptions qu'à la condition que celles-ci, entraînant des modifications sur des points précis et limités et ne nécessitant pas la présentation d'un nouveau projet, aient pour effet d'assurer la conformité des travaux projetés aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
8. Le refus par la commune de consentir une servitude permettant l'accès de la parcelle en litige, enclavée, à la voie publique, s'opposait à ce que le préfet envisage d'accorder l'autorisation en assortissant celle-ci d'une prescription tenant à la production ultérieure d'une servitude de passage. Ainsi, en prenant en compte l'absence d'une servitude de passage et l'opposition du propriétaire de l'éventuel fonds servant, la commune, à en consentir une, le préfet a tenu compte d'une circonstance de fait s'opposant à la délivrance de l'autorisation d'urbanisme sollicitée, sans pour autant se considérer lié dans l'élaboration de sa décision par l'avis du maire. Il n'a ainsi pas méconnu l'étendue de la compétence.
9. En troisième lieu, et d'une part, la société 43 route d'Albi ne peut utilement se prévaloir de ce que la constitution d'une servitude de passage conventionnelle sur le domaine communal était possible, légale, et n'occasionnerait pas de gêne pour la circulation publique, ni de ce qu'un autre administré qui disposait déjà d'un accès sur le domaine public communal a obtenu un arrêté de déclaration préalable de non opposition pour un changement de destination à proximité de son projet, toutes circonstances qui sont sans incidence sur le constat par le préfet de l'absence d'une servitude de passage permettant de regarder la parcelle cadastrée section AH 140 comme étant constructible au sens de l'article UB 3.1 du règlement du PLU.
10. D'autre part, la société 43 route d'Albi ne peut davantage utilement invoquer l'appartenance supposée de la parcelle cadastrée section AH n°140 au domaine public communal, et sa gestion par le département, dès lors que quelque soit le gestionnaire de ce domaine public l'occupation de cette parcelle nécessiterait en tout état de cause un accord de ce dernier dans les formes prévues à l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme, accord inexistant en l'espèce et dont l'avis favorable du département en gestionnaire de la voierie en date du 29 juillet 2020 émis à l'occasion de l'instruction de son projet ne peut tenir lieu.
11. Ensuite, elle ne peut non plus se prévaloir de ce qu'un voisin disposant déjà d'un accès à la voie publique par un chemin d'accès empruntant le domaine communal ait obtenu une décision de non-opposition à un changement de destination, cette situation n'étant pas identique à son projet de division parcellaire en vue de bâtir trois maisons sur un terrain ne disposant pas d'un accès à la voire publique.
12. Enfin, et en tout état de cause, le préfet aurait pu refuser l'autorisation en litige en se fondant sur le seul motif non contesté par la requérante tiré de ce que sa déclaration préalable, présentée sur le fondement de l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme, tendant à diviser les parcelles n° 140, 191 et 193 afin d'y créer un lot de 1092 m² destiné à être bâti ayant fait l'objet d'une décision de refus le 16 mars 2020, aucune autorisation de construire ne pouvait être légalement délivrée sur la parcelle cadastrée section AH n°140, comprise dans un lotissement non autorisé et le préfet était tenu de refuser l'autorisation en litige.
13. En dernier lieu, aux termes de l'article 684 du code civil : " Si l'enclave résulte de la division d'un fonds par suite d'une vente, d'un échange, d'un partage ou de tout autre contrat, le passage ne peut être demandé que sur les terrains qui ont fait l'objet de ces actes. () ".
14. Si la requérante se prévaut du droit à voir son terrain désenclavé, outre que cette prétention résulte d'un litige distinct qui relève de la réserve du droit des tiers, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'opération de division parcellaire permettant le détachement d'un lot, nécessaire à la délivrance d'une autorisation de construire, ne permettrait pas la constitution d'une servitude sur la parcelle d'origine dotée d'un accès à la voie publique, d'une part, et d'autre part, elle ne saurait se prévaloir d'un état d'enclave qu'elle a elle-même créé.
15. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que la société 43 route d'Albi n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 21 octobre 2020 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un permis de construire trois maisons individuelles.
Sur les frais liés au litige :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la société 43 route d'Albi, au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
17. Il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Castelmaurou, observateur, qui n'est pas l'auteur de la décision attaquée et n'a pas la qualité de partie à l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société 43 route d'Albi est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Castelmaurou présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée 43 route d'Albi, au préfet de la Haute-Garonne et à la commune de Castelmaurou.
Délibéré après l'audience du 23 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Corneloup, présidente,
Mme Crampe, première conseillère,
M. Huchot, premier conseiller
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 décembre 2023.
La rapporteure
S. Crampe La présidente,
F. Corneloup
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 7 décembre 2023.
La greffière,
M. A
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026