mardi 25 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2100212 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | MANYA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 janvier 2021, M. A E, représenté par Me Maya, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 novembre 2020 par lequel le préfet de l'Hérault l'a mis en demeure de ne plus mettre à disposition, aux fins d'habitation, le local, situé au 1er étage et constituant le lot n° 13 de l'immeuble édifié sur la parcelle cadastrée HM 76, sis 3 rue Baudin à Montpellier, dans un délai maximum de trois mois ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête n'est pas tardive et il justifie d'un intérêt à agir ;
- l'arrêté contesté émane d'une autorité incompétente en l'absence de délégation de signature accordée à son signataire ;
- l'arrêté contesté a été pris au terme d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'a pas été mis à même de présenter des observations ;
- le préfet a commis une erreur de droit et fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 1331-22 du code de la santé publique, dès lors que la méconnaissance des dispositions du règlement sanitaire départemental fixant à 2,20 mètres la hauteur sous plafond minimum ne justifie pas la qualification de local impropre par nature à l'habitation, que le local bénéficie d'ouvertures sur l'extérieur et que les griefs relatifs aux caractéristiques du local ne peuvent donner lieu à l'application des dispositions de l'article L. 1331-22.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mars 2022, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la santé publique ;
- l'arrêté du préfet de l'Hérault du 9 mai 1979 ;
- le code de justice administrative, et notamment son article R. 222-19.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Verguet, rapporteur ;
- et les conclusions de Mme Lorriaux, rapporteure publique ;
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'un rapport de visite établi le 5 octobre 2020 par le service communal d'hygiène et de santé de la ville de Montpellier, concluant que le local, situé au 1er étage et constituant le lot n° 13 de l'immeuble en copropriété édifié sur la parcelle cadastrée HM 76, sis 3 rue Baudin à Montpellier, était par nature impropre à l'habitation, le préfet de l'Hérault a pris le 18 novembre 2020 un arrêté mettant en demeure M. E, propriétaire de ce local, de ne plus mettre à disposition celui-ci aux fins d'habitation, dans un délai maximum de trois mois. M. E demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2020-I-725 du 18 juin 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n° 98 du même jour, accessible tant au juge qu'aux parties, le préfet de l'Hérault a accordé à M. C B, nommé secrétaire général de la préfecture de l'Hérault par décret du 27 mai 2020, une délégation de signature à l'effet de signer " tous actes, arrêtés, décisions () relevant des attributions de l'Etat dans le département de l'Hérault () ". M. C B était ainsi compétent pour signer l'arrêté attaqué, pris sur le fondement des dispositions de l'article L. 1331-22 du code de la santé publique, relevant des attributions de l'Etat dans le département.
3. En second lieu, en vertu des dispositions des articles L. 121-1 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, les décisions constituant des mesures de police sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable, sauf en cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles.
4. Par une lettre datée du 20 octobre 2020, expédiée par pli recommandé avec avis de réception à la dernière adresse connue de l'administration, telle que mentionnée sur le relevé de propriété, M. E a été invité, en sa qualité de propriétaire du local en cause, à présenter dans un délai de huit jours ses observations sur une mesure susceptible d'être prononcée par le préfet de l'Hérault sur le fondement des dispositions de l'article L. 1331-22 du code de la santé publique. Il ressort des pièces du dossier que ce pli recommandé a été présenté à l'adresse de M. E le 21 octobre 2020. Il a été retourné à l'administration le 9 novembre 2020, soit après l'expiration du délai de quinze jours de mise en instance prévu par la réglementation postale, avec la mention " pli avisé et non réclamé ". Le requérant, auquel la lettre du 20 octobre 2020 a été régulièrement notifiée, a ainsi été mis en mesure de présenter ses observations, en disposant à cette fin d'un délai suffisant, préalablement à l'édiction, le 18 novembre 2020, de la décision en litige. Dès lors, le moyen tiré de ce que cette décision a été prise au terme d'une procédure irrégulière doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne :
5. D'une part, aux termes de l'article L. 1331-22 du code de la santé publique, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Les caves, sous-sols, combles, pièces dépourvues d'ouverture sur l'extérieur et autres locaux par nature impropres à l'habitation ne peuvent être mis à disposition aux fins d'habitation, à titre gratuit ou onéreux. Le représentant de l'Etat dans le département met en demeure la personne qui a mis les locaux à disposition de faire cesser cette situation dans un délai qu'il fixe. () ".
6. D'autre part, aux termes de l'article 40.3 de l'arrêté du 9 mai 1979 portant règlement sanitaire départemental : " L'une au moins des pièces principales de logement doit avoir une surface au sens du décret du 14 juin 1969 supérieure à 9 mètres carrés. () ". Aux termes de l'article 40.4 du même arrêté : " La hauteur sous plafond ne doit pas être inférieure à 2,20 mètres. ". Si un local ne saurait être qualifié d'impropre par nature à l'habitation au seul motif qu'il méconnaîtrait l'une des prescriptions du règlement sanitaire départemental applicable, lequel n'a pas pour objet de définir les modalités d'application des dispositions de l'article
L. 1331-22 du code de la santé publique, il appartient toutefois à l'administration, pour apprécier si un local est impropre par nature à l'habitation, de prendre en compte toutes les caractéristiques de celui-ci, notamment celles qui méconnaissent les prescriptions du règlement sanitaire départemental.
7. Il résulte de l'instruction, notamment des constatations du rapport du service communal d'hygiène et de santé établi le 5 octobre 2020, non contestées, que le local appartenant à M. E, désigné comme un " débarras situé à l'entresol de l'immeuble " dans l'état descriptif de division du 8 novembre 1978, présente une superficie de 8,76 mètres carrés et une hauteur sous plafond de 1,90 mètres au niveau des poutres. Compte tenu de ces caractéristiques, qui méconnaissent les prescriptions énoncées aux articles 40.3 et 40.4 du règlement sanitaire départemental, et alors même qu'il dispose d'ouvertures donnant à l'air libre, ce local doit, pour ces seuls motifs, et sans qu'il soit par suite besoin d'examiner le bien-fondé des autres motifs d'insalubrité également retenus par le préfet dans sa décision attaquée, être regardé comme étant, par nature, impropre à l'habitation. Dès lors, c'est sans commettre d'erreur de droit et par une exacte application des dispositions de l'article L. 1331-22 du code de la santé publique que le préfet de l'Hérault a mis en demeure M. E de mettre fin à la mise à disposition aux fins d'habitation de ce local.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Hérault du 18 novembre 2020.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme quelconque au titre des frais exposés par M. E et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E et au ministre de la santé et de la prévention.
Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Charvin, président,
- M. Verguet, premier conseiller,
- Mme Doumergue, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2022.
Le rapporteur,
H. VerguetLe président,
J. Charvin
La greffière,
M. D
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 25 octobre 2022.
La greffière,
M. D
Ls
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026