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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2100231

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2100231

jeudi 11 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2100231
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantKOUAHOU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 janvier 2021, M. C B, représenté par Me Kouahou, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 29 décembre 2020 par laquelle le directeur l'office français de l'immigration et de l'intégration refuse de rétablir ses conditions matérielles d'accueil ;

2°) d'enjoindre au directeur de l'office français de l'immigration et de l'intégration d'examiner à nouveau son dossier, sous 24 heures et ce sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge solidaire de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision est entachée d'incompétence ; la simple mention de 2 lettres " FP " sur cette décision ne permet pas d'identifier son signataire ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnait l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 avril 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 février 2021.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique ont été entendu :

- le rapport de Mme Pastor, rapporteure ;

- et les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique.

1. M. B, ressortissant nigérian né le 19 décembre 1986, a déposé une demande d'asile en France le 1er septembre 2017 et a été admis au bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Sa demande d'asile a été traitée en procédure dite " Dublin " en raison d'une demande d'asile préalablement faite en Italie. Le délai de transfert a été prolongé jusqu'au 15 mars 2019. M. B s'est présenté le 3 novembre 2020 à la préfecture de l'Hérault en se prévalant de ce que la France était devenue responsable de sa demande d'asile. Le 3 décembre 2020, sous couvert de sa nouvelle attestation de demandeur d'asile en cours de validité, il a sollicité le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. Par décision du 29 décembre 2020, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui rétablir les conditions matérielles d'accueil. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle l'OFII a rejeté sa demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. L'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration prévoit que : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. ".

3. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 29 décembre 2020 bien que signée, comporte pour toute mention de son auteur la formule " Auditrice asile : FP ", sans identification précise du nom et prénom de son auteur. Par suite, M. B est fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaît l'article précité et doit être annulée, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

4. Eu égard au motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique seulement que la demande de M. B soit réexaminée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration dans le délai d'un mois à compter de la notification de la présente décision. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

5. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une quelconque somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En outre, l'Etat n'étant pas partie à l'instance, les conclusions formées par le requérant à son encontre doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du directeur l'office français de l'immigration et de l'intégration du 29 décembre 2020 est annulée.

Article 2 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de réexaminer la situation de M. B dans le délai d'un mois à compter de la notification de la présente décision.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Kouahou.

Délibéré après l'audience du 13 avril 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Lison Rigaud, présidente,

Mme Isabelle Pastor, première conseillère,

M. François Goursaud, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mai 2023.

La rapporteure,

I. Pastor

La présidente,

L. Rigaud

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 11 mai 2023.

La greffière,

M. A

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