jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2100252 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | FORUM REFUGIES - CENTRE DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE DE PERPIGNAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 janvier 2021, M. C A demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 novembre 2020 par lequel le préfet du Calvados a prononcé son expulsion à destination du Maroc ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que l'arrêté :
- méconnait l'article L. 521-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce qu'il est protégé par l'article L. 521-3 et qu'il n'existe pas de raison impérieuse pour la sûreté de l'Etat ou la sécurité publique ;
- est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation quant à sa situation au regard de la menace à l'ordre public ;
- méconnait l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme ;
- méconnait l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 février 2021, le préfet du Calvados conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce que la somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative soit minorée.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 avril 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-marocain en date du 9 octobre 1987 ;
- le du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B ;
- les conclusions de M. Lauranson, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né en 1985 et de nationalité marocaine, est entré sur le territoire français le 15 juillet 2008 muni d'un visa C délivré par les autorités italiennes. Il a bénéficié d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français du 16 septembre 2010 au 15 septembre 2014 puis a bénéficié d'une carte de résident valable du 16 septembre 2014 au 15 septembre 2024. Il a fait l'objet le 30 novembre 2020 d'un arrêté d'expulsion vers le Maroc par le préfet du Calvados, dont M. A demande l'annulation.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 521-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'expulsion que si cette mesure constitue une nécessité impérieuse pour la sûreté de l'Etat ou la sécurité publique et sous réserve que les dispositions de l'article L. 521-3 n'y fassent pas obstacle : 1° L'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins un an ; () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A est le père d'une fille de nationalité française née le 4 juin 2009. Celle-ci a toutefois été placée à l'aide sociale à l'enfance dès le 28 juillet 2011 par une ordonnance de placement provisoire, puis y est ensuite restée à minima jusqu'à la date de la décision attaquée. Il ressort des pièces du dossier que ce placement a été décidé à la suite des craintes exprimées par la sœur de la mère de l'enfant et non en raison des procédures qu'auraient engagées M. A, qu'il ne justifie d'ailleurs pas. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A aurait vécu avec la mère de l'enfant et sa fille à un quelconque moment. Ensuite, il résulte de la note de l'assistance sociale à l'enfance que M. A a bénéficié d'un droit de visite hebdomadaire jusque fin 2014 qu'il a exercé, mais qu'à compter de 2015, ses droits de visite ont été progressivement diminués en raison soit de ses absences, soit de son comportement, passant d'une visite hebdomadaire, à un droit de visite et de sortie accompagné deux fois par mois en 2016, puis un droit de visite médiatisée une fois par mois le mercredi. Pour finir les droits ont été suspendus en 2017 en raison de propos menaçants et du projet d'emmener sa fille au Maroc. Les services de l'aide sociale à l'enfance n'ont ensuite plus eu de contact avec M. A jusqu'en novembre 2018. Il ressort, par ailleurs, des pièces du dossier que ces restrictions et absences depuis 2014 correspondent aux multiples condamnations pénales et peines d'emprisonnement du requérant. Ensuite, M. A ne justifie pas contribuer à l'entretien matériel de sa fille et avoir gardé un contact avec celle-ci. Dans ces conditions, il ressort des pièces du dossier que M. A ne contribue pas effectivement à l'entretien et à l'éducation de sa fille et ne peut ainsi se prévaloir des dispositions du 2° de l'article précité.
4. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que M. A a été condamné le 30 novembre 2015 à une peine de trois mois d'emprisonnement par le tribunal correctionnel de Paris pour des faits de violence en état d'ivresse, puis le 9 février 2016 par le tribunal correctionnel de Versailles à six mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits de vols par effraction, et, le même jour, par le tribunal de Pontoise à une peine de six mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits de violence sur une personne dépositaire de l'autorité publique, ensuite, le 27 mai 2016 par le tribunal de Créteil à une peine d'amende pour des faits de vol, puis le 27 juin 2016 par le tribunal de Paris à une amende pour des faits de vol, et le 3 mai 2017 par le tribunal correctionnel de Caen à une peine de quatre mois d'emprisonnement avec révocation du sursis pour des faits de violation de domicile, puis le 20 septembre 2017 par le tribunal correctionnel de Caen à une peine de deux mois avec sursis pour des faits de vol, puis le 16 mai 2018 à une peine d'un mois d'emprisonnement avec sursis par le tribunal correctionnel de Nice pour des faits de dégradations de bien d'autrui, puis le 5 septembre 2019 à une peine de six mois d'emprisonnement par le tribunal correctionnel d'Alençon pour des faits de vols aggravés. M. A a été écroué le 13 janvier 2020 à la maison d'arrêt de Caen puis assigné à résidence à compter du 1er avril 2020 pour terminer le reste de sa peine jusqu'au 7 mai 2020. Enfin la commission d'expulsion du Calvados a donné un avis favorable le 30 novembre 2020 à l'expulsion de M. A. Compte tenu des faits graves et répétés commis par M. A démontrant qu'il s'est inscrit sciemment dans un parcours délinquant sur l'ensemble du territoire métropolitain, le préfet du Calvados a pu estimer à bon droit que sa présence sur le territoire français constituait une menace grave pour l'ordre public justifiant son expulsion en application de l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. Il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation au regard de l'article L. 521-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. " Aux termes de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
7. Il ressort des pièces du dossier que M. A ne justifie d'aucune intégration particulière, sociale ou professionnelle, sur le territoire français. Par ailleurs, il a vécu dans son pays d'origine jusqu'à l'âge de 23 ans et y est d'ailleurs retourné à plusieurs reprises avec sa compagne du moment et y maintient des liens réguliers avec ses parents et ses deux sœurs. Ensuite il ressort des pièces du dossier que M. A est célibataire, sans domicile connu et sans perspectives professionnelles. Enfin, ainsi qu'il a été dit aux points précédents, le comportement de M. A constitue une menace à l'ordre public et le requérant ne contribue pas l'éducation et à l'entretien de sa fille, placée depuis 2011 à l'aide sociale à l'enfance. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. C A, au préfet du Calvados et au préfet des Pyrénées-Orientales.
Délibéré après l'audience du 28 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Souteyrand, président,
M. Huchot, premier conseiller,
Mme Lesimple, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.
Le rapporteur,
N. B
Le président,
E. SouteyrandLa greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 13 octobre 2022.
La greffière,
M-A. Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026