mercredi 28 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2100429 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | POLONI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 janvier 2021, M. D A, représenté par Me Poloni, demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 3 décembre 2020 pris par le préfet des Pyrénées-Orientales prononçant la prolongation de son assignation à résidence pour une durée de six mois.
Il soutient que :
- la décision a été signée par une autorité incompétente faute de délégation de signature régulièrement publiée ;
- la décision est insuffisamment motivée et dénuée de circonstances précises et concrètes ;
- elle est entachée d'une erreur de droit car l'acte de notification ne permet pas d'identifier avec certitude la décision notifiée ni de déterminer le délai de recours ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation étant donné l'atteinte disproportionnée à ses droits et à sa vie de famille alors qu'il n'y a pas de perspective de reconduite à la frontière dans de brefs délais.
Par un mémoire enregistré le 5 février 2021 le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 mars 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Lesimple, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D A, ressortissant algérien né le 3 juillet 1980, entré en France le 9 octobre 2017, a fait l'objet, le 23 avril 2019, d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, avec interdiction de retour d'un an et d'un arrêté, du même jour, portant assignation à résidence pour une durée de 45 jours. Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler l'arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 3 décembre 2020 prononçant le renouvellement d'une assignation à résidence pour une durée de six mois.
2. En premier lieu, par un arrêté du 4 juin 2018, régulièrement publié au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture du même jour, le préfet des Pyrénées-Orientales a accordé à M. C B, signataire des décisions en litige et directeur de la citoyenneté et de la légalité de la préfecture des Pyrénées-Orientales, une délégation à l'effet de signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figurent les décisions de mise en œuvre des mesures d'éloignement des ressortissants étrangers en situation irrégulière. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision en litige doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, il ressort de la lecture même de la décision attaquée, d'une part, qu'y sont mentionnés les textes sur lesquels elle se fonde, notamment le 4° du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'autre part, des motifs de fait non stéréotypés, qui permettent à M. A d'en contester la légalité et au juge d'en exercer le contrôle, le préfet n'étant pas tenu de mentionner tous les éléments relatifs à la situation de l'intéressé. Par suite, la décision attaquée est ainsi suffisamment motivée et le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que l'acte de notification de l'arrêté en litige est entaché d'une erreur de plume puisqu'il fait référence à un arrêté pris le " 3 décembre 2020 novembre 2020 " et il ne précise pas l'heure à laquelle fut notifié l'acte en litige. Toutefois, alors même que M. A était en mesure d'identifier l'acte notifié et était informé des délais de recours, les conditions de notification d'un acte sont sans incidence sur sa légalité. Par suite, le moyen tiré de ce que l'irrégularité de la notification impliquerait son illégalité ne peut qu'être écarté.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 561-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " Lorsque l'étranger justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne peut ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, l'autorité administrative peut, jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, l'autoriser à se maintenir provisoirement sur le territoire français en l'assignant à résidence () La décision d'assignation à résidence est motivée. Elle peut être prise pour une durée maximale de six mois, renouvelable une fois dans la même limite de durée, par une décision également motivée () ".
6. Il résulte des dispositions précitées que la mesure en litige a pour objet d'autoriser l'intéressé à se maintenir provisoirement sur le territoire jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation de quitter le territoire français. Alors que la décision en litige se fonde notamment sur la suspension des vols aériens du fait du contexte sanitaire, M. A n'apporte aucun élément au soutien de son allégation selon laquelle il n'existerait aucune perspective de reconduite à la frontière à bref délai.
7. Par ailleurs, pour contester le caractère disproportionné de l'assignation à résidence dont il fait l'objet, M. A fait valoir qu'il n'a plus de lien avec l'Algérie et qu'il a instauré le centre de sa vie privée et familiale en France auprès de sa belle-famille. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que son épouse, qui a la même nationalité que lui, a également fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Par ailleurs, si la décision portant assignation à résidence apporte des restrictions à la liberté d'aller et venir du requérant et prévoit une présentation hebdomadaire de l'intéressé au commissariat de la police aux frontières de Perpignan, elle ne présente pas, par elle-même, compte-tenu de sa durée, de ses effets et de ses modalités d'exécution, alors au demeurant que le requérant réside dans la commune de Perpignan, une atteinte disproportionnée à cette liberté au regard des buts pour lesquels elle est prise.
8. Il résulte de ce qui précède que M. A n'établit pas que le préfet aurait méconnu les dispositions citées au point 5 du présent jugement ni, en tout état de cause, qu'il aurait commis une erreur manifeste d'appréciation. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, au préfet des Pyrénées-Orientales et à Me Poloni.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2022.
La rapporteure,
A. Lesimple Le président,
E. Souteyrand
La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 28 septembre 2022.
La greffière,
M-A. Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026