jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2100539 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | GUY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 4 février 2021 et 30 juin 2021, la SCI Lamartine, représentée par Me Guy, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 novembre 2020 par lequel le maire de la commune de Béziers a refusé de lui délivrer un permis de construire pour la transformation de deux locaux commerciaux en logements situés en rez-de-chaussée de l'immeuble existant sur la parcelle cadastrée section MP n° 820, sise 11 boulevard de la Liberté, ainsi que la décision du 15 janvier 2021 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Béziers de lui délivrer le permis de construire sollicité dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande selon les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Béziers une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'est pas établi que le signataire de l'arrêté attaqué avait compétence pour ce faire ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation ;
- c'est à tort que le maire de Béziers s'est fondé sur les dispositions de l'article UB 12 du règlement du plan local d'urbanisme pour refuser de lui délivrer le permis sollicité dès lors que les travaux projetés sur l'immeuble existant n'entrainent pas de besoins nouveaux en stationnement alors en outre qu'ils ont pour effet de rendre l'immeuble plus conforme à ces dispositions, combinées avec celles de l'article 12 des dispositions générales du même plan.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 et 25 juin 2021 et le 2 juillet 2021, la commune de Béziers, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 26 novembre 2020 dès lors que, par arrêté du 15 avril 2021, le maire de la commune a pris un nouvel arrêté portant refus de permis de construire ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance n° 2100540 du 23 février 2021 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Montpellier a suspendu l'exécution de l'arrêté du 26 novembre 2020.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Goursaud, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Guy, représentant la SCI Lamartine.
Considérant ce qui suit :
1. Le 13 mai 2020, la SCI Lamartine a déposé en mairie de Béziers une demande de permis de construire pour la transformation de deux locaux commerciaux en logements situés en rez-de-chaussée d'un immeuble situé parcelle cadastrée section MP n° 820, au 11 boulevard de la Liberté. Par arrêté du 26 novembre 2020, le maire de Béziers a refusé de lui délivrer le permis de construire sollicité. Par la présente requête, la SCI Lamartine demande l'annulation de cet arrêté et de la décision rejetant le recours gracieux formé à son encontre.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée par la commune de Béziers :
2. La commune du Béziers fait valoir que le litige a perdu son objet dès lors que, par arrêté du 15 avril 2021, le maire de la commune a pris une nouvelle décision portant refus de permis de construire.
3. Toutefois une décision intervenue pour l'exécution de l'ordonnance par laquelle le juge des référés d'un tribunal administratif a suspendu l'exécution d'un acte administratif revêt, par sa nature même, un caractère provisoire jusqu'à ce qu'il soit statué sur le recours en annulation présenté parallèlement à la demande en référé. Eu égard à son caractère provisoire, une telle décision peut être remise en cause par l'autorité administrative.
4. En l'espèce, l'arrêté du 15 avril 2021 a été édicté à la suite du réexamen ordonné en conséquence d'une mesure de suspension prise sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative par ordonnance n° 2100540 du 23 février 2021 du tribunal administratif de Montpellier. Dès lors, cette mesure présente, par sa nature même, un caractère provisoire jusqu'à ce qu'il soit statué sur le recours en annulation présenté parallèlement à la demande en référé et ne saurait avoir pour effet de priver d'objet les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 26 novembre 2020. Par suite, les conclusions à fin de non-lieu présentées par la commune de Béziers doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. Aux termes de l'article 12 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Béziers fixant les règles applicables à l'ensemble des zones : " () Le stationnement des véhicules correspondant aux besoins des constructions et installations autorisées doit être assuré en dehors des voies publiques ou privées communes et sur des emplacements prévus à cet effet. () Ces dispositions sont applicables à toutes occupations et utilisations du sol nouvelles, aux changements de destination et aux extensions de bâtiments. () / En cas de restauration, dans leur volume, d'immeubles existants (avec ou sans changement de destination), n'entraînant pas de besoins nouveaux de stationnement, les dispositions de l'article 12 relatif au stationnement n'auront pas à être appliquées, aucun emplacement nouveau de stationnement n'étant alors exigé. () ". L'article UB 12 du même règlement impose, pour les constructions à usage d'habitation collective situées en secteur UB1, de réaliser une place de stationnement pour véhicules automobiles par tranche de 80 m² de surface de plancher et, pour les constructions à usage de commerces, de respecter les obligations minimales de places de stationnement définies à l'article 12 des dispositions générales, à savoir la réalisation d'une surface de stationnement au moins égale à 60 % de la surface de plancher.
6. Les dispositions précitées de l'article 12 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme de Béziers prévoient que les règles fixées en matière de stationnement ne s'appliquent aux travaux de restauration d'un immeuble existant que si ceux-ci créent des besoins supplémentaires de stationnement, et cela quel que soit le changement de destination de l'immeuble.
7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que les travaux projetés consistent à changer la destination des locaux affectés à un usage commercial situés au rez-de-chaussée de l'immeuble sis 1 boulevard de la Liberté afin de les affecter à un usage d'habitation, pour une surface de plancher de 112 m². Dès lors, ces travaux n'impliquaient la création que d'une seule place de stationnement tandis que la précédente destination commerciale desdits locaux nécessitait la réalisation de cinq places de stationnement en application des dispositions combinées de l'article 12 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme et de son article UB 12. La commune défenderesse ne saurait utilement se prévaloir des nouvelles obligations de stationnement applicables à la zone UB issues de la révision approuvée par le conseil municipal le 6 avril 2021, dès lors que ces dispositions n'étaient pas en vigueur à la date du refus de permis construire querellé. Par suite, la société requérante est fondée à soutenir que le maire de Béziers a fait une inexacte application des dispositions de l'article UB 12 en se fondant sur la surface de plancher cumulée de 662 m² de l'immeuble existant pour refuser de lui délivrer le permis sollicité, alors au demeurant que les travaux envisagés rendent l'immeuble plus conforme aux dispositions réglementaires précitées.
8. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens de la requête n'est, en l'état de l'instruction, de nature à fonder l'annulation de la décision attaquée.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la SCI Lamartine est fondée à demander l'annulation de l'arrêté 26 novembre 2020 par lequel le maire de la commune de Béziers a refusé de lui délivrer un permis de construire et de la décision rejetant le recours gracieux formé contre cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
10. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, dans sa rédaction applicable à l'espèce : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
11. Lorsque le juge annule un refus d'autorisation ou une opposition à une déclaration après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée, qui eu égard aux dispositions de l'article L. 600-2 demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle.
12. Le présent jugement censure l'unique motif de refus de délivrance du permis de construire sollicité par la SCI Lamartine. Par ailleurs, en l'état du dossier, il ne résulte pas de l'instruction que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée interdisent d'accueillir les conclusions à fin d'injonction de délivrer le permis de construire sollicité présentées par la société requérante pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ni qu'un changement des circonstances de fait y fasse obstacle. Par suite, le présent jugement implique nécessairement la délivrance de l'autorisation d'urbanisme sollicitée. Dès lors, il y a lieu d'enjoindre à la commune de Béziers de délivrer à la SCI Lamartine le permis de construire qu'elle a sollicité, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la commune de Béziers le versement d'une somme de 1 500 euros à la SCI Lamartine.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 26 novembre 2020 du maire de Béziers ainsi que la décision du 15 janvier 2021 portant rejet du recours gracieux formé par la SCI Lamartine sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Béziers de délivrer le permis sollicité par la SCI Lamartine dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Béziers versera à la SCI Lamartine une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Lamartine et à la commune de Béziers.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lison Rigaud, présidente,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère,
M. François Goursaud, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
Le rapporteur,
F. Goursaud
La présidente,
L. Rigaud
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 22 septembre 2022.
La greffière,
M. A00
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026