jeudi 7 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2100607 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat PASTOR |
| Avocat requérant | LAFON PORTES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 février 2021 Mme B A, représentée par la SCP Lafon Portes, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle la commission administrative paritaire dans sa séance du 7 septembre 2020 a rejeté sa demande de révision de son compte rendu de son entretien professionnel (CREP) de l'année 2019/2020 ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Béziers de procéder à la révision de son CREP pour l'année 2019/2020 ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Béziers une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il appartiendra à la commune de Béziers de rapporter la preuve de ce que M. C qui a conduit son évaluation était bien son supérieur hiérarchique ;
- l'administration n'a respecté aucune des modalités d'organisation de l'entretien professionnel telles que fixées à l'article 1-3 IV du décret du 15 février 1988, modifié par le décret du 27 février 2020 ;
- sa notation est entachée d'erreur d'appréciation ; des items ont été renseignés comme partiellement / bases ou très partiellement/ notions à tort.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 mars 2021, la commune de Béziers conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 11 décembre 2020.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le décret n°88-145 du 15 février 1988 pris pour l'application de l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Pastor, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pastor,
- et les conclusions de Mme Delon, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, adjoint technique de la commune de Béziers, affectée au poste d'adjoint de propreté conteste son évaluation pour l'année 2019. Après avoir saisi la commission administrative paritaire, Mme A demande au tribunal de procéder à l'annulation du refus de réviser le compte-rendu de son entretien professionnel pour l'année 2019/2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 1-3 du décret susvisé du 15 février 1988 : " I. - Les agents recrutés sur un emploi permanent par contrat à durée indéterminée ou par contrat à durée déterminée d'une durée supérieure à un an bénéficient chaque année d'un entretien professionnel qui donne lieu à un compte rendu. Cet entretien est conduit par le supérieur hiérarchique direct. (..) ". En se bornant à alléguer qu'il appartiendra à la commune de Béziers d'établir que M. C détenait bien la qualité de supérieur hiérarchique direct pour conduire son entretien professionnel, Mme A n'assortit pas son moyen d'éléments séreux permettant d'en apprécier le bien-fondé. Alors au demeurant que la commune de Béziers verse au débat l'organigramme des services de la ville attestant de la qualité de M. C.
3. En outre en se bornant à reproduire le IV de l'article 1-3 précitée, Mme A n'apporte aucun commencement de démonstration des irrégularités procédurales qu'elle se borne à alléguer sans précision. Par suite, le moyen non assorti de précisions suffisantes pour en apprécier le bienfondé ne pourra qu'être écarté.
4. Enfin, Mme A soutient que l'évaluateur a commis des erreurs d'appréciation en qualifiant de " partiellement/bases " les items " fait montre de respect vis-à-vis des administrés et/ou des interlocuteurs internes et externes ", " pratique une écoute active. Montre de la compréhension vis-à-vis des situations qui sont exposée ", " fait preuve de discrétion professionnelle ", " développe des relations interpersonnelles de qualité " et de " Très partiellement / Notions " les items " ne porte pas atteinte à l'image de la collectivité et des agents par sa présentation, ses propos, sa tenue ou son comportement. Ne dénigre pas publiquement son employeur " et " sait travailler en équipe et avoir l'esprit d'équipe (politesse, respect mutuel, écoute, dialogue, cohésion) ".
5. Afin de contrôler si l'appréciation portée par l'autorité investie du pouvoir d'évaluation professionnelle est ou non entachée d'erreur manifeste d'appréciation, le juge administratif doit examiner s'il existe une disproportion ou une contradiction flagrante entre les éléments de cette évaluation professionnelle que sont le niveau global de performance, la marge d'évolution globale de l'agent et l'appréciation littérale.
6. Il ressort des pièces du dossier et n'est pas sérieusement contesté par l'intéressée qu'elle a adopté une attitude d'opposition vis-à-vis de sa hiérarchie, notamment en claquant la porte du bureau lorsqu'une nouvelle affectation géographique lui a été proposée en septembre 2019. En outre, elle a fait l'objet d'un rappel à l'ordre, même si elle le conteste, le 27 mai 2019 en raison d'une attitude agressive envers une collègue de travail en présence de membres de l'équipe éducative et de parents d'élèves. En se bornant à rappeler qu'elle salue ses collègues, cultive la convivialité, qu'elle ne dénigre ni la collectivité ni ses collègues et qu'elle est au contraire victime de remarques déplacées et désobligeantes de la part de son supérieur direct, sur lesquelles elle n'apporte aucune précision, elle n'établit pas l'erreur manifeste que la collectivité aurait commise dans l'appréciation des Items précités relatifs à son savoir-être.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de son CREP 2019.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
8. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Béziers, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme A, au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Béziers.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 décembre 2023.
La magistrate désignée,
I. PastorLa greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 7 décembre 2023.
La greffière,
B. Flaesch.
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026