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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2101013

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2101013

mercredi 2 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2101013
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSCP COULOMBIE, GRAS, CRETIN, BECQUEVORT, ROSIER, SOLAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 28 février 2021, 20 novembre 2021 et 3 avril 2022, Mme B A demande au tribunal :

1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision du 16 février 2021 par laquelle le maire de Saint-Pons-de-Thomières a refusé d'autoriser son successeur à occuper l'emplacement qui lui était attribué sur le marché communal ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Pons-de-Thomières une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision contestée est insuffisamment motivée ;

- le maire ne pouvait légalement fonder son refus sur les dispositions de l'article 9.4.2 du règlement du marché dès lors que celles-ci s'appliquent à des emplacements vacants ;

- le maire n'était pas fondé à lui opposer l'absence de clientèle propre.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 février 2022, la commune de Saint-Pons-de-Thomières, représentée par la SCP CGCB et associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Verguet, rapporteur ;

- les conclusions de Mme Lorriaux, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Senanedsch, représentant la commune de Saint-Pons-de-Thomières.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, exerçant une activité commerciale ambulante et titulaire de l'autorisation d'occuper un emplacement sur le marché en plein air de la commune de Saint-Pons-de-Thomières, a souhaité céder son fonds de commerce. A cette fin, elle a présenté au maire de cette commune, par lettre du 11 janvier 2021, un successeur. Mme A demande l'annulation, pour excès de pouvoir, de la décision du 16 février 2021 par laquelle le maire a refusé d'autoriser ce dernier à occuper l'emplacement attribué à Mme A sur le marché.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 2224-18-1 du code général des collectivités territoriales : " Sous réserve d'exercer son activité dans une halle ou un marché depuis une durée fixée par délibération du conseil municipal dans la limite de trois ans, le titulaire d'une autorisation d'occupation peut présenter au maire une personne comme successeur, en cas de cession de son fonds. Cette personne, qui doit être immatriculée au registre du commerce et des sociétés, est, en cas d'acceptation par le maire, subrogée dans ses droits et ses obligations. / ()/ La décision du maire est notifiée au titulaire du droit de présentation et au successeur présenté dans un délai de deux mois à compter de la réception de la demande. Toute décision de refus doit être motivée. ".

3. La décision du maire de Saint-Pons-de-Thomières du 16 février 2021 se borne à mentionner, en substance, que si la loi offre au bénéficiaire d'une autorisation d'occuper un emplacement de marché la faculté de présenter un successeur au maire, il est loisible à celui-ci d'accorder ou non l'autorisation sollicitée en faisant application des dispositions du règlement du marché en matière d'ancienneté et d'assiduité. Cette motivation, qui n'indique pas les éléments d'appréciation ayant servi de base à la décision par laquelle le maire a refusé d'accorder au successeur de Mme A l'autorisation d'occuper l'emplacement de marché attribué à cette dernière, ne satisfait pas aux exigences de motivation de l'article L. 2224-18-1 du code général des collectivités territoriales. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision en litige doit être accueilli. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, la décision du maire de Saint-Pons-de-Thomières du 16 février 2021 doit être annulée.

Sur les frais liés au litige :

4. Mme A ne justifie pas avoir exposé de frais dans la présente instance. Par suite, il n'y a pas lieu de faire droit à ses conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une somme quelconque au titre des frais exposés par la commune de Saint-Pons-de-Thomières et non compris dans les dépens.

DECIDE :

Article 1er : La décision du maire de Saint-Pons-de-Thomières du 16 février 2021 est annulée.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.

Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Pons-de-Thomières au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Saint-Pons-de-Thomières.

Délibéré après l'audience du 19 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

- M. Charvin, président,

- M. Verguet, premier conseiller,

- Mme Couégnat, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 novembre 2022.

Le rapporteur,

H. VerguetLe président,

J. Charvin La greffière,

A. Lacaze

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 2 novembre 2022.

La greffière,

A. Lacaze

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