mardi 26 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2101068 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | MANYA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 mars 2021, l'association Refuge Agri-Loisir - La ferme aventure, représentée par Me Manya, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 16 octobre 2020 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales s'est opposé à sa déclaration préalable tendant à la régularisation de diverses constructions ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à Me Manya contre renonciation à la somme versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- l'arrêté est entaché d'une erreur dans les visas, le procès-verbal d'infraction n'ayant pas à entrer en compte pour l'examen de sa déclaration préalable ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation dès lors que son projet ne méconnaît pas les articles L. 111-3 et L. 122-5 du code de l'urbanisme car les bâtiments ont un caractère agricole ;
- il est entaché d'erreur de fait, dès lors que son projet n'est pas situé en zone d'aléa fort et ne méconnaît pas le porter à connaissance du 11 juillet 2019 ;
- il est entaché d'erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, en ce que le risque n'est pas caractérisé et que l'Etat devait assortir la décision de prescriptions spéciales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au titre de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, l'atteinte au caractère des lieux avoisinants n'étant pas caractérisée ni même motivée en fait.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juin 2021, le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par l'association Refuge Agri-Loisir - La ferme aventure ne sont pas fondés.
L'association Refuge Agri-Loisir - La ferme aventure a été admise à l'aide juridictionnelle totale par décision du 6 janvier 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Lafon, rapporteur public,
- et les observations de Me Pion - Riccio, substituant Me Manya, représentant l'association Refuge Agri-Loisir - La ferme aventure.
Considérant ce qui suit :
1. Le 21 septembre 2020, l'association Agri Loisir a déposé une déclaration préalable de travaux tendant à régulariser les installations, déjà édifiées, d'un parc ludique nommé " La Ferme Aventure " composé de structures de type " algecos " destinées à accueillir animaux, bureaux et sanitaires, sur les parcelles cadastrées section AC 41 à 45, lieu-dit Perdiguères. Par arrêté du 16 octobre 2020, le préfet des Pyrénées-Orientales s'est opposé aux travaux envisagés. Par sa requête, l'association requérante demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, les erreurs ou les omissions dans les visas d'un acte administratif ne sont pas de nature à en affecter la légalité. Il en résulte que le moyen tiré de ce qu'est visé à tort au procès-verbal relavant des infractions au code de l'urbanisme doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme : " En l'absence de plan local d'urbanisme, de tout document d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale, les constructions ne peuvent être autorisées que dans les parties urbanisées de la commune. ". L'article L. 111-4 du code de l'urbanisme dispose que : " Peuvent toutefois être autorisés en dehors des parties urbanisées de la commune : () 2° Les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole, à des équipements collectifs dès lors qu'elles ne sont pas incompatibles avec l'exercice d'une activité agricole, pastorale ou forestière sur le terrain sur lequel elles sont implantées () ". L'article L. 122-5 du même code dispose que : " L'urbanisation est réalisée en continuité avec les bourgs, villages, hameaux, groupes de constructions traditionnelles ou d'habitations existants, sous réserve de l'adaptation, du changement de destination, de la réfection ou de l'extension limitée des constructions existantes, ainsi que de la construction d'annexes, de taille limitée, à ces constructions, et de la réalisation d'installations ou d'équipements publics incompatibles avec le voisinage des zones habitées. ". L'article L. 122-7 du code de l'urbanisme précise que : " () Dans les communes ou parties de commune qui ne sont pas couvertes par un plan local d'urbanisme ou une carte communale, des constructions qui ne sont pas situées en continuité avec les bourgs, villages, hameaux, groupes de constructions traditionnelles ou d'habitations existants peuvent être autorisées, dans les conditions définies au 4° de l'article L. 111-4 et à l'article L. 111-5, si la commune ne subit pas de pression foncière due au développement démographique ou à la construction de résidences secondaires et si la dérogation envisagée est compatible avec les objectifs de protection des terres agricoles, pastorales et forestières et avec la préservation des paysages et milieux caractéristiques du patrimoine naturel prévus aux articles L. 122-9 et L. 122-10. ".
4. Pour s'opposer aux travaux, le préfet des Pyrénées-Orientales a considéré, d'une part, que le projet était situé hors les parties urbanisées de la commune soumise au règlement national d'urbanisme et à la loi montagne Si la requérante se prévaut de ce que son activité de refuge présente un caractère agricole et entre dans les exceptions visées par l'article R. 111-4 du code de l'urbanisme, il ressort des pièces du dossier que son objet social comporte, outre l'activité de refuge, la " mise à disposition d'activités récréatives sportives, et tous objets similaires, connexes ou complémentaires ou susceptibles d'en favoriser la réalisation ou le développement ". L'association requérante ne justifie ainsi pas qu'elle aurait pour activité principale l'accueil ou l'élevage d'animaux, ni que les installations dont il est demandé la régularisation, parmi lesquelles un bureau, des toilettes et des locaux de stockage, seraient en relation avec l'activité de refuge animalier.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ". En vertu de ces dispositions, lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
6. Le préfet a également opposé, pour s'opposer à la régularisation des installations présentes sur le terrain, le risque au titre des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et du porter à connaissance préfectoral du 11 juillet 2019, interdisant toute nouvelle construction en zone d'aléa fort à l'exception des bâtiments agricoles nécessaires à l'activité agricole et à l'exclusion de tous projets de construction à usage d'habitation et de tous projets de bâtiments susceptibles d'accueillir du public ou d'abriter des animaux.
7. Il ressort des pièces du dossier qu'après une visite sur les lieux du service restauration des terrains en montagne et de l'office national des forêts, un avis, daté du 31 janvier 2020, a été rendu par le service préfectoral " eau et risques " lors de l'instruction du certificat d'urbanisme, au titre de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Cet avis confirme le classement effectué par le service de restauration des terrains en montagne, en 1995, du fait de l'exposition du terrain d'assiette, situé dans un méandre prononcé du cours d'eau " La Rome ", à un risque de crue torrentielle d'aléa fort. C'est ainsi sans commettre d'erreur de fait que le préfet des Pyrénées-Orientales a considéré que le terrain d'assiette des constructions est situé en zone d'aléa fort.
8. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que l'avis au titre des risques naturels de l'office national des forêts du 14 janvier 2020 mentionne que la crue advenue en 1986 a été aggravée par le charriage des corps flottants en cas de débordement de la rivière. En relatant la situation du projet en zone exposée à un aléa fort et en décrivant la nature des installations projetées, constituées d'éléments légers et démontables, le préfet a ainsi suffisamment caractérisé le risque présenté par le projet. Il ne ressort pas des pièces du dossier, compte tenu de l'importance du risque de crue torrentielle d'aléa fort, que le préfet pouvait assortir son arrêté de prescriptions spéciales permettant d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
9. Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ".
10. En se bornant à citer ces dispositions pour conclure que le projet leur est contraire, le préfet des Pyrénées-Orientales a insuffisamment motivé sa décision. Toutefois, il aurait pris la même décision s'il ne s'était fondé que sur les seuls motifs légaux tirés de ce que le projet, qui ne présente pas un caractère agricole, est situé en discontinuité de l'urbanisation, en méconnaissance des articles L. 111-3 et L. 122-5 du code de l'urbanisme et qu'il présente un risque pour la sécurité publique au sens de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
11. Il résulte de ce qui précède que l'association Refuge Agri-Loisir - La ferme aventure n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 16 octobre 2020 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales a fait opposition à sa déclaration préalable.
Sur les frais liés au litige :
12. L'Etat n'étant pas dans la présente instance la partie perdante, les conclusions de la requête présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'association Refuge Agri-Loisir - La ferme aventure est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'association Refuge Agri-Loisir - La ferme aventure, au préfet des Pyrénées-Orientales et à Me Manya.
Copie en sera adressée à la commune du Perthus.
Délibéré après l'audience du 1er juillet 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Encontre, présidente,
M. Myara, premier conseiller,
Mme Crampe, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2022.
La rapporteure
S. A La présidente,
S. Encontre
La greffière,
C. Arce
La République mande et ordonne à la ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 26 juillet 2022.
La greffière,
C. Arce
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026