mardi 21 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2101119 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP VIAL-PECH DE LACLAUSE-ESCALE-KNOEPFFLER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 4 mars 2021 et le 14 février 2022, Mme B A, représentée par Me Manya, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 décembre 2020 par lequel le président du centre communal d'action sociale (CCAS) de Perpignan l'a placée en disponibilité d'office du 1er janvier 2019 au 30 juin 2019 ;
2°) de condamner le CCAS de Perpignan aux entiers dépens ;
3°) de mettre à la charge du CCAS de Perpignan une somme de 2 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- faute de justifier d'une délégation de signature régulière, l'auteur de la décision contestée était incompétent ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas été précédée de la consultation du comité médical ;
- la décision, qui se borne après une décision juridictionnelle d'annulation à la replacer en disponibilité d'office, est entachée d'une erreur de droit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juillet 2021, le CCAS de Perpignan, représenté par la société civile professionnelle (SCP) Vial - Pech de Laclause - Escale - Knoepffler - Huot - Piret - Joubes, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme A, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 2018-101 du 16 février 2018 ;
- l'arrêté du 2 mars 2018 portant expérimentation d'une procédure de médiation préalable obligatoire en matière de litiges de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C ;
- les conclusions de M. Lafay, rapporteur public ;
- les observations de Me Charre substituant Me Manya, représentant Mme A ;
- et les observations de Me Diaz, représentant le CCAS de Perpignan.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, agent social au sein du CCAS de Perpignan qui exerce les fonctions d'aide à domicile titulaire, a été placée en congé de grave maladie le 12 octobre 2015 et a épuisé ses droits à congé de grave maladie à compter du 1er janvier 2019. Par un arrêté du 8 janvier 2019, le président du CCAS de Perpignan a placé Mme A en disponibilité d'office pour une durée de 6 mois, du 1er janvier au 30 juin 2019. Par un arrêté du 25 septembre 2019, le CCAS de Perpignan a prolongé sa disponibilité d'office pour une durée de trois mois du 1er octobre au 31 décembre 2019. Par arrêté en date du 12 décembre 2019, le président du CCAS de Perpignan a, après avis du comité médical rendu le 30 janvier 2019 déclarant Mme A " inapte à ses fonctions, mais pas à toutes les fonctions ", prononcé le licenciement cette dernière pour inaptitude physique à compter du 1er janvier 2020. Par jugement rendu le 24 novembre 2020, le tribunal a annulé l'arrêté du 8 janvier 2019 par lequel le président du CCAS de Perpignan avait placé Mme A en disponibilité d'office pour raison de santé pour une durée de 6 mois, du 1er janvier au 30 juin 2019 au motif qu'en ne l'invitant pas, au préalable, à présenter une demande de reclassement, l'établissement public avait commis une erreur de droit. Par un arrêté du 29 décembre 2020, le CCAS de Perpignan a procédé à la régularisation de la situation de la fonctionnaire et l'a placée en disponibilité d'office du 1er janvier au 30 juin 2019. Une procédure de médiation préalable obligatoire a été assurée, en application du décret du 16 février 2018 portant expérimentation d'une procédure de médiation préalable obligatoire en matière de litiges de la fonction publique et de litiges sociaux. A l'issue de cette médiation, Mme A et le CCAS de Perpignan ont signé un protocole d'accord de médiation le 19 janvier 2022 aux termes duquel l'établissement public a retiré le titre de recette émis à l'encontre de l'intéressée pour un montant de 938,11 euros tandis que Mme A, ayant obtenu toutes les précisions et clarifications sur la prolongation de la disponibilité d'office, a reconnu que cet accord mettait fin aux instances n° 1902683, 1902857 et 1906312. Par un mémoire enregistré le 4 février 2022, Mme A a maintenu les conclusions à fin d'annulation de sa requête dans la présente instance contre l'arrêté du 29 décembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. L'arrêté contesté a été signé par Mme Marie-Thérèse Costa-Fesenbeck, vice-présidente du conseil communal d'action sociale de Perpignan. Si par un arrêté du 24 août 2020, le président lui a octroyé une délégation de signature " en matière de convocation du conseil d'administration et fixation de son ordre du jour, de préparation et exécution des délibérations du conseil d'administration, d'ordonnancement des recettes et dépenses, de nomination des agents, d'acceptation à titre conservatoire des dons et legs, avant autorisation, les demandes en délivrance, et de représentation du CCAS en justice et dans les actes de la vie civile ", cet arrêté ne l'habilitait pas à signer un placement en disponibilité d'office d'un agent qui ne relève pas d'une procédure de nomination mais participe du placement d'un fonctionnaire, déjà nommé, dans une situation réglementaire, faute de possibilité de reclassement immédiat. Dans ces conditions, ainsi que le soutient la requérante, la décision contestée est entachée d'incompétence.
3. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens soulevés à l'appui de sa requête, Mme A est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 29 décembre 2020 par lequel le président du CCAS de Perpignan l'a placée en disponibilité d'office pour la période du 1er janvier 2019 au 30 juin 2019.
Sur les dépens :
4. En l'absence de dépens au sens de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, Mme A ne saurait, en tout état de cause, en solliciter le remboursement.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de Mme A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. En revanche, sur ce même fondement, il y a lieu de mettre à la charge du CCAS de Perpignan une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 29 décembre 2020 par lequel le président du CCAS de Perpignan a placé Mme A en disponibilité d'office du 1er janvier 2019 au 30 juin 2019 est annulé.
Article 2 : Le CCAS de Perpignan versera à Mme A une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Article 3 : le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par le CCAS de Perpignan en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre communal d'action sociale de Perpignan.
Délibéré à l'issue de l'audience du 7 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Encontre, présidente,
Mme Teuly-Desportes, première conseillère.
M. Rousseau, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2023.
La rapporteure,
D. CLa présidente,
S. EncontreLe greffier,
D. Lopez
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Montpellier, le 21 février 2023,
Le greffier,
D. Lopez
No 21011190dl
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026