mardi 6 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2101216 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | POURRET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 10 mars, le 6 septembre et le 16 novembre 2021, M. D A et M. C A, représentés par Me Pourret, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 janvier 2021 lequel le maire de la commune de Latour-de-Carol a refusé d'accorder un permis de construire à Mme E en vue de la création d'un chalet d'habitation en ossature bois sur la parcelle cadastrée A n°286 ;
2°) d'enjoindre au maire de Latour-de-Carol de délivrer le permis de construire sollicité par Mme E, conformément à sa demande du 16 novembre 2020, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de de Latour-de-Carol la somme de 2 000 euros, somme à verser, pour moitié, à chacun d'eux, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils sont recevables à contester ce refus d'autorisation du sol dès lors qu'en l'absence de la réalisation de la condition suspensive liée à l'obtention du permis de construire, la vente de leur parcelle a été annulée ;
- le maire s'est estimé lié par l'avis de la direction départementale ds territoires et de la mer des Pyrénées-Orientales et a commis une erreur de droit ;
- le refus d'autorisation du sol est entaché d'une erreur d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 juin et 24 septembre 2021 et le 26 janvier 2022, la commune de Latour-de-Carol, représentée par la société civile professionnelle (SCP) Courriech et Associés, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, présente, à titre subsidiaire, une demande de substitution de motifs et demande au tribunal de mettre à la charge des requérants la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête n'est pas recevable dès lors que les consorts A, qui ne justifient pas de leur qualité de propriétaires, ne disposent pas d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;
- au surplus, les moyens soulevés ne sont pas fondés ;
- à titre infiniment subsidiaire, les motifs tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article 4.6 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi), de la méconnaisance des dispositions générales du règlement de l'article 2. 5 du PLUi, de la méconnaissance de l'article 2 du règlement de la zone UA et du non-respect des dispositions de l'article 3 du titre II des dispositions générales du règlement du PLUi étaient susceptibles de fonder le refus d'autorisation contesté.
La requête a été communiquée à Mme B E, pétitionnaire, qui n'a pas présenté d'observations en défense.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Teuly-Desportes ;
- les conclusions de M. Lafay, rapporteur public ;
- les observations de Me Pourret, représentant les requérants ;
- et observations de Me Mer, représentant la commune de Latour-de-Carol.
Considérant ce qui suit :
1. MM. D et C Bello, respectivement usufruitier et nu-propriétaire, ont conclu, le 18 septembre 2020, avec Mme E, un compromis pour la vente de la parcelle cadastrée A n°286 située sur le territoire de la commune de Latour-de-Carol (Pyrénées-Orientales). Par un dossier déposé le 16 novembre 2020, Mme E a sollicité une autorisation de construction d'un chalet d'habitation en ossature bois. Par un arrêté du 12 janvier 2021, le maire de la commune de Latour-de-Carol a refusé d'accorder le permis de construire sollicité. Par la présente requête, les consorts A demandent l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article R 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ". Les risques d'atteinte à la sécurité publique visés par ce texte sont aussi bien les risques auxquels peuvent être exposés les occupants de la construction pour laquelle le permis est sollicité que ceux que l'opération projetée peut engendrer pour des tiers. Pour apprécier si les risques d'atteinte à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, il appartient à l'autorité compétente en matière d'urbanisme, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.
3. Il est constant que la commune de Latour-de-Carol n'est pas couverte par un plan de prévention des risques naturels et notamment du risque inondations.
4. Pour refuser d'accorder le permis de construire sollicité, le maire de la commune de de Latour-de-Carol, a visé tant les dispositions précitées de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, que l'avis défavorable, émis le 8 janvier 2021, par le service eau et risques de la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) des Pyrénées-Orientales et a relevé, d'une part, que le projet était particulièrement exposé au risque de crue torrentielle avec un niveau d'aléa qualifié de moyen à fort et, d'autre part, que le projet porte sur la construction d'une habitation sur un site exposé à de multiples risques (chute de bloc ravinement, crue torrentielle) avec des niveaux d'aléas allant jusqu'à très fort et qu'il est nécessaire d'assurer la sécurité des personnes et la préservation des biens en cas de risque prévisible de nature à mettre en danger gravement la sécurité des futurs occupants.
5. D'une part, compte tenu de ce qui vient d'être dit au point précédent, le maire a procédé à un examen de l'ensemble des risques auxquels le projet de construction est potentiellement soumis de sorte que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'autorité administrative se serait estimé liée par l'avis du service eau et risque de la DDTM des Pyrénées-Orientales et qu'elle aurait commis, ce faisant, une erreur de droit.
6. D'autre part, en vertu des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modification substantielle nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
7. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est situé dans le hameau de Riutès et plus précisément dans le cône alluvial du ravin du Salit, affluent du Carol, comportant d'anciens chenaux torrentiels désormais masqués par la végétation et qu'il est longé par un chenal, ce qui l'expose, en cas de crue, au regard notamment de la forte déclivité de la zone, à un risque d'inondation qualifié de moyen à fort. Par ailleurs, outre le risque sismique évalué à 4 sur une échelle de 1 à 5, le projet de construction d'une maison individuelle est également exposé à un risque, qualifié de fort au regard de la localisation de la parcelle, de glissements de terrain et de chutes de blocs rocheux. Il résulte de l'ensemble de ces considérations que le projet des requérants est susceptible d'exposer les occupants de ce bâtiment notamment à un risque avéré d'inondation et que le maire n'a pas commis d'erreur d'appréciation en le déclarant non réalisable et en refusant de l'assortir de prescriptions.
8. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, ni la demande de substitution de motifs, présentée à titre subsidiaire, que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté contesté.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction doivent, en conséquence, être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme sollicitée par les requérants au titre des frais liés au litige soit mise à la charge de la commune de Latour-de-Carol, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. D'autre part, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des consorts A la somme que sollicite, sur ce même fondement, la commune de Latour-de-Carol.
DECIDE :
Article 1er : La requête des consorts A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Latour-de-Carol en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à M. C A, à Mme B F et à la commune de Latour-de-Carol.
Délibéré à l'issue de l'audience du 23 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Encontre, présidente,
Mme Teuly-Desportes, première conseillère.
M. Rousseau, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2023.
La rapporteure,
D. Teuly-Desportes
La greffière,
C. Arce
La présidente,
S. Encontre
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Montpellier, le 6 juin 2023,
La greffière,
C. Arce
N°2101216
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026