vendredi 10 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2101229 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | RAYNAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 11 mars 2021, 29 avril 2022 et 30 janvier 2023, Mme C A épouse B, représentée par Me Raynal, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 novembre 2020 par laquelle le rectorat de l'académie de Montpellier a rejeté sa demande de mise à disposition auprès de l'unité mixte de recherche d'histoire, économie et sociologie des Institutions et Dynamique Historique de l'Economie et de la Société (IDHES) rattachée à l'école normale supérieure Paris-Saclay et au Centre nationale de recherche scientifique (CNRS) ;
2°) d'enjoindre au rectorat de faire droit à sa demande de mise à disposition et, subsidiairement, de la maintenir en surnombre dans son corps d'origine dans l'attente de l'ouverture d'une vacance à un emploi correspondant à son grade d'ingénieur de recherche hors classe, et, à titre infiniment subsidiaire, de réexaminer sa situation, le tout sous astreinte de 50 euros par jour de retard dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision méconnaît l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration faute pour elle de comporter le nom, la signature et la qualité de son auteur ;
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- la rectrice ne pouvait légalement refuser sa mise à disposition au motif qu'elle ne donnait pas lieu à remboursement ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le rectorat ne peut lui garantir une affectation sur un emploi vacant relevant de son grade dans un délai raisonnable ;
- l'emploi qui lui est proposé n'est pas un emploi correspondant à son grade dès lors qu'il ne comporte aucune responsabilité d'une importance particulière et que les missions ne relèvent pas de celles prévues par l'article 11 du décret du 31 décembre 1985.
Par des mémoires en défense et des pièces complémentaires, enregistrés le 22 avril 2022 et 12 mai 2022, la rectrice de l'académie de Montpellier conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle méconnaît l'article R. 421-1 du code de justice administrative faute de production de la décision attaquée ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bayada, première conseillère,
- les conclusions de Mme Moynier, rapporteure publique
- et les observations de Me Raynal, représentant Mme A.
Une note en délibéré, présentée par Mme A, représentée par Me Raynal, a été enregistrée le 20 février 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A épouse B, ingénieur de recherche au sein du rectorat de l'académie de Montpellier, a été mise à disposition puis détachée auprès du centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) à compter du 1er janvier 2007. Par un arrêté de la ministre de l'enseignement supérieur du 19 décembre 2019, elle a été nommée ingénieure de recherche hors classe 2e échelon. A l'issue de son détachement, Mme A a été réintégrée en surnombre au sein du rectorat à compter du 1er janvier 2020. Par courriel du 4 septembre 2020, le rectorat de l'académie de Montpellier l'a informée de son intention de l'affecter au sein de la mission " diagnostic évaluation " relevant du pôle pédagogique d'évaluation. La requérante, estimant que cet emploi ne correspondait pas à son grade, a sollicité par un courrier du 15 octobre 2020, soit d'être affectée au sein de son administration sur un poste relevant de son grade et au besoin d'un maintien en surnombre, soit d'être mise à disposition de l'unité mixte de recherche d'histoire, économie et sociologie des Institutions et Dynamique Historique de l'Economie et de la Société (IDHES) rattachée à l'ENS Paris Saclay et au CNRS. Par courrier du 20 novembre 2020, la rectrice de l'académie de Montpellier a rejeté cette demande. Par sa requête, Mme A demande l'annulation de la décision du 20 novembre 2020 en tant qu'elle refuse de faire droit à cette demande de mise à disposition.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. " Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative: " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué [] ". Il résulte de ces dispositions qu'une requête est irrecevable et doit être rejetée lorsque son auteur n'a pas, en dépit d'une invitation à régulariser ou de la communication d'un mémoire en défense soulevant une fin de non-recevoir reçu par l'intéressé, produit la décision attaquée ou, en cas d'impossibilité, tout document justifiant des diligences qu'il a accomplies pour en obtenir la communication.
3. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 26 avril 2022, Mme A, qui soutient que le courrier qui lui a été adressé ne comportait qu'une seule page, a sollicité du rectorat de l'académie de Montpellier la communication de l'intégralité du courrier du 20 novembre 2020 et a effectué auprès de son administration toutes les diligences qu'elle pouvait effectuer afin de se procurer la décision en litige. En refusant de lui communiquer cette décision, le rectorat de l'académie de Montpellier n'a pas mis Mme A à même de satisfaire à l'exigence de production résultant de l'article R. 412-1 du code de justice administrative. Dès lors, la fin de non-recevoir qu'elle oppose à ce titre ne peut qu'être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. / Toutefois, les décisions fondées sur des motifs en lien avec la prévention d'actes de terrorisme sont prises dans des conditions qui préservent l'anonymat de leur signataire. Seule une ampliation de cette décision peut être notifiée à la personne concernée ou communiquée à des tiers, l'original signé, qui seul fait apparaître les nom, prénom et qualité du signataire, étant conservé par l'administration. " Les dispositions précitées ont pour objet d'identifier avec certitude l'auteur de la décision prise, afin de permettre d'en vérifier la compétence.
5. La décision datée du 20 novembre 2020 produite par la requérante, qui ne comporte qu'un page, ne précise ni le nom, ni le prénom ni la qualité de son auteur et est dépourvu de signature. Dès lors, ainsi que le soutient Mme A et faute pour la rectrice de l'académie de Montpellier de produire l'original du courrier adressé à la requérante, cette décision ne permet pas d'identifier son auteur ni d'établir qu'il disposait de la compétence à l'effet de la signer. En l'état de l'instruction, Mme A est fondée à soutenir que la décision du 20 novembre 2020 a été prise par une autorité incompétente et en méconnaissance des dispositions sus rappelées de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration à défaut de comporter l'ensemble des mentions qu'elles prévoient.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision du 20 novembre 2020 par laquelle la rectrice de l'académie de Montpellier a refusé de faire droit à sa demande de mise à disposition auprès de l'unité mixte de recherche d'histoire, économie et sociologie des Institutions et Dynamique Historique de l'Economie et de la Société (IDHES), rattaché à l'ENS Paris Saclay et au CNRS.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
7. Le motif d'annulation retenu par le présent jugement implique seulement qu'il soit procédé au réexamen de la demande de mise à disposition de Mme A. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Montpellier d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce d'assortir cette injonction d'une astreinte
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 20 novembre 2020 par laquelle la rectrice de l'académie de Montpellier a refusé de faire droit à la demande de mise à disposition auprès de l'unité mixte de recherche d'histoire, économie et sociologie des Institutions et Dynamique Historique de l'Economie et de la Société (IDHES), rattachée à l'ENS Paris Saclay et au CNRS de Mme A épouse B, est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la rectrice de l'académie de Montpellier de réexaminer la situation de Mme A épouse B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Mme A épouse B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A épouse B et à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Copie en sera adressée pour information à la rectrice de l'académie de Montpellier.
Délibéré après l'audience du 17 février 2023 à laquelle siégeaient :
M. Gayrard, président,
Mme Bayada, première conseillère,
Mme Gavalda, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mars 2023.
La rapporteure,
A. BayadaLe président,
J.P. Gayrard
La greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 10 mars 2023.
La greffière,
B. Flaeschil
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026