jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2101379 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL BLANC - TARDIVEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 19 mars 2021, 22 juillet 2021 et 28 janvier 2022, M. A et Mme C B, représentés par la SELARL Blanc -Tardivel - Bocagnano, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 septembre 2020 par lequel le maire de la commune de Ganges a délivré à la SCI Atger un permis de construire pour la réhabilitation et l'extension d'un établissement de pompes funèbres pour une surface de plancher de 74 m² sur un terrain situé parcelle cadastrée section AD n° 23, avenue de Nîmes, ainsi que la décision du 15 janvier 2021 rejetant leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Ganges une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
- le dossier de demande de permis est incomplet faute de comporter le document exigé au titre du j) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme et d'indiquer les modalités de raccordement au réseau public des eaux pluviales ;
- le permis litigieux méconnaît les dispositions de l'alinéa 7-1-3 de l'article 7 des dispositions générales du plan local d'urbanisme relatives aux eaux pluviales ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UD 11 de ce règlement relatives aux toitures ; en outre à supposer que le maire ait entendu octroyer une adaptation mineure, le permis litigieux n'est pas motivé ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme compte tenu des conditions de desserte et d'accès du terrain d'assiette.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 mai 2021, la SCI Atger, représentée par Me Lucas, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à la mise en œuvre des articles L. 600-5 ou L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge de M. et Mme B une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable faute pour les requérants de justifier de l'accomplissement des formalités de notification de leur recours contentieux en application de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme et de justifier d'un intérêt à agir contre le permis querellé ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 16 décembre 2021 et 20 octobre 2022, la commune de Ganges, représentée par la SELARL DL Avocats, agissant par Me Ducroux, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. et Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 12 octobre 2022 la clôture de l'instruction a été fixée au 26 octobre 2022.
Un mémoire présenté par M. et Mme B a été enregistré le 27 octobre 2022, soit postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Goursaud, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique ;
- les observations de Me Rouault, représentant M. et Mme B, celles de Me Mouakil, représentant a commune de Ganges, et celles de Me Lucas, représentant la SCI Atger.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 24 septembre 2020, le maire de la commune de Ganges a délivré à la SCI Atger un permis de construire pour la réhabilitation et l'extension d'un établissement de pompes funèbres pour une surface de plancher de 74 m² sur un terrain situé avenue de Nîmes, parcelle cadastrée section AD n° 23. Par la présente requête, M. et Mme B demandent au tribunal d'annuler cet arrêté ainsi que la décision du 15 janvier 2021 rejetant leur recours gracieux.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense par la SCI Atger :
En ce qui concerne la notification du recours contentieux :
2. Aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que les requérants justifient, par la production des certificats de dépôt des lettres recommandées en date des 19 mars 2021, avoir accompli les formalités de notification de leur recours contentieux contre le permis de construire en litige. Ainsi, la fin de non-recevoir opposée par la société pétitionnaire doit être écartée.
En ce qui concerne le défaut d'intérêt pour agir :
4. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".
5. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance et à la localisation du projet de construction.
6. M. et Mme B justifient d'un intérêt à agir dès lors qu'il ressort des pièces du dossier qu'il sont propriétaires de la maison d'habitation voisine située sur la parcelle cadastrée AD n° 24 jouxtant le terrain d'assiette du projet et que le projet litigieux, qui consiste notamment à créer une aire de stationnement de huit places en limite séparative avec leur parcelle ainsi qu'une nouvelle chambre funéraire, va induire une fréquentation accrue de l'établissement existant de nature à créer de nouvelles nuisances sonores et à modifier les conditions de circulation sur la route départementale permettant d'accéder à leur terrain. Dès lors, et quand bien même les travaux entrepris ne seront pas directement visibles depuis la propriété des requérants séparée du terrain d'assiette par une haie vive, il y a lieu d'écarter la fin de non-recevoir opposée en défense tirée de l'absence d'intérêt à agir.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
7. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : / j) L'attestation de prise en compte des exigences de performance énergétique et environnementale, lorsqu'elle est exigée en application de l'article R. 122-24-1 du code de la construction et de l'habitation et, pour les projets soumis aux dispositions de l'article R. 122 2 1 du même code, l'attestation de réalisation de l'étude de faisabilité relative aux solutions d'approvisionnement en énergie réalisée en application de l'article R. 122-24-2 de ce code, ou, lorsque le projet est tenu de respecter les dispositions mentionnées aux articles R. 172-11 et R.172-12 de ce code, un document établi par le maître d'ouvrage attestant la prise en compte de la réglementation thermique, en application de l'article R. 122-22 de ce code, et pour les projets concernés par l'article R. 122-2 ou l'article R. 122-3 du même code, la réalisation de l'étude de faisabilité relative aux solutions d'approvisionnements en énergie, en application de l'article R. 122-23 dudit code ; () ".
8. Il ressort des pièces du dossier que la demande de permis de construire déposée par la SCI Atger comportait l'attestation de prise en compte de la règlementation thermique exigée par le j) de l'article R. 431-16 précité du code de l'urbanisme. Dès lors, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire au regard de ces dispositions doit être écarté comme manquant en fait.
9. En deuxième lieu, en se bornant à faire valoir que ni le plan de masse ni la notice descriptive ne traitent du raccordement du projet au réseau de gestion des eaux pluviales, les requérants n'assortissent par leur moyen des précisions en droit permettant d'en apprécier le bien fondé. Pour faire reste de droit, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. () ".
10. Si le plan de masse joint à la demande de permis de construire n'indique pas les modalités de raccordement au réseau public de gestion des eaux pluviales, il ressort toutefois des pièces du dossier, notamment du plan du réseau collectif de récupération des eaux pluviales versé au débat par la commune, que cette circonstance n'a pas été de nature à empêcher l'autorité administrative d'apprécier exactement la situation de la construction projetée au regard des équipements publics devant la desservir dès lors que le projet se situe dans une zone densément urbanisée et consiste notamment dans l'extension d'une construction déjà raccordée au réseau gravitaire existant sur l'avenue de Nîmes. En outre aucune disposition du code de l'urbanisme ne prévoit que le plan de masse doive faire apparaître les modalités d'écoulement des eaux pluviales. Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande au regard des modalités de raccordement des eaux pluviales ne peut qu'être écarté.
11. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'alinéa 7-1-3 de l'article 7 des dispositions générales du plan local d'urbanisme : " Imperméabilisation des terrains / Eaux pluviales : Tout aménagement réalisé sur un terrain doit être conçu de façon à ne pas faire obstacle au libre écoulement des eaux pluviales, à permettre une percolation naturelle par une imperméabilisation limitée, et doit être raccordé au réseau séparatif correspondant aux eaux pluviales, dès lors qu'il existe. En l'absence de réseau ou en cas de réseau insuffisant, les aménagements nécessaires au libre écoulement des eaux pluviales, et ceux visant à la limitation des débits évacués de la propriété (bâche à eau, bassin de rétention) sont à la charge exclusive du constructeur, qui doit réaliser les dispositifs adaptés à l'opération projetée et au terrain qui la supportera. () ".
12. Les requérants ne sauraient faire valoir que le projet ne prévoit pas d'aménagements nécessaires au libre écoulement des eaux pluviales destinés à compenser l'imperméabilisation des sols dès lors, d'une part, qu'il ressort de la notice descriptive que l'aire de stationnement existante située au Nord du bâtiment existant est déjà goudronnée et donc imperméabilisée et que, d'autre part et ainsi qu'il a été précédemment exposé, l'établissement existant est déjà raccordé au réseau public existant sur l'avenue de Nîmes et qu'il n'est pas établi ni même allégué que ce réseau ne serait pas en capacité suffisante pour recevoir les eaux pluviales générées par les travaux d'extension projetés, au demeurant modestes. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
13. En quatrième lieu, aux termes des dispositions de l'article UD 11 du règlement du plan local d'urbanisme relatives aux aspects extérieurs : " 1- Toitures : / Les toitures doivent être en tuiles de type méditerranéen. Les pentes des toitures seront comprises entre 15 et 35 %. Les toitures terrasses sont autorisées dans la limite de 50 % de la surface totale des toitures, elles pourront être plantées ou accessibles. Toutefois afin de réaliser un bâtiment en basse consommation, et dans ce cas seulement, il peut être envisagé de déroger aux règles ci-dessus. () ". Par ailleurs, selon les dispositions de l'article L. 152-3 du code de l'urbanisme : " Les règles et servitudes définies par un plan local d'urbanisme : 1o Peuvent faire l'objet d'adaptations mineures rendues nécessaires par la nature du sol, la configuration des parcelles ou le caractère des constructions avoisinantes () ".
14. D'une part, la couverture en zinc du auvent situé le long du cheminement menant à l'entrée de la chambre funéraire située dans le bâtiment principal ne constitue pas une toiture au sens des dispositions précitées de l'article UD 11 de sorte que les requérants ne peuvent utilement soutenir que le matériau utilisé pour cet aménagement n'est pas autorisé par le règlement de zone.
15. D'autre part et en revanche, il ressort des pièces du dossier que l'extension projetée en façade Nord pour une surface de 28 m² fait également l'objet d'une couverture en zinc et ne constitue pas une toiture terrasse. Si la société pétitionnaire et la commune de Ganges entendent soutenir qu'il s'agirait d'une adaptation mineure aux dispositions précitées de l'article UD 11, il ne ressort pas des énonciations du permis litigieux, alors qu'en application de l'article L. 424 3 du code de l'urbanisme doit être motivée la décision qui " comporte une () une adaptation mineure aux règles d'urbanisme applicables ", que le maire de la commune de Ganges aurait entendu accorder à la société pétitionnaire une telle adaptation en raison du caractère des constructions avoisinantes. En tout état de cause, la toiture en zinc créée ne peut être regardée, eu égard à l'importance de la superficie de la toiture concernée et à la nature des travaux sus-décrits, comme présentant un caractère mineur. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD 11 du règlement du plan local d'urbanisme est fondé en tant que la couverture de l'extension projetée en façade Nord n'est constituée ni d'une toiture en tuiles, ni d'une toiture terrasse.
16. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ". Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.
17. Il ressort des pièces du dossier que le terrain faisant l'objet du projet en litige bénéficie d'un accès existant d'une largeur de 17 mètres sur la route départementale n° 999 qui, contrairement à ce que soutiennent les requérants, n'est pas modifié. Il n'apparaît pas que cet accès n'offrirait pas des conditions de visibilité suffisantes, alors en outre que la desserte du projet comporte un panneau " stop " pour les véhicules sortant du site et que la vitesse est limitée à 30 kilomètres heure sur la route départementale. Dans ces conditions, et alors que le caractère accidentogène du secteur n'est pas démontré, le maire de la commune de Ganges n'a pas entaché l'arrêté contesté d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R.111-2 du code de l'urbanisme.
Sur l'application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme :
18. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé. ".
19. Il résulte de ces dispositions que le juge administratif peut procéder à l'annulation partielle d'une autorisation d'urbanisme dans le cas où une illégalité affecte une partie identifiable du projet et où cette illégalité est susceptible d'être régularisée par un permis modificatif, sans qu'il soit nécessaire que la partie illégale du projet soit divisible du reste de ce projet. Le juge peut, le cas échéant, s'il l'estime nécessaire, assortir sa décision d'un délai pour que le pétitionnaire dépose une demande d'autorisation modificative afin de régulariser l'autorisation subsistante, partiellement annulée.
20. Il ressort des pièces du dossier que l'illégalité relevée au point 15 ci-dessus et résultant de la méconnaissance des dispositions de l'article UD 11 du règlement du plan local d'urbanisme de Ganges relatives aux toitures s'agissant de la couverture de l'extension située en façade Nord, affecte une partie identifiable du projet autorisé. Sa régularisation n'implique pas d'apporter au projet litigieux un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Dès lors, il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, de prononcer la seule annulation partielle du permis de construire attaqué au sens de ce texte et de fixer à deux mois le délai, courant à compter de la notification du présent jugement, dans lequel la société pétitionnaire pourra demander la régularisation de cette autorisation d'urbanisme.
21. Il résulte de ce qui précède que c'est seulement dans la mesure définie au point précédent que les requérants sont fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 24 septembre 2020 du maire de la commune de Ganges et de la décision du 15 janvier 2021 rejetant leur recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants, qui n'ont pas dans la présente instance la qualité de partie perdante, les sommes demandées par la commune de Ganges et par la SCI Atger au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Ganges et de la SCI Atger une somme de 750 euros chacune à verser à M. et Mme B sur ce même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 24 septembre 2020 du maire de Ganges est annulé partiellement dans la mesure définie au point 20 du présent jugement.
Article 2 : Le délai imparti à la SCI Atger pour solliciter la régularisation de son projet est fixé à deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Ganges versera à M. et Mme B une somme de 750 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La SCI Atger versera à M. et Mme B une somme de 750 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A et Mme C B, à la commune de Ganges et à la SCI Atger.
Copie en sera adressée au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Montpellier.
Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lison Rigaud, présidente,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère,
M. François Goursaud, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.
Le rapporteur,
F. Goursaud
La présidente,
L. Rigaud
La greffière,
M. D
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 22 décembre 2022,
La greffière,
M. D00
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026