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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2101455

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2101455

jeudi 11 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2101455
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantSCP COULOMBIE, GRAS, CRETIN, BECQUEVORT, ROSIER, SOLAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 mars 2021 et 5 novembre 2021, M. E A et Mme D C épouse A, représentés par Me Carminati, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 novembre 2020 par lequel le maire de la commune de Clermont-l'Hérault a refusé de leur délivrer un permis de construire portant sur l'extension d'une maison individuelle d'habitation située parcelle cadastrée section CT n° 25 ;

2°) d'enjoindre au maire de la commune de Clermont-l'Hérault de procéder au réexamen de leur demande ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Clermont-l'Hérault une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- le maire a fait une inexacte application des dispositions de l'article 4 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme qui autorisent en zone naturelle N la confortation, l'amélioration et l'agrandissement des constructions existantes avant 1982, la notion de construction existante étant définie comme " un bâtiment répertorié au cadastre possédant encore sa toiture " sans nécessité de justifier d'une existence légale de la construction.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2021, la commune de Clermont-l'Hérault, représentée par la SCP CGCB et associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Goursaud, premier conseiller ;

- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique ;

- les observations de Me Carminati, représentant M. et Mme A, et celles de Me Crétin, représentant la commune de Clermont-l'Hérault.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme A demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 16 novembre 2020 par lequel le maire de la commune de Clermont-l'Hérault a refusé de leur délivrer un permis de construire portant sur l'extension d'une maison individuelle d'habitation située parcelle cadastrée section CT n° 25.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article N1 du règlement du plan local d'urbanisme de Clermont-l'Hérault : " Sont interdits : les constructions sauf celles visées dans l'article N2 () ". Aux termes de l'article N2 de ce règlement : " Peuvent être admis : () - l'évolution des constructions existantes conformément à l'article 4 des dispositions générales. ". Et selon l'article 4 des dispositions générales : " - Ne peut être considéré comme construction existante qu'un bâtiment répertorié au cadastre possédant encore sa toiture d'origine. - Ne peut être considérée comme une ruine reconstructible que celle qui d'origine présente un intérêt patrimonial vernaculaire certain ainsi qu'une hauteur supérieure à 2 mètres pour la moitié du linéaire des murs périphériques existant. - Dans tous les zones AU, zones A et zones N, sont autorisées : - la confortation et l'amélioration des constructions existantes avant 1982 (date d'approbation du 1er POS de la commune) ou autorisées depuis 1982, () - Dans toutes les zones AU et zones N sont autorisées : - les agrandissements d'immeubles existantes avant 1982 (date d'approbation du 1er POS de la commune) ou autorisées depuis 1982, jusqu'à concurrence de 30 % sans dépasser 40 m² maximum de la surface hors œuvre brute (SHOB) existante à la date d'approbation du présent PLU, et à condition de ne pas changer la destination initiale des locaux, ni créer de logement supplémentaire et de respecter le caractère et les proportions architecturels du bâti existant. ".

3. La notion de construction existante implique la réunion de deux conditions, une existence physique et une existence légale de cette construction. Une construction est regardée comme légale si elle a été construite, soit avant la loi du 15 juin 1943 instaurant le permis de construire, soit conformément à une législation applicable à l'époque de la construction, soit encore conformément à une autorisation délivrée depuis lors. Il appartient au pétitionnaire d'apporter la preuve de l'existence légale de sa construction, au moment où il envisage d'y réaliser des aménagements soumis à déclaration ou à autorisation.

4. Lorsqu'une construction a été édifiée sans autorisation en méconnaissance des prescriptions légales alors applicables, il appartient au propriétaire qui envisage d'y faire de nouveaux travaux de présenter une demande d'autorisation d'urbanisme portant sur l'ensemble du bâtiment. Dans l'hypothèse où l'autorité administrative est saisie d'une demande qui ne satisfait pas à cette exigence, elle doit inviter son auteur à présenter une demande portant sur l'ensemble des éléments devant être soumis à son autorisation. Cette invitation, qui a pour seul objet d'informer le pétitionnaire de la procédure à suivre s'il entend poursuivre son projet, n'a pas à précéder le refus que l'administration doit opposer à une demande portant sur les seuls nouveaux travaux envisagés.

5. Il ressort des pièces du dossier que la maison d'habitation existante située en zone naturelle a été édifiée en dehors de toute autorisation d'urbanisme de la commune. Il ressort de la notice descriptive que la demande de permis de construire déposée le 17 septembre 2020 portait uniquement sur la réfection de la toiture, l'isolation thermique de la construction et son extension pour une surface de 19,5 m² alors que le pétitionnaire était tenu de déposer une demande portant sur l'ensemble de la construction existante. A cet égard, les auteurs du plan local d'urbanisme n'ont pas entendu, en mentionnant que " ne peut être considéré comme construction existante qu'un bâtiment répertorié au cadastre possédant encore sa toiture d'origine ", permettre de déroger à l'obligation pour le pétitionnaire d'apporter la preuve de l'existence légale de sa construction, mais simplement préciser les critères permettant d'apprécier son existence physique. Dans ces conditions, et nonobstant la circonstance que la maison existante serait répertoriée sur un plan cadastral de 1981 conformément à la notion de " construction existante " définie par l'article 4 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme, le maire de Clermont-l'Hérault était tenu de refuser la délivrance du permis sollicité. En raison de la situation de compétence liée dans laquelle se trouvait le maire, les moyens de la requête présentés à l'appui des conclusions à fin d'annulation de l'arrêté attaqué ne peuvent qu'être écartés comme inopérants.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. et Mme A, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par conséquent, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

7. En application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à la charge respective de chacune des parties les frais qu'elles ont pu exposer et qui ne sont pas compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Clermont-l'Hérault au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, premier dénommé, et à la commune de Clermont-l'Hérault.

Délibéré après l'audience du 13 avril 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Lison Rigaud, présidente,

Mme Isabelle Pastor, première conseillère,

M. François Goursaud, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mail 2023.

Le rapporteur,

F. Goursaud

La présidente,

L. Rigaud

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

M. B00

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