mardi 18 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2101462 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SUMMERFIELD GABRIELLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 mars 2021, M. D C, représenté par Me Summerfield, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision de refus de regroupement familial sur place en date du 13 novembre 2020 ;
2°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de transmettre à l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) la demande d'introduction en appliquant les critères de l'article L. 411-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à payer à son avocate en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit, le préfet s'étant cru à tort en situation de compétence liée sans examiner si sa décision était susceptible de méconnaître l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme combiné avec l'article 14 ;
- sa situation doit être assimilée à celle d'un handicapé quant à son impossibilité de travailler ;
- l'article L. 411-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit une dérogation concernant le montant des ressources pour les personnes de plus de 65 ans résidant en France depuis au moins 25 ans et justifiant d'une durée de mariage d'au moins 10 ans, ce qui est son cas ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des articles 8 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 avril 2021, le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés ;
- le requérant étant polygame, il ne peut bénéficier du regroupement familial pour sa seconde épouse.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 février 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Doumergue, rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, de nationalité algérienne né le 7 février 1949, résidant en France sous couvert de carte de résident, est marié depuis le 22 août 2008 avec Mme A B également de nationalité algérienne. M. C a présenté une demande de regroupement familial au profit de son épouse le 26 juin 2020. Le préfet des Pyrénées-Orientales a rejeté la demande de M. C par une décision du 13 novembre 2020. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler la décision du préfet des Pyrénées-Orientales du 13 novembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 4 de l'accord du 27 décembre 1968 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles : " Peut être exclu de regroupement familial : () 2. Un membre de la famille séjournant à un autre titre ou irrégulièrement sur le territoire français. () ". Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'il se prononce sur une demande de regroupement familial, le préfet est en droit de rejeter la demande dans le cas où l'intéressé ne justifierait pas remplir l'une ou l'autre des conditions légalement requises notamment, comme en l'espèce, en cas de présence anticipée sur le territoire français du membre de la famille bénéficiaire de la demande. Il dispose toutefois d'un pouvoir d'appréciation et n'est pas tenu par les dispositions précitées, notamment dans le cas où il est porté une atteinte excessive au droit du demandeur de mener une vie familiale normale.
3. Il ressort des termes de la décision attaquée que, pour refuser à M. C le bénéfice du regroupement familial au profit de son épouse, le préfet des Pyrénées-Orientales s'est fondé, après un " examen de son dossier ", sur la circonstance que son épouse était en situation irrégulière sur le territoire français depuis le 21 juin 2015. Une telle rédaction, alors que la présence de la femme de M. C sur le territoire français constitue légalement un motif de rejet d'une demande de regroupement familial, ne fait pas apparaître une situation de compétence liée caractérisée par une absence d'examen de la demande.
4. La décision attaquée n'étant pas motivée par l'insuffisance des ressources de M. C mais par la présence irrégulière de son épouse sur le territoire français, le moyen tiré de ce qu'en application de l'article L. 411-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les demandeurs de plus de 65 ans résidant en France depuis au moins 25 ans et justifiant d'une durée de mariage d'au moins 10 ans n'ont pas à justifier de ressources suffisantes est inopérant et doit être écarté.
5. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme en raison de la discrimination existant envers les retraités qui ne peuvent obtenir des ressources supplémentaires est inopérant et doit être écarté.
6. Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. 1l ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. Il ressort des pièces du dossier que M. C est en situation régulière sur le territoire français où il vit depuis les années 1970 et où il dispose d'un logement et perçoit une pension de retraite. Si le mariage de M. C avec Mme B est ancien à la date de la décision, il ressort cependant des pièces du dossier que les enfants et la première épouse de M. C, dont il ne serait pas divorcé comme le soutient le préfet sans que cela soit contredit, résident sur le territoire français. Dans ces conditions, malgré l'avis médical mentionnant que M. C a besoin de la présence de son épouse à ses côtés sans autre précision, la décision en litige n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant une atteinte disproportionnée eu égard au motif du refus. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit donc être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. C tendant à l'annulation de la décision du 13 novembre 2020 par laquelle le préfet des Pyrénées-Orientales a rejeté sa demande de regroupement familial doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation des décisions contestées, n'implique pas que la demande de regroupement familial soit transmise à l'office français de l'immigration et de l'intégration. Par suite, les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet des Pyrénées-Orientales de prendre une telle mesure doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. C la somme qu'il réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, au préfet des Pyrénées Orientales et à Me Summerfield.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Jérôme Charvin, président,
M. Louis-Noël Lafay, premier conseiller,
Mme Camille Doumergue, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2022.
La rapporteure,
C. Doumergue
Le président,
J. Charvin
La greffière,
L. Salsmann
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 18 octobre 202La greffière,
L. Salsmann
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026