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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2101557

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2101557

lundi 3 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2101557
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantLENOIR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 mars 2021 et 12 mai 2021, M. B A, représenté par Me Lenoir, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision 14 août 2020 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Montpellier n'a pas renouvelé son contrat à durée déterminée ;

2°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Montpellier à réparer les préjudices résultant de l'illégalité de la décision du 14 août 2020, en lui versant les sommes de :

- 15 000 euros en réparation du préjudice moral ;

- 15 000 euros en réparation des troubles dans les conditions d'existence ;

- 4 200 euros en réparation de la perte de revenus ;

Lesdites sommes étant assorties des intérêts légaux de retard à compter du 12 janvier 2021 ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Montpellier une somme de 2 000 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative, 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision du 14 août 2021 de non renouvellement de son contrat est illégale ;

- elle a été prise sans entretien préalable prévu par les dispositions de l'article 41 du décret n° 91-155 du 6 janvier 1991 ;

- les deux derniers entretiens professionnels des 7 mai et 28 juillet 2020 ne lui ont pas été communiqués avant la décision, alors qu'ils contiennent des éléments manifestement erronés ;

- elle n'est pas valablement justifiée par l'intérêt du service ou l'insuffisance professionnelle ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- l'illégalité de la décision engage la responsabilité fautive du centre hospitalier universitaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mars 2021, le centre hospitalier universitaire de Montpellier, représenté par son directeur général, conclut au rejet de la requête et à ce que M. A lui verse une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les conclusions en annulation de la décision du 14 août 2021 sont irrecevables pour être tardives ;

- la décision du 14 août 2021 n'est entachée d'aucune illégalité fautive.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 23 février 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n°86-633 du 9 janvier 1986 ;

- le décret n° 91-155 du 6 février 1991 ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pater, première conseillère ;

- les conclusions de M. Baccati, rapporteur public ;

- et les observations de Me Lenoir, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a été recruté par plusieurs contrats à durée déterminés par le centre hospitalier universitaire de Montpellier entre le 1er juillet 2017 et le 31 octobre 2020. Par décision du 14 août 2020, il a été informé du non renouvellement de son dernier contrat arrivant à échéance le 1er novembre 2020. Par un courrier du 8 janvier 2021, il a formé une demande préalable en indemnisation à laquelle l'établissement hospitalier n'a pas répondu. Par la présente requête, M. A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 14 août 2020 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Montpellier n'a pas renouvelé son dernier contrat à durée déterminée et de condamner le centre hospitalier universitaire de Montpellier à réparer les préjudices en résultant en lui versant la somme de 34 200 euros assortie des intérêts.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article 41 du décret 91-155 du 6 février 1991, " Lorsque l'agent contractuel a été recruté par un contrat à durée déterminée susceptible d'être renouvelé en application des dispositions législatives ou réglementaires qui lui sont applicables, l'autorité signataire du contrat notifie à l'intéressé son intention de renouveler ou non le contrat, (..). La notification de la décision doit être précédée d'un entretien lorsque le contrat est susceptible d'être reconduit pour une durée indéterminée ou lorsque la durée du contrat ou de l'ensemble des contrats conclus pour répondre à un besoin permanent est supérieure ou égale à trois ans. ".

3. M. A, n'alléguant ni ne justifiant avoir été recruté sous contrat à durée déterminée susceptible d'être renouvelé en application des dispositions législatives ou réglementaires qui lui sont applicables, les dispositions précitées ne s'appliquent pas à sa situation. Dès lors, le moyen tiré de ce que le centre hospitalier universitaire n'a pas procédé à un entretien préalablement à la décision litigieuse, doit être écarté pour être inopérant.

4. En deuxième lieu, alors même que la décision de ne pas renouveler cet engagement est fondée sur l'appréciation portée par l'autorité compétente sur son aptitude à exercer les fonctions auxquelles il peut être appelé et, de manière générale, sur sa manière de servir, et se trouve ainsi prise en considération de sa personne, cette décision n'est pas, sauf à revêtir le caractère d'une mesure disciplinaire, au nombre des mesures qui ne peuvent légalement intervenir sans que l'intéressé ait été mis à même de faire valoir ses observations ou de prendre connaissance de son dossier, et n'est soumise qu'aux formes et procédures expressément prévues par les lois et les règlements.

5. La décision litigieuse n'ayant pas un caractère disciplinaire et en l'absence d'obligation prévue par un texte, M. A ne saurait utilement reprocher à l'administration de ne pas, préalablement à la décision litigieuse, lui avoir communiqué les entretiens professionnels des 7 mai et 28 juillet 2020 auxquels il était absent.

6. En troisième et dernier lieu, un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie pas d'un droit au renouvellement de son contrat. Toutefois, l'administration ne peut légalement décider, au terme de son contrat, de ne pas le renouveler que pour un motif tiré de l'intérêt du service. Un tel motif s'apprécie au regard des besoins du service ou de considérations tenant à la personne de l'agent.

7. Il appartient à l'autorité administrative, lorsque l'agent soutient que la décision de renouvellement n'a pas été prise dans l'intérêt du service, d'indiquer, s'ils ne figurent pas dans la décision, les motifs pour lesquels il a été décidé de ne pas renouveler le contrat. À défaut de fournir ces motifs, la décision de non renouvellement doit alors être regardée comme ne reposant pas sur des motifs tirés de l'intérêt du service.

8. Il est soutenu en défense que la mesure litigieuse est motivée par les insuffisances professionnelles du requérant. Il ressort des pièces du dossier, en particulier des fiches d'entretien professionnel de février 2019, signées par M. A en avril 2019, que bien que son travail soit reconnu correct, des insuffisances de motivation et dans la prise d'initiatives ont été constatées dès le mois de février 2019 dans l'exécution de tâches d'accrochage, de tri du linge sale, de calandrage du linge plat, de préparation de livraisons, et de séchoirs par M. A, alors affecté depuis le 19 janvier 2019 à la blanchisserie en tant qu'agent polyvalent des secteurs linge propre et linge sale. Ces mêmes insuffisances ont été constatées en juin 2020. Dès lors, la décision de ne pas renouveler le contrat est fondée sur l'appréciation portée par l'autorité compétente sur l'aptitude professionnelle de M. A. Par suite, à supposer même, comme le soutient le requérant, qu'il n'ait jamais été convoqué par sa hiérarchie pour l'informer des manquements reprochés, ni n'ait fait l'objet d'un " rappel à l'ordre " et que des objectifs particuliers à atteindre ne lui aient pas été donnés, le motif de la décision attaquée ne repose ni sur les faits matériellement inexacts, ni sur une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, le centre hospitalier universitaire de Montpellier a pu légalement se fonder sur des considérations tenant à la personne de l'agent pour prendre, dans l'intérêt du service, la décision de non-renouvellement du contrat de M. A.

9. Il résulte de ce qui précède, que les conclusions à fin d'annulation, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, doivent être rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires :

10. Il ne résulte pas de l'instruction, compte tenu de ce qui a été dit aux points précédents, que la décision du centre hospitalier de Montpellier de ne pas renouveler le contrat à durée déterminée de M. A constituerait une décision entachée d'illégalité et revêtirait, pour cette raison, un caractère fautif. La responsabilité de l'établissement ne peut par suite être engagée. Par suite, les conclusions tendant à la condamnation du centre hospitalier universitaire de Montpellier à réparer les préjudices du requérant doivent être rejetées.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier universitaire de Montpellier, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

12. Dans les circonstances de l'espèce, il n'apparaît pas inéquitable de laisser à la charge du centre hospitalier universitaire de Montpellier les frais exposés par le requérant et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier universitaire de Montpellier présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A et au centre hospitalier universitaire de Montpellier.

Copie en sera adressée à Me Lenoir.

Délibéré après l'audience publique du 19 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Rabaté, président,

Mme Pater, première conseillère,

Mme Viallet, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2023.

La rapporteure,

B. Pater

Le président,

V. Rabaté

Le greffier,

S. Sangaré

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier le 4 juillet 2023,

Le greffier,

S. Sangaré

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N° 1901371

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N° 1901371

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