vendredi 28 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2101597 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL MAILLOT AVOCATS & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 mars 2021, M. A B, représenté par Me Manya, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er février 2021 par laquelle le président de la chambre de commerce et d'industrie de la région Occitanie a rejeté la dénonciation du solde de tout compte qu'il a présentée le 11 janvier 2021 ;
2°) d'enjoindre à la chambre de commerce et d'industrie de la région Occitanie et la chambre de commerce et d'industrie territoriale de Perpignan et des Pyrénées-Orientales de recalculer le montant de l'indemnité de licenciement ;
3°) de mettre à la charge de la chambre de commerce et d'industrie de la région Occitanie et la chambre de commerce et d'industrie territoriale de Perpignan et des Pyrénées-Orientales une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision a été signée par une autorité incompétente ;
- cette indemnité ne pouvait être réduite de moitié et méconnaît l'article D. 711-70-1 du code de commerce dès lors qu'elle repose sur des faits inexacts ;
- elle méconnaît l'autorité de la chose jugée par le conseil d'Etat ;
- elle est entachée d'un détournement de procédure.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 27 mai 2022 et 22 juin 2022, la chambre de commerce et d'industrie de la région Occitanie et la chambre de commerce et d'industrie territoriale de Perpignan et des Pyrénées-Orientales, représentées par la SELARL Maillot avocats et associés, concluent au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles font valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est dirigée contre le courrier du 1er février 2021 qui ne constitue pas une décision administrative ;
- la requête est irrecevable dès lors que le courrier du 1er février 2021 est confirmatif de la décision de licenciement du 28 juillet 2020 ;
- les autres moyens soulevés par le requérant sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de commerce ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bayada, première conseillère,
- les conclusions de Mme Moynier, rapporteure publique,
- et les observations de Me Manya représentant M. B et de Me Maillot représentant la chambre de commerce et d'industrie de la région Occitanie et la chambre de commerce et d'industrie territoriale de Perpignan et des Pyrénées-Orientales.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, directeur général de la chambre de commerce et d'industrie (CCI) territoriale de Perpignan et des Pyrénées-Orientales depuis le 29 mai 2002, a fait l'objet d'une révocation pour motif disciplinaire par une décision du 2 mai 2016. Cette décision a été annulée par un jugement du tribunal administratif de Montpellier du 5 octobre 2018 sous le n°1603468. Après avoir réintégré l'intéressé, le président de la CCI de la région Occitanie, par une nouvelle décision du 30 avril 2019, a, à nouveau, prononcé sa révocation. Par une ordonnance du 25 juillet 2019, le juge des référés du tribunal administratif de Montpellier a rejeté la demande de suspension des effets de cette sanction. Par une ordonnance du 17 février 2020, le juge des référés du Conseil d'Etat, après avoir annulé l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Montpellier, a ordonné la suspension de l'exécution de la révocation au motif que le moyen tiré de la disproportion de la sanction était de nature à faire naître un doute sérieux. Par une décision du 2 juin 2020, le président de la CCI de la région Occitanie a retiré la sanction de révocation. Par une décision du 30 avril 2020, le directeur de la CCI de la région Occitanie a prononcé le licenciement de M. B, au motif d'un comportement faisant obstacle au bon accomplissement de la tâche de directeur général et décidé de réduire de moitié l'indemnité de licenciement due à ce dernier. Le 19 novembre 2020, M. B s'est vu notifier son reçu pour solde de tout compte qu'il a dénoncé, par courrier du 11 janvier 2021. Par lettre du 1er février 2021, le président de la chambre de commerce et d'industrie d'Occitanie a rejeté cette dénonciation. Par sa requête, M. B demande au tribunal d'annuler la décision du 1er février 2021 par laquelle le président de la chambre de commerce et d'industrie de la région Occitanie et à ce qu'il lui soit enjoint de recalculer cette indemnité de licenciement qu'il estime à la somme de 227 710 euros.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. A titre liminaire, il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours gracieux, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.
3. Il ressort des pièces du dossier que, par courrier du 19 novembre 2020, le président de la CCI de la région Occitanie a notifié à M. B les documents relatifs à la fin de son contrat dont un " reçu pour solde de tout compte ", qu'il a contesté par courrier du 11 février 2021. Par une décision du 1er février 2021, le président de la CCI de la région Occitanie a rejeté cette contestation. Dès lors, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de cette décision doivent être interprétées comme étant également dirigées contre la décision du 19 novembre 2020. En outre, si le requérant soutient que la décision du 1er février 2021 a été signée par une autorité incompétente, un tel moyen, qui vise à contester un vice propre du rejet de son recours gracieux, ne peut qu'être écarté comme inopérant.
4. Aux termes de l'article D. 711-70-1 du code de commerce dans sa rédaction issue du décret n° 2019-1227 du 26 novembre 2019 relatif aux règles de gestion des directeurs généraux agents publics des établissements publics du réseau des chambres de commerce et d'industrie : " () IV. La cessation de fonctions du directeur général intervient dans les conditions suivantes : () 5° Licenciement : La dénonciation de la convention peut être prononcée par mesure unilatérale de l'employeur, sur proposition, pour le directeur général d'une chambre de commerce et d'industrie territoriale, du président de cette chambre. / Elle peut être motivée notamment :() -soit par un comportement faisant obstacle au bon accomplissement de sa tâche. // La décision de licenciement notifiée au directeur général comporte l'énoncé des motifs justifiant la mesure. / () En cas de licenciement motivé par une insuffisance professionnelle ou par un comportement faisant obstacle au bon accomplissement de sa tâche, l'indemnité de licenciement peut être réduite d'un montant qui ne dépasse la moitié de celui résultant de l'application de l'article 35-2 du statut. ".
5. En premier lieu, pour décider de son licenciement et réduire de moitié l'indemnité de licenciement devant être versée, le président de la chambre de commerce et d'industrie de la région Occitanie a relevé que le comportement de M. B était de nature à faire obstacle au bon accomplissement de sa tâche. Il résulte de l'instruction que l'intéressé a, à plusieurs reprises, refuser de suivre la stratégie décidée et arrêtée par la CCI territoriale de Perpignan et des Pyrénées-Orientales, conduisant à un blocage jusqu'au mois de décembre 2015 d'une centaine de contrats de vacation pour l'établissement de Perpignan du centre de formation des apprentis. Par ailleurs, la chambre de commerce et d'industrie établit que de nombreuses démarches administratives et financières qui incombaient au directeur général, n'ont pas été réalisées ou avec retard, et plus particulièrement fait état de la perte d'une cinquantaine de contrats de vacataires de la formation continue, de l'absence de traitement de près de six cent dossiers au centre de formalités des entreprises, ou encore l'absence de respect des délais de paiement des factures ou de réalisation de démarches administratives relatives à des transferts de véhicules auprès de la CCI de la région Occitanie. En outre, les pièces produites en défense établissent que M. B a instauré un climat social tendu durablement, tant auprès du personnel de la chambre territoriale, qu'auprès des élus et des partenaires institutionnels, en produisant plusieurs notes et courriers démontrant que M. B a refusé, dans des termes parfois accusateurs et peu affables, de confier un pouvoir hiérarchique au directeur de la pédagogie du centre de formation des apprentis de Perpignan ou de mettre en œuvre le rattachement des postes de responsables pédagogiques à l'emploi national de responsable de programme. Le président, ainsi que plusieurs élus de la CCI territoriale, ont également attesté avoir reçu des plaintes émanant du personnel de la chambre faisant état de propos discourtois, de gestes violents à leur égard et plus généralement d'une ambiance de travail dégradée. Par ailleurs, les attestations concordantes des élus de la chambre établissent que les relations qu'ils entretenaient avec M. B étaient difficiles, voire émaillés de conflits, notamment lors d'une réunion du bureau du 11 février 2016 au cours de laquelle M. B a catégoriquement refusé de mettre en œuvre une décision qui venait d'être adoptée par les élus et a invectivé plusieurs élus de la chambre territoriale. Si le requérant conteste tout comportement fautif et allègue qu'il ne disposait d'aucune autonomie en raison de la gestion qu'il qualifie d'" autocratique " du président de la CCI territoriale de Perpignan et des Pyrénées-Orientales, il ne le démontre pas et cette allégation est contredite par les pièces produites versées au débat faisant état de ce qu'il disposait d'un réel pouvoir décisionnel. En outre, le requérant ne conteste pas sérieusement que plusieurs dysfonctionnements relevés par la chambre territoriale sont directement liés à des insuffisances professionnelles ou des erreurs imputables à son propre comportement, ni l'existence de difficultés relationnelles récurrentes et croissantes qu'il entretenait au sein de la chambre territoriale avec la direction et les élus, certains agents placés sous son autorité, ou encore avec des partenaires institutionnels. Eu égard aux fonctions de direction qui lui étaient confiées, ces dysfonctionnements et difficultés étaient de nature à porter atteinte au bon fonctionnement de la chambre territoriale. Dans ces conditions, c'est sans faire une inexacte application des dispositions de l'article D. 711-70-1 du code de commerce précitée que la chambre de commerce et d'industrie de la région Occitanie a considéré que le comportement de M. B faisant obstacle au bon accomplissement de sa tâche et s'est fondé sur cette circonstance pour réduire les indemnités perçues par l'intéressé à hauteur de moitié.
6. En deuxième lieu, si le requérant fait valoir que, par une ordonnance du 17 février 2020, le juge des référés du Conseil d'Etat a ordonné la suspension de l'exécution de la révocation fondée sur les faits indiqués au point précédent, il ressort des pièces du dossier que ladite ordonnance est fondée sur le seul motif que le moyen tiré de la disproportion de la sanction par rapport aux faits reprochés était de nature à faire naître un doute sérieux et non sur le caractère non fautif desdits faits. Dès lors le directeur de la CCI de la région Occitanie pouvait en tout état de cause, sans méconnaître l'autorité de la chose décidée s'attachant à l'ordonnance précitée, se fonder sur ces mêmes faits pour prononcer le licenciement et décider de réduire les indemnités versées à l'intéressé sur le fondement du 5° du IV de l'article D. 711-70-1 précité du code de commerce.
7. En troisième lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir, par la voie de l'exception, que la décision par laquelle le président de la CCI de la région Occitanie a décidé de son licenciement et réduit les indemnités versées à hauteur de moitié est illégale.
8. En dernier lieu, le détournement de procédure allégué n'est pas établi.
9. Il découle de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 19 novembre 2020, ensemble le rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B n'appelle aucune mesure particulière d'exécution. Par suite, les conclusions qu'il présente à fin d'injonction ne pourront qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la CCI de la région Occitanie et de la CCI territoriale de Perpignan et des Pyrénées-Orientales, qui ne sont pas dans la présente instance les parties perdantes, la somme demandée par M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant la somme demandée par les défenderesses.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la chambre de commerce et d'industrie de la région Occitanie et de la chambre de commerce et d'industrie territoriale de Perpignan et des Pyrénées-Orientales au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la chambre de commerce et d'industrie de la région Occitanie et à la chambre de commerce et d'industrie territoriale de Perpignan et des Pyrénées-Orientales.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023 à laquelle siégeaient :
M. Gayrard, président,
Mme Bayada, première conseillère,
Mme Bossi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 avril 2023.
La rapporteure,
A. Bayada
Le président,
JP Gayrard
La greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 28 avril 2023.
La greffière,
B. Flaeschil
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026