mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2101660 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP D'AVOCATS VIGO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 1er avril 2021 et les 10 janvier et 27 février 2023, la société civile d'exploitation agricole (SCEA) Terra d'Estrelles, représentée par Me Vigo, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 septembre 2020 par laquelle le maire de la commune d'Argelès-sur-Mer a fait opposition à la demande préalable qu'elle présentait pour la construction d'un casot agricole sur une unité foncière composée des parcelles cadastrées AI n°198 et AI n°134, ainsi que le refus implicite opposé à son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune d'Argelès-sur-Mer de procéder à une nouvelle instruction et de lui délivrer une décision de non-opposition dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Argelès-sur-Mer la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision contestée est entachée d'un vice de procédure dès lors que le préfet des Pyrénées-Orientales n'a pas été saisi, au préalable, par le maire de la commune d'Argelès-sur-Mer en méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-10 du code de l'urbanisme ;
- le motif tiré de ce que le projet de construction ne respecte pas l'article A-2 du règlement du plan local d'urbanisme est entaché d'erreur de droit dès lors que ce règlement est devenu illégal du fait même de l'entrée en vigueur de la loi du 23 novembre 2018 dite loi ELAN ;
- le motif tiré de ce que le projet n'a pas recueilli l'accord du préfet est également entaché d'illégalité dès lors qu'aucune transmission du projet au préfet n'a été effectuée ;
- le motif tiré de ce que le projet méconnaît les dispositions des articles 1.3 et 2.6 du plan de prévention des risques naturels prévisibles applicable à la commune est entaché d'erreur de droit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2021, la commune d'Argelès-sur-Mer conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le décret n° 2014-1299 du 23 octobre 2014 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Teuly-Desportes ;
- les conclusions de M. Lafay, rapporteur public ;
- et les observations de Me Vigo, représentant la SCEA Terra d'Estrelles.
Considérant ce qui suit :
1. Par un dossier, déposé le 9 mars 2020 et complété le 2 juin suivant, la société civile d'exploitation agricole (SCEA) Terra d'Estrelles, qui exploite une ferme biodynamique, a présenté une déclaration préalable en vue de la construction d'un casot agricole dédié au rangement du matériel sur une unité foncière composée des parcelles cadastrées AI n°198 et AI n°134. Par une décision du 28 septembre 2020, le maire de la commune d'Argelès-sur-Mer s'est opposé à cette déclaration préalable. Le 1er décembre 2020, la SCEA Terra d'Estrelles a formé contre cette décision un recours gracieux, qui a été implicitement rejeté. Par la présente requête, la société requérante conteste ces deux décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction résultant de l'article 42 de la loi du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants. (). " Selon l'article L. 121-10 du même code, dans sa rédaction résultant de l'article 43 de la loi du 23 novembre 2018 : " Par dérogation à l'article L. 121-8, les constructions ou installations nécessaires aux activités agricoles ou forestières ou aux cultures marines peuvent être autorisées avec l'accord de l'autorité administrative compétente de l'Etat, après avis de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites et de la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers. / Ces opérations ne peuvent être autorisées qu'en dehors des espaces proches du rivage, à l'exception des constructions ou installations nécessaires aux cultures marines. / L'accord de l'autorité administrative est refusé si les constructions ou installations sont de nature à porter atteinte à l'environnement ou aux paysages. / Le changement de destination de ces constructions ou installations est interdit ".
3. En premier lieu, si la société requérante soutient que le maire de la commune d'Argelès-sur-Mer n'a pas saisi le préfet des Pyrénées-Orientales, ni les deux commissions départementales mentionnées par les dispositions précitées de l'article L. 121-10 du code de l'urbanisme, il ressort toutefois des pièces du dossier et notamment de deux courriers établis le 15 juin 2020 avec la mention du numéro de la déclaration préalable de la société d'exploitation agricole requérante, que le représentant de l'Etat et ces deux commissions ont régulièrement été saisis respectivement, pour accord et avis, de la demande de dérogation aux dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme déposée par la SCEA Terra d'Estrelles. En outre, le représentant de l'Etat, en réponse à une demande du tribunal, a confirmé que les saisines préalables avaient été effectuées. Par suite, le vice de procédure ainsi soulevé doit être écarté.
4. En deuxième lieu, pour s'opposer à la déclaration préalable, le maire de la commune d'Argelès-sur-Mer s'est fondé sur les circonstances, en premier lieu, que l'article A-2 du règlement du plan local d'urbanisme autorise seulement les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole si elles sont incompatibles avec le voisinage des zones habitées, en deuxième lieu, que le projet, qui entre dans les dérogations à l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, n'a pas recueilli l'accord du préfet et, en dernier lieu, que le projet méconnaît les articles 1. 3 et 2. 6 du règlement du plan de prévention des risques naturels prévisibles qui interdisent les garages et abris divers autres que ceux liés, constituant un complément fonctionnel et, si possible contigu, à un bâtiment existant et non ruiné et n'autorisent, dans le cadre des exploitations agricoles et pour le maraîchage, que les serres en plastique.
5. La commune d'Argelès-sur-Mer est une commune littorale au sens de l'article L. 321-2 du code de l'urbanisme, soumise aux disposition spéciales codifiées aux articles L. 121-1 à L. 121-51 du code de l'urbanisme. Aux termes de l'article L. 422-4 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour statuer sur les demandes de permis ou sur les déclarations préalables recueille l'accord ou l'avis des autorités ou commissions compétentes, notamment dans les cas prévus au chapitre V du titre II du présent livre ". Aux termes de l'article R. 423-50 du même code : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur ". En outre, l'article 1er du décret susvisé du 23 octobre 2014 relatif aux exceptions à l'application du principe " silence vaut acceptation ", pris en application de l'article L. 231-6 du code des relations entre le public et l'administration, prévoit que le silence gardé par l'administration vaut décision de rejet à l'issue d'un délai de trois mois pour les demandes de dérogation à l'article L. 146-4 du code de l'urbanisme, désormais prévues à l'article L. 121-10 du code de l'urbanisme.
6. Le projet de la SCEA Terra d'Estrelles doit être regardé comme un projet de construction lié à une activité agricole, qui entrait donc dans le champ d'application de la dérogation prévue par l'article L. 121-10 du code de l'urbanisme et était soumis à l'accord préalable du préfet, lequel a refusé implicitement de le donner, le 15 septembre 2020. Il est constant qu'à l'issue du délai de trois mois, le préfet des Pyrénées-Orientales, qui n'avait pris aucune décision, devait être regardé comme n'ayant donné aucun accord mais ayant, au contraire, refusé implicitement de le donner au sens de l'article L. 231-6 du code des relations entre le public et l'administration. Dans ces conditions, le maire de la commune d'Argelès-sur-Mer, faute d'accord du représentant de l'Etat, était tenu de faire opposition à la déclaration préalable présentée par la société d'exploitation agricole requérante. Il suit de là que les moyens tirés de ce que le maire de la commune, en appliquant les dispositions l'article A-2 du règlement du plan local d'urbanisme devenues illégales du seul fait de l'entrée en vigueur de la loi du 23 novembre 2018, aurait commis une erreur de droit, de ce que, faute d'avoir procédé à la saisine de l'autorité préfectorale, il ne pouvait légalement opposer le motif tiré de l'absence d'accord de cette dernière et de ce qu'il a estimé à tort que le projet méconnaissait les dispositions des articles 1.3 et 2.6 du plan de prévention des risques naturels prévisibles, sont inopérants et ne peuvent qu'être écartés.
7. Il résulte de ce qui précède que la SCEA Terra d'Estrelles, qui n'invoque pas, par la voie de l'exception, l'illégalité du désaccord implicite du préfet des Pyrénées-Orientales, n'est pas fondée à solliciter l'annulation de la décision du 28 septembre 2020 par laquelle le maire de la commune d'Argelès-sur-Mer a fait opposition à sa déclaration préalable portant sur la construction d'un abri agricole.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par l'entreprise agricole requérante, n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction que cette dernière présente doivent, par suite, être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Argelès-sur-Mer, qui n'est pas, pas dans la présente instance, la partie perdante, la somme demandée par la SCEA Terra d'Estrelles, au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCEA Terra d'Estrelles est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société civile d'exploitation agricole Terra d'Estrelles, au préfet des Pyrénées-Orientales et à la commune d'Argelès-sur-Mer.
Délibéré à l'issue de l'audience du 14 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Encontre, présidente,
Mme Teuly-Desportes, première conseillère.
M. Rousseau, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.
La rapporteure,
D. Teuly-DesportesLa présidente,
S. EncontreLa greffière,
C. Arce
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Montpellier, le 28 mars 2023,
La greffière,
C. Arce
No 2101660dl
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026