jeudi 3 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2101689 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SCP VIAL-PECH DE LACLAUSE-ESCALE-KNOEPFFLER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 avril 2021, M. E A B, représenté par
Me Chninif, demande au tribunal :
1°) à titre principal d'annuler la décision du 2 février 2021 par laquelle le préfet des Pyrénées-Orientales a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de lui délivrer un visa de retour et un titre de séjour valable un an sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) subsidiairement, d'ordonner le réexamen de sa demande de titre de séjour, notamment sur le fondement de l'article L. 313-11 2° bis du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable car il a intérêt à agir et a agi dans les délais de recours ;
- la décision a été signée par une autorité incompétente ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 313-11 2° bis en refusant de lui délivrer un titre de séjour au vu de sa situation personnelle et parce qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public ;
- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation eu égard à son intégration sur le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juin 2022, le préfet des Pyrénées-Orientales, représenté par la SCP Vial Pech de Laclause Escale Knoefffler Huot Piret Joubes, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A B une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A B ne sont pas fondés.
Vu :
- le jugement n° 2100440 du tribunal administratif de Montpellier du 10 février 2021 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lesimple, première conseillère,
- et les observations de Me Agier, représentant le préfet des Pyrénées-Orientales.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, né le 24 décembre 1999 et de nationalité marocaine, entré mineur sur le territoire français au plus tard le 29 avril 2016, a obtenu une carte de séjour temporaire valable du 5 janvier 2018 au 4 janvier 2019, renouvelée une fois, en qualité d'employé. Alors qu'il était détenu au centre pénitentiaire de Perpignan, le préfet des Pyrénées-Orientales, par un arrêté du 14 janvier 2021, notifié le lendemain, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par un jugement n° 2100440 du 10 février 2021, le tribunal a rejeté son recours à l'encontre de cet arrêté. Par un second arrêté du 2 février 2021, le préfet des Pyrénées-Orientales a refusé de délivrer à M. A B le titre de séjour que ce dernier a sollicité le 15 janvier 2021. Par la présente requête M. A B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté du 28 décembre 2020, régulièrement publié au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture, accessible tant au juge qu'au public sur le site internet de la préfecture, le préfet des Pyrénées-Orientales a accordé à M. D C, directeur de la citoyenneté et de la migration de la préfecture des Pyrénées-Orientales, une délégation à l'effet de signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figurent les décisions relatives au droit au séjour des ressortissants étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, il ressort de la décision attaquée que le préfet a précisé les considérations de droit et de faits sur lesquelles elle se fonde permettant au requérant d'utilement les contester. La motivation n'est pas stéréotypée contrairement à ce que fait valoir le requérant et il est notamment fait état de la situation personnelle de M. A B et de ses conditions de séjour sur le territoire. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision manque en fait et doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 313-11 2° bis du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () 2° bis A l'étranger dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou entrant dans les prévisions de l'article L. 311-3, qui a été confié, depuis qu'il a atteint au plus l'âge de seize ans, au service de l'aide sociale à l'enfance et sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation, de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 313-2 n'est pas exigée () ". Les dispositions de l'article L. 311-3 du même code sont relatives aux demandes émanant d'étrangers âgés de seize à dix-huit ans déclarant vouloir exercer une activité professionnelle.
5. En l'espèce, la demande de titre de séjour de M. A B n'a pas été déposée dans l'année suivant son dix-huitième anniversaire. Par ailleurs, le requérant n'allègue pas suivre une formation. Il ressort des pièces du dossier, d'une part, que, par ordonnance du 15 décembre 2016, il a été placé sous contrôle judiciaire après des faits de " menaces de crime ou délit contre les personnes ou les biens à l'encontre d'un chargé de mission de service public " et " violence avec usage ou menace d'une arme sans incapacité ". D'autre part, par jugement du 4 mars 2020, il a été condamné à une peine d'emprisonnement délictuel d'un an pour des faits de vol aggravé par deux circonstances et vol en réunion. En outre, il avait fait l'objet d'une première condamnation, pour des faits d'usage illicite de stupéfiants à une peine d'emprisonnement de trois mois par jugement du tribunal correctionnel de Perpignan du 12 avril 2019, et d'une deuxième condamnation, pour des faits de " violence aggravée par deux circonstances suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours " par un jugement du tribunal correctionnel de Perpignan du 24 avril 2019, à une peine d'emprisonnement de trois mois avec sursis, lequel a été révoqué par jugement du 12 mars 2020. Dans ces conditions, c'est sans méconnaître les dispositions précitées que le préfet a pu estimer que M. A B constitue une menace à l'ordre public et qu'il ne remplit pas les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. M. A B, qui soutient être entré en France en mars 2015, n'apporte aucun élément de nature à établir une présence en France avant la décision de placement provisoire à l'aide sociale à l'enfance du 29 avril 2016, à laquelle il a d'ailleurs été mis fin rapidement au regard du refus de tout accompagnement et de toutes contraintes éducatives de l'intéressé. De la même manière, s'il affirme avoir quitté le Maroc dès l'âge de dix ans vers l'Espagne, il n'apporte aucun élément au soutien de son allégation. En outre, célibataire et sans enfant, il ne conteste pas que l'ensemble de sa famille réside au Maroc. Enfin, alors qu'il a déjà fait l'objet de plusieurs condamnations pénales, il n'apporte aucun élément tendant à justifier d'une intégration familiale, sociale ou professionnelle sur le territoire français. Dans ces conditions, en prenant la décision contestée, le préfet n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard du but poursuivi par la décision de refus de séjour. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et, pour les mêmes motifs, celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle doivent être écartés.
8. Il résulte des éléments précités que les conclusions de M. A B tendant à l'annulation de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte du requérant doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. A B au titre des frais exposés par lui en défense et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de
M. A B la somme demandée par le préfet des Pyrénées-Orientales sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le préfet des Pyrénées-Orientales sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E A B et au préfet des Pyrénées-Orientales.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2022.
La rapporteure,
A. Lesimple Le président,
E. Souteyrand
La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 3 novembre 2022.
La greffière,
M-A. Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026