vendredi 24 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2101815 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SEP D'AVOCATS ARMANDET - LE TARGAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 mars 2021, Mme A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision de son supérieur hiérarchique du 4 juin 2020 portant suppression de quatre jours et demi de RTT, ensemble la décision implicite portant rejet de son recours gracieux exercé le 12 juin 2020 ;
2°) d'enjoindre à l'administration de rétablir ses droits à congés au titre de l'année 2020 avec report à l'année ultérieure, si besoin ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire enregistré le 16 février 2022, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable pour tardiveté ; les conclusions à fin d'injonction sont irrecevables ;
- les moyens soulevés par la requête sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 2020-290 du 23 mars 2020 ;
- l'ordonnance n° 2020-430 du 15 avril 2020 relative à la prise de jours de réduction du temps de travail ou de congés dans la fonction publique de l'Etat et la fonction publique territoriale au titre de la période d'urgence sanitaire ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gayrard, président-rapporteur,
- et les conclusions de Mme Moynier, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, contrôleuse des finances publiques au pôle de recouvrement spécialisé, soutient s'être vu prélever à tort le 4 juin 2020 des jours de congés ou de RTT en application de l'ordonnance n° 2020-430 du 15 avril 2020 relative à la prise de jours de réduction du temps de travail ou de congés dans la fonction publique de l'Etat et la fonction publique territoriale au titre de la période d'urgence sanitaire. Son recours gracieux exercé le 12 juin 2020 auprès de son chef de service a été implicitement rejeté. Par sa requête enregistrée le 9 mars 2021, elle demande l'annulation de la décision du 4 juin 2020, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. L'émergence d'un nouveau coronavirus dit Covid-19, particulièrement contagieux, et sa propagation sur le territoire français à compter du début de l'année 2020 ont conduit les pouvoirs publics à prendre diverses mesures de lutte contre l'épidémie. Par un décret du 16 mars 2020 motivé par les circonstances exceptionnelles découlant de l'épidémie de covid-19, le Premier ministre a interdit, à compter du lendemain midi, le déplacement de toute personne hors de son domicile, sous réserve d'exceptions limitativement énumérées et devant être dûment justifiées. Dans le même temps, l'activité de nombreuses administrations a été réduite aux missions les plus essentielles dans le cadre de la mise en œuvre de plans de continuité d'activité, les agents dont la présence sur leur lieu de travail n'était pas nécessaire à cette fin étant invités à télétravailler ou, en cas d'impossibilité, placés en autorisation spéciale d'absence. Par l'article 4 de la loi du 23 mars 2020 d'urgence pour faire face à l'épidémie de covid-19, a été déclaré l'état d'urgence sanitaire pour une durée de deux mois sur l'ensemble du territoire national. L'article 11 de la même loi a autorisé le Gouvernement, pendant trois mois, à prendre par ordonnances, dans les conditions prévues à l'article 38 de la Constitution, diverses mesures relevant du domaine de la loi afin de faire face aux conséquences de l'épidémie et notamment de permettre à tout employeur, dont l'Etat, " d'imposer ou de modifier unilatéralement les dates des jours de réduction du temps de travail () en dérogeant aux délais de prévenance et aux modalités d'utilisation définis () par le statut général de la fonction publique ".
3. Aux termes de l'article 1er de l'ordonnance du 15 avril 2020 relative à la prise de jours de réduction du temps de travail ou de congés dans la fonction publique de l'Etat et la fonction publique territoriale au titre de la période d'urgence sanitaire : " Les fonctionnaires et agents contractuels de droit public de la fonction publique de l'Etat, les personnels ouvriers de l'Etat ainsi que les magistrats de l'ordre judiciaire en autorisation spéciale d'absence entre le 16 mars 2020 et le terme de l'état d'urgence sanitaire déclaré par la loi du 23 mars 2020 susvisée ou, si elle est antérieure, la date de reprise par l'agent de son service dans des conditions normales, prennent dix jours de réduction du temps de travail ou de congés annuels au cours de cette période, dans les conditions suivantes : / 1° Cinq jours de réduction du temps de travail entre le 16 mars 2020 et le 16 avril 2020 ; / 2° Cinq autres jours de réduction du temps de travail ou de congés annuels entre le 17 avril 2020 et le terme de la période définie au premier alinéa. / () / Le chef de service précise les dates des jours de réduction du temps de travail ou de congés annuels à prendre après le 17 avril en respectant un délai de prévenance d'au moins un jour franc. / () ".
4. En premier lieu, contrairement à ce que soutient la requérante, les dispositions citées au point précédent habilitent directement tout chef de service d'une administration de l'Etat pour fixer les dates de jour de réduction du temps de travail à prendre et ne réserve nullement cette prérogative au ministre chargé des finances publiques ou au directeur général des finances publiques. De même, la mise en place d'autorisations spéciales d'absence pour les agents publics non sollicités à se rendre sur leur lieu de travail habituel a été décidée par le Premier Ministre le 15 mars 2020 et relève de son pouvoir d'organisation du service en l'absence de disposition législative ou réglementaire.
5. En deuxième lieu, en citant deux exposés d'amendement devant le Sénat et l'Assemblée nationale, la requérante peut être regardée comme invoquant par la voie de l'exception, l'illégalité de l'ordonnance n° 2020-430 du 15 avril 2020, dans ses dispositions règlementaires, au regard de la loi du 23 mars 2020. Toutefois, contrairement à ce qu'elle soutient, l'ordonnance n° 2020-430 du 15 avril 2020 ne modifie pas le nombre de jours de réduction du temps de travail et de congés annuels auxquels ont droit les agents concernés mais se borne, durant l'état d'urgence sanitaire, à leur imposer de prendre un congé au cours de la période, pendant laquelle ils sont rémunérés malgré l'absence de service fait, et à permettre au chef de service, pour tenir compte des nécessités de service, de leur imposer de prendre un congé au cours de la période pendant laquelle ils sont en autorisation spéciale d'absence, conformément aux termes de la loi du 23 mars 2020 vu au point 2.
6. En troisième lieu, la requérante ne peut utilement faire valoir qu'elle n'a fait aucune demande de prise de jours ARTT dès lors qu'il découle des dispositions citées au point 3 de l'ordonnance du 15 avril 2020 que le chef de service impose la prise de tels congés. Au vu des pièces du dossier, il n'est pas sérieusement contestable que l'intéressée a été déchargée de ses obligations de service au cours de l'ensemble de la période considérée tout en continuant à percevoir sa rémunération, et comme bénéficiant d'une autorisation spéciale d'absence dans laquelle il a été placé en raison de l'épidémie, quand bien même l'administration ne justifie pas avoir pris un acte formel portant autorisation d'absence et précisant le terme de l'absence autorisée, au demeurant indiqué dans un courriel du directeur général des finances publiques du 17 mars 2010.
7. En quatrième lieu, la circonstance que la requérante ait été contrainte de rester à son domicile à la demande de son supérieur hiérarchique tout en restant éventuellement mobilisable et se soit vue proposer des formations à distance, sans toutefois justifier les avoir suivis, ne conduit pas à considérer que les jours de congés pris au cours de cette période n'étaient pas des jours consacrés au repos, à la détente et aux loisirs.
8. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier qu'en application de ces dispositions, le supérieur hiérarchique de Mme B lui a prélevé quatre jours et demi d'ARTT sur la seule période du 16 mars au 16 avril 2020. Or il résulte des dispositions citées au point 2 que le supérieur hiérarchique de Mme B pouvait retenir de façon rétroactive jusqu'à cinq jours de réduction du temps de travail pour cet agent en autorisation spéciale d'absence entre le 16 mars 2020 et le 16 avril 2020, sans nécessité de respecter de délai de prévenance.
9. Il découle de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision de son supérieur hiérarchique du 4 juin 2020, ensemble la décision tacite portant rejet de son recours gracieux, doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. La présente décision, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de Mme B n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a ainsi lieu de rejeter les conclusions à fin d'injonction de la requête sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par le ministre en défense.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font en tout état de cause obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme de 1 500 euros demandée par Mme B au titre des frais exposés par elle et non compris dans ses dépens. De telles conclusions doivent, par suite, être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 3 février 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Gayrard, président,
- Mme Bayada, première conseillère,
- Mme Bossi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 février 2023.
Le président rapporteur,
JP. Gayrard
L'assesseure la plus ancienne,
A. Bayada
La greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 24 février 2023
La greffière,
B. Flaesch
N°2101815
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026