jeudi 17 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2101830 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | TRAIAI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 avril 2021 et le 28 octobre 2022, M. B A, représenté par Me Traiai, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet des Pyrénées-Orientales a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- le préfet a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que l'article 3 de la convention de New-York relative aux droits de l'enfant et les articles L. 313-11 6° et 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au regard de sa situation personnelle et familiale ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation vu l'atteinte portée au respect de sa vie privée et familiale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 avril 2021, le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Lesimple, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant marocain né en 1987, est entré sur le territoire français en octobre 2015 muni d'un visa valable jusqu'au 6 octobre 2016. Par arrêté du 13 juillet 2017 le préfet des Pyrénées-Orientales a refusé de lui délivrer un titre de séjour et a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français. Par arrêté du 25 septembre 2019, l'intéressé a fait l'objet d'une nouvelle obligation de quitter le territoire français assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par jugement du 1er octobre 2019, cet arrêté a été annulé en tant qu'il fixe à deux ans la durée d'interdiction de retour sur le territoire. Par courriels du 2 et 11 décembre 2020, M. A a fait état de son intention de solliciter un titre de séjour au titre de sa vie privée et familiale. Par la présente requête, il conteste le silence gardé par le préfet des Pyrénées-Orientales valant décision implicite de refus.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision :
2. En premier lieu, en vertu des articles R. 311-12 et R. 311-12-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers dans leur version alors en vigueur, le silence gardé par l'administration sur les demandes de titres de séjour, au-delà d'un délai de quatre mois, vaut décision implicite de rejet. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".
3. M. A ne soutient ni n'établit avoir sollicité l'administration en vue de connaître les motifs de la décision qui lui a été opposée. Dès lors, la seule circonstance que la décision en litige soit implicite ne suffit pas à établir qu'elle serait insuffisamment motivée. Le moyen tiré du défaut de motivation doit donc être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Par ailleurs, l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant stipule que : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Enfin, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version alors en vigueur : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () 6° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à la condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée () 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République () ".
5. D'une part, si le requérant se prévaut des dispositions précitées du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ne conteste pas que son enfant né le 19 novembre 2019 est de nationalité marocaine dans la mesure où la mère de ce dernier est elle-même de nationalité marocaine. Dès lors le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
6. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que M. A s'est marié religieusement le 9 novembre 2018 à la mère de son enfant, ressortissante marocaine qui séjourne régulièrement en France sous couvert d'un titre de séjour pluriannuel. Toutefois, les adresses des époux sur cet acte sont distinctes l'une de l'autre et M. A a versé aux débats plusieurs ordres de virement effectués entre novembre 2019 et septembre 2020 à destination de sa compagne et mentionnant, de nouveau, des adresses distinctes. Dans ces conditions, les attestations non circonstanciées produites par M. A faisant parfois état de l'existence d'une vie familiale, ne permettent pas d'établir que l'intéressé vivrait en concubinage avec son épouse auprès de son enfant. Egalement, si certaines de ces attestations font état d'une " connaissance " du requérant depuis plusieurs années, elles ne permettent pas d'établir l'ancienneté du séjour en France de l'intéressé alors que ce dernier déclare s'être installé en Espagne au cours de l'année 2018. Enfin, si le requérant produit une promesse d'embauche ainsi qu'un formulaire de demande de nationalité française au bénéfice du fils de son épouse, de nationalité marocaine, ces éléments, postérieurs à la décision en litige ne permettent pas, en tout état de cause, d'établir que le centre des intérêts privés et familiaux de l'intéressé serait en France. Dans ces conditions, c'est sans méconnaître les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet a pris la décision en litige.
7. Enfin, à supposer que M. A entretienne des relations avec celle qu'il présente comme son épouse ou avec son fils, rien ne s'oppose, dans les circonstances de l'espèce, à ce que la cellule familiale puisse se reconstituer au Maroc. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme doit être écarté.
8. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux-ci-dessus développés, le moyen tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle et familiale de M. A doit être écarté.
9. Il résulte des éléments précités que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte du requérant doivent également être rejetées ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Pyrénées-Orientales.
Délibéré après l'audience du 3 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Denis Besle, président,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2022.
La rapporteure,
A. Lesimple Le président,
D. Besle
La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 17 novembre 2022.
La greffière,
M-A. Barthélémy
mc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026