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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2101845

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2101845

jeudi 24 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2101845
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLAILLET LAURENT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 avril 2021, Mme A B, représentée par Me Laillet, demande au tribunal :

1°) d'annuler l' arrêté du 12 octobre 2020 par lequel la directrice du centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière l'a reclassée, et par voie de conséquence, le courrier de reclassement du 25 novembre 2020 du centre hospitalier de Perpignan ;

2°) d'enjoindre au centre national de gestion de la reclasser et de reconstituer sa carrière, dans un délai d'un mois et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge du centre national de gestion une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la directrice du centre de gestion était incompétente pour prendre l'arrêté attaqué ;

- les décisions attaquées sont fondées sur le décret n° 2020-1182 du 28 septembre 2020, qui méconnait le principe d'égalité de traitement dans la fonction publique, la non-discrimination prévue par l'article 1er de la loi n° 2008-496 du 27 mai 2008, et le principe de confiance légitime ;

- elle subit une sanction disciplinaire, un abaissement d'échelon prévu par l'article 81 de la loi n° 86-3 3 du 9 janvier 1986.

Vu les autres pièces du dossier.

- Vu :

- le code de la santé publique ;

- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 ;

- la loi n°2008-496 du 27 mai 2008 ;

- le décret n°2020-1182 du 28 septembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formations de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 6° Statuer sur les requêtes relevant d'une série, qui, sans appeler de nouvelle appréciation ou qualification de faits, présentent à juger en droit, pour la juridiction saisie, des questions identiques à celles déjà tranchées ensemble par une même décision du Conseil d'Etat statuant au contentieux 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé".

2. Mme B, praticien hospitalier, demande l'annulation de l'arrêté du 12 octobre 2020 par lequel la directrice du centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière l'a reclassée, et du courrier de reclassement du 25 novembre 2020 du centre hospitalier de Perpignan, et argue de l'illégalité du décret n° 2020-1182 du 28 septembre 2020, fondement légal de l'arrêté.

3. Si la requérante argue aussi de l'incompétence de la directrice du centre national de gestion pour prendre l'arrêté de reclassement, il ressort des articles R. 6152-8 à R. 6152-21 alors applicables du code de la santé publique que cette dernière était compétente pour nommer et reclasser les praticiens hospitaliers. Par suite, ce moyen de légalité externe est manifestement infondé.

4. Par ailleurs, la requête, qui relève d'une série, présente à juger, sans appeler une nouvelle appréciation ou qualification des faits, des questions identiques en droit à celles qu'a tranchées le Conseil d'Etat par sa décision n° 445031, 446862, 446939, 447078, et 450650 rendue au contentieux le 28 octobre 2022. Il peut, par suite, y être statué par ordonnance, en reprenant les motifs de cette décision.

5. Le décret n° 2020-1182 modifie la grille des émoluments des praticiens hospitaliers à temps plein et à temps partiel, en fusionnant, dans le cadre d'une revalorisation de ces émoluments, les quatre premiers échelons, d'une durée d'un an pour les deux premiers et deux ans pour les deux suivants, en un seul échelon d'une durée de deux ans. Ce décret définit également les conditions de reclassement des membres présents dans le corps, en prévoyant notamment, à son article 7, que les agents classés entre le premier et le troisième échelon sont reclassés, à compter de son entrée en vigueur, intervenue le 1er octobre 2020, au premier échelon de la nouvelle grille, sans que l'ancienneté acquise dans leur précédent échelon ne soit conservée, tandis que les praticiens classés au quatrième échelon sont reclassés à la même date au même premier échelon en conservant leur ancienneté acquise dans leur précédent échelon.

6. La requérante soutient que le décret aurait pour effet, en violation du principe d'égalité de traitement des agents appartenant à un même corps, d'entraîner une rupture du principe d'égalité et une inversion dans l'ordre d'ancienneté au détriment des agents recrutés dans ce corps avant la date d'entrée en vigueur du décret. Toutefois la différence de traitement, résultant de la modification apportée par le décret attaqué aux règles applicables au corps des praticiens hospitaliers, entre les agents qui ont été recrutés dans ce corps avant la date à laquelle est entrée en vigueur la modification statutaire et ceux qui ont été recrutés sous l'empire des nouvelles règles est inhérente à la succession dans le temps des règles applicables et n'est pas, par elle-même, contraire au principe d'égalité.

7. Eu égard aux modalités de reclassement retenues par le décret, qui placent au même niveau d'ancienneté dans l'échelon les praticiens nommés au 1er octobre 2020 et les praticiens précédemment classés entre le premier et le troisième échelon et reclassés à cette date au même premier échelon, et qui, par ailleurs, prévoient la conservation de l'ancienneté dans l'échelon des praticiens précédemment classés au quatrième échelon et au-delà, il ne résulte du décret attaqué aucune inversion illégale dans l'ordre d'ancienneté au sein du corps. La circonstance que le décret se combine avec la règle, résultant de l'article R. 6152-17 du code de la santé publique, qui prévoit que le classement dans l'emploi de praticien hospitalier des agents qui sont nommés dans le corps tient également compte, notamment, de la durée des fonctions de même nature effectuées antérieurement à leur nomination et présentant un intérêt pour le service public hospitalier, est sans incidence sur le respect du principe d'égalité entre agents d'un même corps, les fonctions ainsi prises en compte ne relevant pas d'une ancienneté dans le corps, et n'entraînant ainsi aucune inversion illégale dans l'ordre d'ancienneté au sein du corps.

8. En outre, en prévoyant pour les praticiens hospitaliers qui avaient cette qualité avant sa date d'entrée en vigueur et qui ont démissionné, l'application de règles particulières de classement en cas de retour dans le corps, qui ont pour objet d'empêcher le contournement des règles qu'il pose, le décret ne méconnaît pas davantage le principe d'égalité. Par suite, ce moyen doit être écarté.

9. Eu égard aux constats opérés aux points 4 à 8, les moyens invoqués, tirés de ce que le décret 2020-1282 méconnait la non-discrimination protégée par l'article 1er de la loi n° 2008-496 du 27 mai 2008, et que la requérante a fait l'objet d'une sanction d'abaissement d'échelon, ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien.

10. Enfin la requérante, qui n'a fait l'objet d'aucune discrimination, ne peut utilement soutenir que le décret n° 2020-1282 méconnait le principe de confiance légitime.

11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation du recours, et par voie de conséquence, celles à fin d'injonction sous astreinte, et celles relatives à l'article L. 761-1 du code de justice administrative, peuvent être rejetées par ordonnance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, et au centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière.

Copie en sera transmise au centre hospitalier de Perpignan.

Fait à Montpellier, le 24 novembre 2022.

Le président

V. Rabaté

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 24 novembre 2022.

Le greffier,

F. Balickifb

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