jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2101889 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCHNEIDER AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 avril 2021 et 13 janvier 2022, M. J et Mme E B, M. F K, M. I G, M. A et Mme C D, représentés par la SELARL Schneider avocats, agissant par Me Schneider, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 septembre 2017 par lequel le maire de la commune de Mauguio a accordé à la société Free mobile un permis de construire pour la mise en place d'un relais téléphonique sur les parcelles cadastrées section ET n° 4 et 5 situées domaine du Petit Travers sur le territoire de la commune de Carnon ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Mauguio une somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ; aucun panneau d'affichage n'a été implanté à proximité immédiate du projet ; le panneau n'a été mis en place qu'à compter du 19 février 2021 ; ils détiennent un intérêt pour agir dès lors que l'antenne relais vient s'implanter à moins de 100 mètres de leur résidence ;
- l'arrêté est entaché d'incompétence de son auteur ;
- le dossier de permis est insuffisant au regard de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme ; le plan de masse est lacunaire et ne permet pas de comprendre la surface de plancher créé en m² ; le dossier est insuffisant au regard également des prescriptions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme dès lors que la notice est également lacunaire ; il n'y a aucune prise en compte du paysage ; d'ailleurs le service instructeur a fait une demande de pièce complémentaire en ce sens qui n'a pas été suivie d'effet ;
- l'arrêté méconnait l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme en ce que le dossier de permis ne contenait pas l'accord du gestionnaire ;
- l'arrêté méconnait les dispositions des articles R. 111-2 et R. 111-27 du code de l'urbanisme ; d'une part, le projet aurait dû être refusé compte tenu de l'atteinte à la santé publique et du risque de submersion marine ; d'autre part, le projet porte atteinte aux lieux avoisinants compte tenu de la forte valeur paysagère et environnementale du site ; les parcelles constituant l'emprise du projet sont classées en espace protégé Natura 2000 au titre de la directive " oiseaux " et de la directive " habitat, faune, flore " et elles jouxtent directement un site classé, deux sites classés ZNIEFF et une zone protégée par le conservatoire du littoral le lido de l'Or ;
- l'arrêté méconnait l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme dès lors qu'il a été accordé sans étude d'impact ni étude spécialisée afin de connaitre les effets du projet sur la biodiversité en général et le comportement des oiseaux en particulier ;
- l'arrêté méconnait les dispositions de la loi littoral ; le projet n'est pas implanté en continuité de l'agglomération ou du village existant ; le village de Carnon s'étire le long de la côte avec une limite nette qui a été maintenue depuis de nombreuses années ; le projet vient s'implanter à environ 100 mètres de distance des derniers bâtiments dans un secteur fortement marqué par son caractère naturel ;
- il méconnait l'article L. 121-23 du code de l'urbanisme en ce que le projet porte atteinte à un espace remarquable ;
- en outre, ils abandonnent le moyen tiré de l'incompétence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 août 2021, la société Free mobile, représentée par Me Martin, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge solidaire des requérants une somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 novembre 2021, la commune de Mauguio, représentée par la SCP CGCB avocats et associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge solidaire des requérants une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la requête est irrecevable dès lors que le recours a été formé au-delà du délai de recours de deux mois.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pastor, première conseillère,
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique,
- les observations de Me Schneider, représentant M. et Mme B et les autres requérants et celles de Me Geoffret, représentant la commune de Mauguio.
Considérant ce qui suit :
1. Le 12 janvier 2017 la société Free mobile a déposé une demande de permis de construire pour la réalisation d'une antenne relais de téléphonie sur les parcelles cadastrées section ET n° 4 et 5 au domaine du Petit Travers sur le territoire de la commune de Carnon. Par arrêté du 25 septembre 2017, le maire de la commune de Mauguio lui a accordé le permis de construire sollicité. Par la présente requête, M. et Mme B et les autres requérants demandent l'annulation de cet arrêté.
Sur la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête :
2. Aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. () ". En vertu de l'article R. 600-2 du même code : " Le délai de recours contentieux à l'encontre () d'un permis de construire () court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15. ". Aux termes de l'article R. 424-15 de ce code : " Mention du permis explicite ou tacite () doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté () pendant toute la durée du chantier () / Cet affichage mentionne également l'obligation, prévue à peine d'irrecevabilité par l'article R. 600-1 de notifier tout recours administratif ou tout recours contentieux à l'auteur de la décision et au bénéficiaire du permis () ". Aux termes de l'article A. 424-16 de ce code : " Le panneau prévu à l'article A. 424-1 indique le nom, la raison sociale ou la dénomination sociale du bénéficiaire, la date et le numéro du permis, la nature du projet et la superficie du terrain ainsi que l'adresse de la mairie où le dossier peut être consulté. / Il indique également, en fonction de la nature du projet : / a) Si le projet prévoit des constructions, la surface de plancher autorisée ainsi que la hauteur de la ou des constructions, exprimée en mètres par rapport au sol naturel ; () ". Aux termes de l'article A. 424-17 du même code : " Le panneau d'affichage comprend la mention suivante : / " Droit de recours : / " Le délai de recours contentieux est de deux mois à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain du présent panneau (art. R. 600-2 du code de l'urbanisme). / " Tout recours administratif ou tout recours contentieux doit, à peine d'irrecevabilité, être notifié à l'auteur de la décision et au bénéficiaire du permis ou de la décision prise sur la déclaration préalable. Cette notification doit être adressée par lettre recommandée avec accusé de réception dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du recours (art. R. 600-1 du code de l'urbanisme). ". Enfin, aux termes de l'article A. 424-18 du même code : " Le panneau d'affichage doit être installé de telle sorte que les renseignements qu'il contient demeurent lisibles de la voie publique ou des espaces ouverts au public pendant toute la durée du chantier. ". Il incombe au bénéficiaire d'un permis de construire de justifier qu'il a accompli les formalités d'affichage prescrites par ces dispositions, le juge devant ensuite, en cas de contestation, apprécier la régularité de l'affichage en examinant l'ensemble des pièces qui figurent au dossier qui lui est soumis.
3. Pour établir que le permis de construire délivré le 25 septembre 2017 a été affiché régulièrement et de manière continue pendant deux mois sur le terrain, la société Free mobile, pétitionnaire, a produit deux constats d'huissier, réalisés à sa demande les 14 décembre 2017 et 14 février 2018, faisant état de ce que le panneau d'affichage du permis de construire en litige était visible et lisible depuis la voie publique, comportait les mentions relatives au droit au recours des tiers et indiquait la nature des travaux, la superficie autorisée, la hauteur de la construction et la possibilité de consulter le dossier correspondant à la mairie de Mauguio. Il résulte de ces procès-verbaux, qui sont assortis de photographies et qui font foi jusqu'à preuve contraire, que le permis de construire en litige a fait l'objet d'un affichage sur un panneau de taille réglementaire et qu'il a comporté les mentions rappelées ci-dessus, permettant aux tiers d'apprécier l'importance et la consistance du projet. Si les requérants font état de l'imprécision de ces procès-verbaux d'huissier quant à l'emplacement exact du panneau sur le terrain d'assiette du projet, et quant au caractère lisible et visible des mentions qu'il comporte, ils n'apportent au soutien de leurs allégations aucun commencement de preuve permettant de remettre en cause le constat d'huissier alors que l'huissier énonce s'être rendu " domaine du Petit Travers " et avoir constaté la présence visible et lisible depuis la voie publique du panneau d'affichage et joint à l'appui de ses constats deux photographies du panneau. Dans ces conditions, la société Free mobile rapporte la preuve qui lui incombe d'un affichage régulier de l'arrêté en litige pendant deux mois ayant fait courir le délai de recours contentieux à compter du 14 décembre 2017. Il suit de là que le délai de recours contentieux de deux mois a commencé à courir, à l'encontre du permis de construire contesté, à compter du 14 décembre 2017, et avait en conséquence expiré le 15 avril 2021, date à laquelle la requête a été enregistrée au greffe du tribunal administratif. Est à cet égard sans incidence la seule circonstance que postérieurement à l'expiration du délai de recours le panneau ait été remplacé afin de garantir le respect de l'article A. 424-18 précité. Dans ces conditions, la demande des requérants est tardive et par suite irrecevable.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. et Mme B et autres doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Mauguio, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. et Mme B, au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge des requérants les sommes demandées tant par la commune de Mauguio que par la société Free mobile sur ce même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées tant par la commune de Mauguio que par la société Free mobile au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. J et Mme E B, M. F K, M. I G, M. A et Mme C D, à la commune de Mauguio et à la société Free mobile.
Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lison Rigaud, présidente,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère,
M. François Goursaud, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.
La rapporteure
I. Pastor La présidente,
L. Rigaud
La greffière,
M. H
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 30 mars 2023.
Le greffier,
M. H.
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026