jeudi 24 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2102056 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP DILLENSCHNEIDER AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 avril 2021, Mme A C, représentée par la SCP Dillenschneider avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 mars 2021 par lequel le directeur de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées " Jean Péridier " de Montpellier a refusé de la titulariser et a prononcé sa radiation des cadres de l'établissement ;
2°) d'ordonner au directeur de l'EHPAD " Jean Péridier " de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'EHPAD " Jean Péridier " une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Elle soutient que :
- elle n'a pas eu connaissance des modalités de composition et de convocation de la commission administrative paritaire locale ayant rendu le 10 mars 2021 un avis de refus de titularisation à son encontre ; elle n'est pas en mesure de vérifier le respect du principe de parité homme femme à 40 % fixé par l'article 7 du décret n° 2003-655 du 18 juillet 2003 ; le droit à l'information a été manifestement méconnu ;
- la commission, qui a rendu un avis négatif à l'unanimité, s'est nécessairement prononcée sans s'être vu transmettre au préalable l'ensemble des pièces et documents nécessaires à l'accomplissement de sa mission, au moins une semaine avant la date de la réunion, en méconnaissance des dispositions de l'article 65 du décret n° 2003-655 ;
- l'avis négatif de la commission administrative paritaire a eu une influence sur le sens de la décision de refus de titularisation prise par le directeur de l'EHPAD qui, au demeurant, s'est estimé à tort lié par cet avis ;
- en refusant de la titulariser, le directeur de l'EHPAD a commis une erreur de fait et une erreur manifeste d'appréciation dès lors que son dossier est exempt de tout reproche et qu'elle a toujours parfaitement rempli ses fonctions.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2021, l'EHPAD " Jean Péridier ", représenté par Me Million Rousseau, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- aucune irrégularité dans la procédure n'est à relever du fait que l'avis défavorable a été rendu par une commission administrative paritaire locale et que l'article 7 du décret n° 2003-655 ne s'appliquait pas ;
- les membres de cette commission étaient en possession de l'ensemble des informations figurant au dossier de la requérante ;
- le directeur ne s'est pas estimé lié par l'avis de cette celle-ci ;
- les prétendus vices de procédure qu'invoque la requérante n'ont pas exercé une influence sur le sens de la décision attaquée ni n'ont privé l'intéressée d'une garantie ;
- le dossier administratif de la requérante n'est pas exempt de tout reproche puisque le directeur a formulé un rappel sur le respect des fiches de poste et du mode d'utilisation du téléphone d'astreinte ;
- les heures supplémentaires effectuées par la requérante s'expliquent par la crise sanitaire et les attestations des familles de résidents doivent être appréciées à la lumière de cette crise et de l'arrêt des visites à partir du mois de mars 2020 avant une reprise récente et dans des conditions très strictes ; ainsi la décision ne repose pas sur une erreur de fait et n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2003-655 du 18 juillet 2003 ;
- le décret n° 2013-121 du 6 février 2013 ;
- l'arrêté du 18 avril 2013 pris pour l'application du décret du 6 février 2013 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pastor, première conseillère,
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique,
- les observations de Me Dillenschneider, représentant Mme C, et celles de Me Ringue, représentant l'établissement d'hébergement pour personnes âgées " Jean Péridier ".
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 24 janvier 2020, Mme C a été recrutée par l'établissement d'hébergement pour personnes âgées " Jean Péridier " de Montpellier à compter du 1er février 2020 en qualité d'agent des services hospitaliers qualifié stagiaire de la fonction publique hospitalière. Le directeur de cet établissement, par une décision du 12 mars 2021, a mis fin au stage de l'intéressée et a prononcé sa radiation des cadres. Par la présente requête, Mme C demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, Mme C soutient que n'ayant pas eu connaissance des modalités de composition et de convocation de la commission administrative paritaire (CAP) locale ayant rendu le 10 mars 2021 un avis de refus de titularisation à son encontre, elle n'a pas été en mesure de vérifier le respect du principe de parité homme femme fixé à 40% par l'article 7 du décret n° 2003-655 du 18 juillet 2003. Toutefois, alors que l'établissement a produit, dans ses écritures en défense le procès-verbal de la CAP en litige, Mme C, qui ne réplique pas, n'apporte aucune précision supplémentaire à son moyen soulevé de manière très générale. Par suite, en l'absence de précisions suffisantes pour en apprécier le bienfondé, ce moyen ne pourra qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, alors que l'établissement fait valoir en défense que les membres de la CAP ont été destinataires de trois rapports circonstanciés sur la manière de service de Mme C, qu'il produit, cette dernière n'est pas fondée à soutenir que l'avis de CAP aurait été rendu sans que les membres de cette commission n'aient été destinataires des éléments relatifs à la situation de l'intéressée.
4. En troisième lieu, pour regrettable qu'elle soit, la précision du directeur de l'établissement selon laquelle la décision prise est conforme à l'avis rendu de la CAP, elle ne saurait, au regard notamment de la rédaction de l'arrêté et aux pièces versées au dossier, révéler une erreur de droit à s'être estimé lié, à tort, par cet avis. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur de droit soulevé au détour du moyen relatif aux vices de procédure doit être écarté.
5. Enfin, un agent public ayant, à la suite de son recrutement ou dans le cadre de la formation qui lui est dispensée, la qualité de stagiaire se trouve dans une situation probatoire et provisoire. La décision de ne pas le titulariser en fin de stage est fondée sur l'appréciation portée par l'autorité compétente sur son aptitude à exercer les fonctions auxquelles il peut être appelé et, de manière générale, sur sa manière de servir, et se trouve ainsi prise en considération de sa personne. Pour apprécier la légalité d'une décision de refus de titularisation, il incombe au juge de vérifier qu'elle ne repose pas sur des faits matériellement inexacts, qu'elle n'est entachée ni d'erreur de droit, ni d'erreur manifeste dans l'appréciation de l'insuffisance professionnelle de l'intéressé, qu'elle ne revêt pas le caractère d'une sanction disciplinaire et n'est entachée d'aucun détournement de pouvoir et que, si elle est fondée sur des motifs qui caractérisent une insuffisance professionnelle mais aussi des fautes disciplinaires, l'intéressé a été mis à même de faire valoir ses observations.
6. Il ressort des pièces du dossier que trois rapports ont été rédigés sur la situation de Mme C de nature à éclairer les membres de la CAP sur les aptitudes de l'intéressée à l'emploi qu'elle occupait. Si ces rapports mettent en évidence les qualités de l'intéressée " pleine de volonté et de motivation " en soulignant sa disponibilité et son investissement initial à l'origine de sa mise en stage, ils insistent également sur les difficultés relationnelles rencontrées avec cet agent à la suite d'une réorganisation du service ainsi que sur le non-respect de certaines consignes. En particulier, il est souligné que l'intéressée, à la suite de cette réorganisation, a pris des initiatives inadaptées, a pratiqué irrégulièrement des modulations d'horaires et de tâches ayant entrainé des rappels à l'ordre de sa hiérarchie. Si Mme C fait valoir que ces reproches sont inexacts et produit des attestations de famille de résidents ou de collègues louant la qualité de son travail, il résulte notamment de sa fiche de notation de 2020 que si son supérieur hiérarchique mentionne qu'elle est un agent polyvalent, disponible et volontaire, il lui rappelle de respecter les fiches de poste et le mode d'utilisation du téléphone d'astreinte et le directeur souligne quant à lui qu'elle devra porter une attention particulière sur son mode de communication avec certains collègues, source de tensions et sur le respect de certaines consignes. Ces éléments de tension entre collègues, à l'origine d'une désorganisation du service, et le non-respect de certaines consignes ne sont pas contestés par Mme C. Dans ces conditions, alors que la CAP a émis un avis défavorable à sa titularisation à l'unanimité de ses membres, le directeur de l'EHPAD ne peut être regardé comme ayant entaché sa décision d'erreur de faits ni même d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses aptitudes professionnelles.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 12 mars 2021 par laquelle le directeur de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées " Jean Péridier " de Montpellier a refusé de la titulariser et a prononcé sa radiation des cadres de l'établissement.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C n'appelle aucune mesure d'exécution particulière. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme C doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'EHPAD " Jean Péridier ", qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme C, au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme C la somme que l'établissement d'hébergement pour personnes âgées " Jean Péridier " demande sur ce même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'EHPAD " Jean Péridier " au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées " Jean Péridier ".
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lison Rigaud, présidente,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère,
M. François Goursaud, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2022.
La rapporteure
I. Pastor La présidente,
L. Rigaud
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 24 novembre 2022.
Le greffier,
M. B.
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026