mardi 13 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2102178 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL GAILLARD - ROBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 avril 2021, M. B A, représenté par Me Robert, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision du 21 octobre 2020 par laquelle la commission locale d'agrément et de contrôle sud-ouest a rejeté sa demande tendant à la délivrance d'une carte professionnelle en qualité d'agent de sécurité privée, ainsi que la décision de la commission nationale d'agrément et de contrôle du conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) du 4 février 2021 portant rejet d'un recours administratif préalable obligatoire et refus de délivrance d'une carte professionnelle en qualité d'agent de sécurité privée ;
2°) d'enjoindre au CNAPS de réexaminer sa situation sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du CNAPS la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête n'est pas tardive ;
- les décisions de la commission locale d'agrément et de contrôle sud-ouest du 21 octobre 2020 et de la commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS du 4 février 2021 n'ont pas été soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision contestée méconnaît le principe de la présomption d'innocence ;
- la commission nationale d'agrément et de contrôle a fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 février 2022, le CNAPS conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article
R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision de la commission locale d'agrément et de contrôle sud-ouest du 21 octobre 2020, à laquelle s'est substituée la décision de la commission nationale d'agrément et de contrôle du 4 février 2021 en application des dispositions de l'article R. 633-9 du code de la sécurité intérieure.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Verguet, rapporteur,
- les conclusions de Mme Lorriaux, rapporteure publique,
- et les observations de Me Robert, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a sollicité le 5 octobre 2020 la délivrance d'une carte professionnelle en qualité d'agent de sécurité privée. Sa demande a été rejetée par une décision de la commission locale d'agrément et de contrôle sud-ouest du 21 octobre 2020. Par une décision du 4 février 2021, la commission nationale d'agrément et de contrôle du conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a rejeté le recours formé par M. A à l'encontre de la décision de la commission locale et refusé de lui délivrer la carte professionnelle sollicitée. M. A demande l'annulation, pour excès de pouvoir, de ces décisions.
Sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du 21 octobre 2020 :
2. Aux termes de l'article L. 633-3 du code de la sécurité intérieure : " Tout recours contentieux formé par une personne physique ou morale à l'encontre d'actes pris par une commission d'agrément et de contrôle est précédé d'un recours administratif préalable devant la Commission nationale d'agrément et de contrôle, à peine d'irrecevabilité du recours contentieux. ". Aux termes de l'article R. 633-9 du même code, alors en vigueur : " () Toute décision de la Commission nationale d'agrément et de contrôle se substitue à la décision initiale de la commission locale d'agrément et de contrôle. () ".
3. L'institution par ces dispositions d'un recours administratif préalable obligatoire à la saisine du juge a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite du recours se substitue à la décision initiale et qu'elle est seule susceptible d'être déférée au juge de la légalité.
4. La décision du 4 février 2021 par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS a rejeté le recours préalable obligatoire formé par M. A s'est substituée à la décision initiale de la commission locale d'agrément et de contrôle sud-ouest. Par suite, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du 21 octobre 2020 ne sont pas recevables et ne peuvent qu'être rejetées.
Sur la légalité de la décision du 4 février 2021 :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ".
6. L'obligation instituée par les dispositions précitées n'est pas applicable à une décision relative à la délivrance d'une carte professionnelle en qualité d'agent de sécurité privée, prise sur demande présentée par M. A, qui est au nombre des exceptions prévues par ces dispositions. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que, faute d'avoir été invité à présenter ses observations, la décision par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS a refusé de lui délivrer la carte professionnelle sollicitée est intervenue au terme d'une procédure irrégulière.
7. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 :/ () 2° S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées ;/ () ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à l'autorité administrative d'apprécier si les actes commis par le demandeur sont compatibles avec l'exercice de la profession, alors même que les agissements en cause n'auraient pas donné lieu à une condamnation inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire, qu'ils auraient été effacés du système de traitement des antécédents judiciaires ou qu'ils auraient fait l'objet d'un classement sans suite.
8. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été mis en cause, en qualité d'auteur, pour des faits constitutifs d'" extorsion ", sous la menace d'une arme de poing, commis le 5 janvier 2019 à Castries. Nonobstant leur caractère isolé, eu égard à la nature et à la gravité de ces faits, dont la matérialité n'est pas sérieusement contestée par le requérant et qui étaient récents à la date de la décision contestée, la commission nationale d'agrément et de contrôle a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, estimer que le comportement de l'intéressé révélait un comportement, contraire à la probité et de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes, incompatible avec l'exercice d'une activité privée de sécurité, alors même que les faits en cause ont été commis alors qu'il était encore mineur. En retenant ces faits quand bien même aucune condamnation pénale n'était intervenue à la date de la décision contestée, la commission nationale d'agrément et de contrôle n'a pas méconnu la présomption d'innocence.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision de la commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS du 4 février 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la décision attaquée, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions de M. A à fin d'injonction de réexamen de sa situation doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme quelconque au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 29 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Charvin, président,
- M. Verguet, premier conseiller,
- Mme Couégnat, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2022.
Le rapporteur,
H. VerguetLe président,
J. Charvin
La greffière,
L. Salsmann
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 13 décembre 2022.
La greffière,
L. Salsmann
Ls
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026