vendredi 31 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2102222 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CACCIAPAGLIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 avril 2021, Mme A C, représentée par Me Cacciapaglia, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er mars 2021 par lequel le directeur académique des services de l'éducation nationale des Pyrénées-Orientales l'a suspendue de ses fonctions pour une durée maximale de quatre mois ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé en fait ;
- il a été pris en méconnaissance des dispositions des articles 66 et 67 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 et de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905 ;
- il a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article 30 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir et d'un détournement de procédure.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 mai 2022, la rectrice de l'académie de Montpellier conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi du 22 avril 1905 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Moynier, rapporteure publique,
- et les observations de Me Delepine, substituant Me Cacciapaglia, représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, professeure des écoles, a été affectée, pour l'année scolaire 2020-2021, dans les écoles maternelles publiques Ludovic Massé et Romain Rolland de Perpignan. Par sa requête, elle demande l'annulation de l'arrêté du 1er mars 2021 par lequel le directeur académique des services de l'éducation nationale des Pyrénées-Orientales l'a suspendue de ses fonctions pour une durée maximale de quatre mois.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors applicable : " En cas de faute grave commise par un fonctionnaire, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, l'auteur de cette faute peut être suspendu par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire qui saisit, sans délai, le conseil de discipline. / Le fonctionnaire suspendu conserve son traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement et les prestations familiales obligatoires. Sa situation doit être définitivement réglée dans le délai de quatre mois. / Si, à l'expiration d'un délai de quatre mois, aucune décision n'a été prise par l'autorité ayant le pouvoir disciplinaire, le fonctionnaire qui ne fait pas l'objet de poursuites pénales est rétabli dans ses fonctions. S'il fait l'objet de poursuites pénales et que les mesures décidées par l'autorité judicaire ou l'intérêt du service n'y font pas obstacle, il est également rétabli dans ses fonctions à l'expiration du même délai. Lorsque, sur décision motivée, il n'est pas rétabli dans ses fonctions, il peut être affecté provisoirement par l'autorité investie du pouvoir de nomination, sous réserve de l'intérêt du service, dans un emploi compatible avec les obligations du contrôle judiciaire auquel il est, le cas échéant, soumis. A défaut, il peut être détaché d'office, à titre provisoire, dans un autre corps ou cadre d'emplois pour occuper un emploi compatible avec de telles obligations. L'affectation provisoire ou le détachement provisoire prend fin lorsque la situation du fonctionnaire est définitivement réglée par l'administration ou lorsque l'évolution des poursuites pénales rend impossible sa prolongation. () ".
3. En premier lieu, la mesure de suspension est une mesure conservatoire prise dans l'intérêt du service et ne constitue pas une sanction disciplinaire. Dès lors, elle n'est ni au nombre des décisions qui doivent être motivées en application du code des relations entre le public et l'administration, ni au nombre des mesures pour lesquelles le fonctionnaire concerné doit être mis à même de consulter son dossier par application de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905. Par suite, le moyen tiré de ce que les règles de la procédure disciplinaire n'auraient pas été respectées, ainsi que les moyens tirés du défaut de motivation en fait et du défaut de communication du dossier ne sauraient être accueillis.
4. En deuxième lieu, une décision de suspension des fonctions prise à l'encontre d'un fonctionnaire est une mesure conservatoire prise dans l'intérêt du service. Elle ne peut être prononcée que lorsque les faits imputables à l'intéressé présentent un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité et que l'éloignement de l'intéressé se justifie au regard de l'intérêt du service.
5. Pour suspendre Mme C de ses fonctions d'enseignante, le directeur académique des services de l'éducation nationale des Pyrénées-Orientales s'est fondé sur la circonstance que l'intéressée avait fait preuve d'un comportement inapproprié devant ses élèves de grande section de l'école maternelle Ludovic Massé de Perpignan. Il est en particulier reproché à Mme C d'avoir tenu des propos injurieux, d'avoir jeté des objets et d'avoir porté atteinte à l'intégrité physique et psychique de ses élèves, à plusieurs reprises au cours de l'année scolaire 2020-2021 et, en particulier, lors de la journée du 11 février 2021. La vraisemblance de ces faits est suffisamment établie par les pièces versées au dossier et en particulier par les rapports de la directrice de l'école maternelle Ludovic Massé et de l'inspectrice de l'éducation nationale de la circonscription de Perpignan 2, établis respectivement les 12 février 2021 et 16 février 2021, qui mettent en évidence le comportement inadapté de l'enseignante vis-à-vis de ses élèves. Ces constats sont corroborés par les témoignages circonstanciés et concordants de l'agent territorial spécialisé des écoles maternelles (ATSEM) et de l'accompagnante des élèves en situation de handicap (AESH) affectés dans la classe de Mme C, ainsi que par plusieurs signalements de parents d'élèves adressés à la directrice de l'école maternelle. Dans ces circonstances, et nonobstant la qualité des états de service de l'intéressée, le directeur académique des services de l'éducation nationale des Pyrénées-Orientales disposait, à la date de la décision contestée, d'éléments présentant un caractère de gravité et de vraisemblance suffisant pour suspendre à titre conservatoire Mme C de ses fonctions. La circonstance alléguée, tirée de ce qu'un délai de dix-neuf jours s'est écoulé entre les faits reprochés et l'édiction de l'arrêté attaqué, est sans incidence sur la gravité de ceux-ci. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
6. En dernier lieu, en se bornant à soutenir que sa suspension n'a pas été prise dans l'intérêt du service, alors qu'il ressort des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit précédemment, que l'arrêté du 1er mars 2021 a été pris afin de préserver l'intégrité physique et psychologique de ses élèves, Mme C n'établit pas l'existence des détournements de pouvoir et de procédure allégués.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 1er mars 2021 par lequel le directeur académique des services de l'éducation nationale des Pyrénées-Orientales l'a suspendue de ses fonctions pour une durée maximale de quatre mois.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande Mme C au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la rectrice de l'académie de Montpellier.
Délibéré après l'audience du 24 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Rabaté, président,
- Mme Bayada, première conseillère,
- Mme Gavalda, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mars 2023.
La rapporteure,
A. BLe président,
V. RABATÉ
La greffière,
B. FLAESCH
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
B. FLAESCH
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026