jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2102263 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCHNEIDER AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 3 mai 2021 et 8 décembre 2021, et des pièces complémentaires enregistrées le 30 novembre 2022, Mme A B, représentée par Me Capdefosse, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 24 décembre 2020 par lequel le maire de la commune de La-Salvetat-sur-Agout a délivré à Mme C E un permis de construire en surélévation d'une maison d'habitation pour la création d'une surface de plancher de 40 m² sur un terrain situé 8 avenue du Lac, parcelles cadastrées section BH n° 48 et 49, ainsi que la décision du 26 février 2021 rejetant son recours gracieux.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- le dossier de demande de permis est incomplet en méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
- le projet litigieux méconnaît les dispositions de l'article UC 2-7 du règlement du plan local d'urbanisme relatives à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 30 juin 2021 et 22 décembre 2021, Mme C E, représentée par Me Schneider, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requérante est dépourvue d'intérêt à agir contre le permis contesté ;
- à titre subsidiaire, les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 août 2021, la commune de La-Salvetat-sur-Agout, représentée par Me Jospeh-Barloy, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 200 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requérante est dépourvue d'intérêt à agir contre le permis contesté ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Goursaud, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique ;
- les observations de Me Capdefosse, représentant Mme B, celles de Me Borkowski, substituant Me Joseph-Barloy, représentant la commune de La-Salvetat-sur-Agout, et celles de Me Schneider, représentant Mme E.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 24 décembre 2020, le maire de la commune de La-Salvetat-sur-Agout a délivré à Mme E un permis de construire en surélévation d'une maison d'habitation existante située 8 avenue du Lac, parcelles cadastrées section BH n°s 48 et 49. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté ainsi que la décision du 26 février 2021 rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-7 du code de l'urbanisme : " Sont joints à la demande de permis de construire : a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; b) Le projet architectural défini par l'article L. 431-2 et comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 431-8 à R. 431-12. ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : a) le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures du bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et angles de prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
3. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
4. D'une part, aucune disposition législative ou réglementaire, et notamment pas les articles R. 431-8, R. 431-9, R. 431-10 et suivants du code de l'urbanisme qui définissent la composition d'un dossier de permis de construire, n'imposent au pétitionnaire de produire un plan d'aménagement intérieur des étages ni davantage de spécifier les démolitions réalisées au regard de la réglementation sur l'amiante, qui relève d'une législation indépendante.
5. D'autre part, le dossier de demande du permis de construire litigieux est composé d'un plan des façades avant et après travaux faisant apparaître la maison de la requérante ainsi que des pièces graphiques cotées PCMI 6 et des documents photographiques cotés PCMI7 à PCMI8 présentant l'environnement proche et lointain du terrain qui ont permis au service instructeur d'apprécier la hauteur des constructions existante, le parti pris architectural et la volumétrie du projet ainsi que son insertion au regard des constructions avoisinantes. En outre, le formulaire Cerfa précise que les travaux portent sur la rehausse du toit afin de créer 40 m² de surface habitable sous combles tandis que la comparaison des plans de masse et des plans de coupe a permis au service instructeur d'apprécier la surface ainsi créée. Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande doit être écarté en toutes ses branches.
6. En second lieu, aux termes de l'article UC 2-7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de La-Salvetat-sur-Agout : " 1- Toute construction devra être implantée à une distance des limites séparatives au moins égale à la moitié de sa hauteur sans pouvoir être inférieure à 3 mètres. Toutefois, la construction des annexes en limites séparatives est admise sous réserve de respecter les conditions suivantes () / - Des implantations différentes pourront être autorisées pour les aménagements et extensions de constructions existantes, à condition qu'ils ne diminuent pas le retrait existant ou ne nuisent pas à la sécurité. ".
7. Lorsqu'une construction existante n'est pas conforme à une ou plusieurs dispositions d'un plan local d'urbanisme régulièrement approuvé, un permis de construire ne peut être légalement délivré pour la modification de cette construction, sous réserve de dispositions de ce plan spécialement applicables à la modification des immeubles existants, que si les travaux envisagés rendent l'immeuble plus conforme aux dispositions réglementaires méconnues ou s'ils sont étrangers à ces dispositions.
8. Il ressort des pièces du dossier que la maison d'habitation existante située sur la parcelle BH n° 48 est implantée en limite séparative avec la parcelle BH n° 51, en non-conformité avec les dispositions précitées de l'article UC 2-7 du règlement du plan local d'urbanisme qui imposent un retrait d'au moins 3 mètres entre une telle construction et les limites séparatives. Toutefois, les dispositions de l'article UC 2-7 du règlement du plan local d'urbanisme prévoient des dispositions spécialement applicables à la modification des constructions existantes non conformes aux dispositions du plan local d'urbanisme, autorisant notamment les extensions d'une telle construction, à condition de ne pas diminuer le retrait existant ou de nuire à la sécurité. En l'espèce le projet de surélévation litigieux, qui ne relève pas d'une construction nouvelle mais doit être regardé comme une extension au sens des dispositions précitées, remplit l'ensemble des conditions permettant d'autoriser l'extension d'une construction existante dont l'implantation n'est pas conforme à l'ensemble des règles en vigueur de l'article UC 2-7 précité. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté de permis de construire méconnaît l'article UC 2-7 du règlement du plan local d'urbanisme.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de Mme B les sommes demandées par Mme E et par la commune de La-Salvetat-sur-Agout, au titre des frais non compris dans les dépens que ces dernières ont exposés.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par Mme E et par la commune de La-Salvetat-sur-Agout au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Mme C E et à la commune de La-Salvetat-sur-Agout.
Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lison Rigaud, présidente,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère,
M. François Goursaud, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.
Le rapporteur,
F. Goursaud
La présidente,
L. Rigaud
La greffière,
M. D
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 22 décembre 2022,
La greffière,
M. D00
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026