vendredi 10 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2102329 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | BETROM |
Vu la procédure suivante :
I. - Par une requête n° 2102329, enregistrée le 5 mai 2021, M. B C, représenté par Me Betrom, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 mars 2021 par laquelle le maire de Montpellier l'a maintenu en disponibilité d'office à compter du 1er septembre 2020 ;
2°) d'enjoindre au maire de Montpellier de procéder à sa réintégration dans un délai de trente jours à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Montpellier la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article 26 du décret n° 86-68 du 26 janvier 1986 et de l'article 72 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article 97 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 dès lors qu'il aurait dû être placé en surnombre en l'absence de poste vacant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juin 2022, la commune de Montpellier, représentée par Me Merland, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. C sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun de moyens soulevés n'est fondé.
II. - Par une requête n° 2102330, enregistrée le 6 mai 2021, M. B C, représenté par Me Betrom, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 29 avril 2021 par laquelle le maire de Montpellier l'a maintenu en disponibilité d'office à compter du 1er septembre 2020 ;
2°) d'enjoindre au maire de Montpellier de procéder à sa réintégration, dans un délai de trente jours à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Montpellier la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article 26 du décret n° 86-68 du 26 janvier 1986 et de l'article 72 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 dès lors que la ville de Montpellier aurait dû lui proposer l'une des trois premières vacances de poste ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article 97 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 dès lors qu'il aurait dû être placé en surnombre en l'absence de poste vacant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juin 2022, la commune de Montpellier, représentée par Me Merland, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. C sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions à fin d'annulation de la décision du 29 avril 2021 sont irrecevables, s'agissant d'une décision purement confirmative de la décision du 5 mars 2021 ;
- aucun de moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-68 du 13 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Moynier, rapporteure publique,
- et les observations de Lenoir, substituant Me Merland, représentant la commune de Montpellier.
Considérant ce qui suit :
1. M. Carabasse, conseiller territorial des activités physiques et sportives exerçant ses fonctions au sein de la ville de Montpellier, a été placé en disponibilité pour convenances personnelles pour une durée de trois ans à compter du 1er août 2018. Le 1er juin 2020, il a sollicité sa réintégration anticipée au sein des effectifs de la ville de Montpellier à compter du 1er septembre 2020 suivant. Par des arrêtés des 5 mars 2021 et 29 avril 2021, le maire de Montpellier a prononcé le maintien en disponibilité d'office de M. C à compter du 1er septembre 2020 au motif qu'aucun poste correspondant au grade de conseiller des activités physiques et sportives n'était vacant dans le tableau des effectifs de la collectivité. Par les requêtes nos 2102329 et 2102330 susvisées, qui ont fait l'objet d'une instruction commune et qu'il y a lieu de joindre pour y statuer par un seul jugement, M. C demande l'annulation des décisions des 5 mars 2021 et 29 avril 2021 le maintenant en disponibilité d'office à compter du 1er septembre 2020.
Sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision du 29 avril 2021 :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ".
3. En l'absence de changement des circonstances de droit ou de fait, la décision du 29 avril 2021 par laquelle le maire de Montpellier a maintenu M. C en disponibilité d'office à compter du 1er septembre 2020 est une décision purement confirmative de la décision du 5 mars 2021, qui a le même objet. La fin de non-recevoir opposée par la commune de Montpellier tirée de ce que la décision du 29 avril 2021 est insusceptible de recours doit donc être accueillie. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'annulation de la requête n° 2102330 sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 5 mars 2021 :
4. Aux termes de l'article 72 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa version en vigueur à la date de la décision attaquée : " La disponibilité est la position du fonctionnaire qui, placé hors de son administration ou service d'origine, cesse de bénéficier, dans cette position, de ses droits à l'avancement et à la retraite. () / La disponibilité est prononcée, soit à la demande de l'intéressé, soit d'office à l'expiration des congés prévus aux 2°, 3° et 4° de l'article 57. Le fonctionnaire mis en disponibilité qui refuse successivement trois postes qui lui sont proposés dans le ressort territorial de son cadre d'emploi, emploi ou corps en vue de la réintégration peut être licencié après avis de la commission administrative paritaire. / Le fonctionnaire mis en disponibilité, soit d'office à l'expiration des congés institués par les 2°, 3° et 4° de l'article 57 de la présente loi, soit de droit, sur demande, pour raisons familiales, est réintégré à l'expiration de sa période de disponibilité dans les conditions prévues aux premier, deuxième et troisième alinéas de l'article 67 de la présente loi. () / Dans les autres cas, si la durée de la disponibilité n'a pas excédé trois années, une des trois premières vacances dans la collectivité ou l'établissement d'origine doit être proposée au fonctionnaire. ". Aux termes de l'article 26 du décret du 13 janvier 1986 relatif aux positions de détachement, de disponibilité, de congé parental des fonctionnaires territoriaux et à l'intégration : " () / Le fonctionnaire qui a formulé avant l'expiration de la période de mise en disponibilité une demande de réintégration est maintenu en disponibilité jusqu'à ce qu'un poste lui soit proposé dans les conditions prévues à l'article 97 de la loi du 26 janvier 1984 () ". Aux termes de l'article 97 de la loi du 26 janvier 1984 : " () / III.- Après trois refus d'offre d'emploi correspondant à son grade, à temps complet ou à temps non complet selon la nature de l'emploi d'origine, transmise par une collectivité ou un établissement au Centre national de la fonction publique territoriale ou au centre de gestion, le fonctionnaire est licencié () / L'offre d'emploi doit être ferme et précise, prenant la forme d'une proposition d'embauche comportant les éléments relatifs à la nature de l'emploi et à la rémunération. Le poste proposé doit correspondre aux fonctions précédemment exercées ou à celles définies dans le statut particulier du cadre d'emplois de l'agent () ".
5. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que le fonctionnaire territorial ayant bénéficié d'une disponibilité pour convenances personnelles d'une durée n'excédant pas trois années a le droit d'obtenir sa réintégration dans l'un des trois premiers emplois devenus vacants que la collectivité est tenue de lui proposer, y compris lorsque l'intéressé demande à être réintégré avant le terme de la période pour laquelle il a été placé en disponibilité. Si un fonctionnaire territorial n'a de droit à réintégration à l'issue d'une disponibilité qui n'est ni d'office ni de droit qu'à l'une des trois premières vacances, la collectivité doit néanmoins justifier son refus de réintégration sur les deux premières vacances par un motif tiré de l'intérêt du service. Enfin, les propositions formulées par la collectivité en vue de satisfaire à son obligation de réintégration sur l'une des trois premières vacances d'emploi doivent être fermes et précises quant à la nature de l'emploi et la rémunération et notamment ne pas subordonner le recrutement à la réalisation de conditions soumises à l'appréciation de la collectivité.
6. Contrairement à ce qu'il soutient, M. C, qui a présenté une demande de réintégration anticipée dans les effectifs de la ville de Montpellier à compter du 1er septembre 2020, n'avait pas de droit à être maintenu en surnombre en cas d'absence de poste vacant correspondant à son cadre d'emploi. En revanche, il incombait à la commune de Montpellier de rechercher si des postes correspondants à son cadre d'emploi étaient disponibles, afin de le réintégrer sur l'une des trois premières vacances de poste. En se bornant à se prévaloir d'un courrier électronique du 29 janvier 2021 dans lequel elle indiquait à M. C qu'aucun poste correspondant au cadre d'emploi de conseiller des activités physiques et sportives n'était vacant à la date à laquelle il a demandé sa réintégration anticipée, sans verser à l'instance ni le tableau des effectifs, ni les vacances d'emplois qu'elle a publiées au cours de la période en litige, la commune de Montpellier n'établit pas qu'elle ne disposait effectivement d'aucun poste à proposer au requérant dans son cadre d'emploi, à compter du 1er septembre 2020. Dans ces conditions, M. C est fondé à soutenir que la commune de Montpellier n'a pas satisfait à son obligation de réintégration. La circonstance alléguée en défense, tirée de ce que M. C a été invité à candidater sur le poste de " responsable de l'unité manifestations " est à cet égard sans incidence, dès lors qu'il est constant que cette proposition, au demeurant ni ferme, ni précise, ne portait pas sur un poste correspondant à son cadre d'emploi. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la commune de Montpellier a méconnu les dispositions précitées de l'article 72 de la loi du 26 janvier 1984 et de l'article 26 du décret du 13 janvier 1986.
7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête n° 2102329, que M. C est fondé à demander l'annulation de la décision du 5 mars 2021 par laquelle le maire de Montpellier l'a maintenu en disponibilité d'office à compter du 1er septembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Le présent jugement n'implique pas nécessairement que M. C soit réintégré dans les effectifs de la commune de Montpellier. En revanche, il y a lieu d'enjoindre à la commune de Montpellier de réexaminer la demande du requérant, au regard des dispositions du troisième alinéa de l'article 72 de la loi du 26 janvier 1984, compte tenu des vacances d'emplois correspondant à son grade survenues le cas échéant entre le 1er septembre 2020 et le 5 mars 2021 et, en cas de réintégration, d'en tirer toutes les conséquences sur sa situation administrative et sa carrière dans un délai d'un mois.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. C, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande la commune de Montpellier au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Montpellier le versement à M. C d'une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête n° 2102330 de M. C est rejetée.
Article 2 : La décision du 5 mars 2021 par laquelle le maire de Montpellier a maintenu M. C en disponibilité d'office à compter du 1er septembre 2020 est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au maire de Montpellier de réexaminer la demande de M. C, au regard des dispositions du troisième alinéa de l'article 72 de la loi du 26 janvier 1984, compte tenu des vacances d'emplois correspondant à son grade survenues le cas échéant entre le 1er septembre 2020 et le 5 mars 2021 et, en cas de réintégration, d'en tirer toutes les conséquences sur sa situation administrative et sa carrière dans un délai d'un mois.
Article 4 : La commune de Montpellier versera une somme de 1 500 euros à M. C en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2102329 est rejeté.
Article 6 : Les conclusions de la commune de Montpellier présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la commune de Montpellier.
Délibéré après l'audience du 17 février 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Gayrard, président,
- Mme Bayada, première conseillère,
- Mme Gavalda, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mars 2023.
La rapporteure,
A. ALe président,
J-P. GayrardLa rapporteure,
A. ALe président,
J-P. GAYRARD
La greffière,
B. Flaesch
La greffière,
B. FLAESCH
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 10 mars 2023.
La greffière,
B. Flaesch
Nos 2102329, 2102330
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026