mardi 18 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2102398 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | COUPARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 mai 2021, M. D A, représenté par Me Coupard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet de l'Aude sur son recours gracieux dirigé contre la décision du 1er octobre 2020 rejetant sa demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Aude de lui accorder le regroupement familial au bénéfice de son épouse dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est recevable ;
- la décision attaquée n'est pas motivée et est entachée d'un défaut d'examen complet de la demande ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit, le préfet s'étant cru à tort en situation de compétence liée ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa vie privée et familiale ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Une mise en demeure a été adressée le 1er mars 2022 au préfet de l'Aude.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Doumergue, rapporteure,
- et les observations de Me Berry, substituant Me Coupard, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, de nationalité marocaine né en 1984, résidant en France sous couvert de carte de résident, est marié depuis le 13 août 2017 avec Mme C B. De cette union est né un enfant le 20 décembre 2018. M. A a présenté une demande de regroupement familial au profit de son épouse le 16 juin 2020. Le préfet de l'Aude a rejeté la demande de M. A par une décision du 1er octobre 2020 ainsi qu'implicitement son recours gracieux reçu le 4 décembre 2020 par la préfecture de l'Aude. Par la présente requête, M. A doit être regardé comme demandant au tribunal l'annulation de la décision du préfet de l'Aude du 1er octobre 2020 portant refus de regroupement familial au profit de son épouse ainsi que de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 411-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version en vigueur à la date de la décision attaquée : " Le ressortissant étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins dix-huit mois, sous couvert d'un des titres d'une durée de validité d'au moins un an prévus par le présent code ou par des conventions internationales, peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre du regroupement familial, par son conjoint, si ce dernier est âgé d'au moins dix-huit ans, et les enfants du couple mineurs de dix-huit ans ". Aux termes de l'article L. 411-6 du même code : " Peut être exclu du regroupement familial : / () / 3° Un membre de la famille résidant en France ". Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'il se prononce sur une demande de regroupement familial, le préfet est en droit de rejeter la demande dans le cas où l'intéressé ne justifierait pas remplir l'une ou l'autre des conditions légalement requises notamment, comme en l'espèce, en cas de présence anticipée sur le territoire français du membre de la famille bénéficiaire de la demande. Il dispose toutefois d'un pouvoir d'appréciation et n'est pas tenu par les dispositions précitées, notamment dans le cas où il est porté une atteinte excessive au droit du demandeur de mener une vie familiale normale.
3. Il ressort des termes de la décision attaquée que, pour refuser à M. A le bénéfice du regroupement familial au profit de son épouse, le préfet de l'Aude s'est fondé, après un " examen attentif " de la demande et compte tenu des articles L. 411-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du décret du 17 mars 2005 relatif au regroupement familial des étrangers sur la circonstance que sa " famille est déjà installée en France en situation irrégulière ou démunis de visa en cours de validité ". Une telle rédaction, alors que la présence de la femme de M. A sur le territoire français constitue légalement un motif de rejet d'une demande de regroupement familial, ne fait pas apparaitre une situation de compétence liée caractérisée par une absence d'examen de la demande.
4. Il résulte de ce qui vient d'être dit que la décision attaquée du 1er octobre 2020 comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est ainsi suffisamment motivée. Si M. A soutient que la décision implicite de rejet de son recours gracieux n'est pas motivée, malgré la demande de motif qu'il a présenté le 5 février 2021, et est entachée d'un défaut d'examen, les vices propres qui affectent une décision rejetant un recours gracieux sont inopérants.
5. Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. 1l ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. Il ressort des pièces du dossier que M. A est en situation régulière sur le territoire français où il vit depuis l'année 1996 selon ses déclarations et où il dispose d'un emploi et d'un logement. Toutefois, le mariage était récent à la date de la décision attaquée et M. A, qui a la même nationalité que son épouse et qui soutient remplir les conditions relatives au logement et aux ressources, ne fait valoir aucune circonstance qui ferait obstacle à ce que son épouse retourne au Maroc le temps de la procédure du regroupement familial. La décision en litige n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant une atteinte disproportionnée eu égard au motif du refus. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit donc être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation commise par le préfet de l'Aude doit être écarté.
7. Enfin, si M. A et son épouse ont eu un fils né le 20 décembre 2018, rien ne fait obstacle à ce que la vie de famille se poursuive au Maroc, le temps de la procédure du regroupement familial, n'impliquant ainsi aucune séparation entre l'enfant et ses parents. Dans ces conditions, la décision attaquée ne porte pas atteinte à l'intérêt supérieur de leur fils et le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de la décision du 1er octobre 2020 par laquelle le préfet de l'Aude a rejeté sa demande de regroupement familial ainsi que de la décision implicite de rejet de son recours gracieux doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation des décisions contestées, n'implique pas que le regroupement familial soit autorisé. Par suite, les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de l'Aude de prendre une telle mesure doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. A la somme qu'il réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au préfet de l'Aude.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Jérôme Charvin, président,
M. Louis-Noël Lafay, premier conseiller,
Mme Camille Doumergue, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2022.
La rapporteure,
C. Doumergue
Le président,
J. Charvin
La greffière,
A. Lacaze
La République mande et ordonne au préfet de l'Aude en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 18 octobre 202La greffière,
A. Lacaze
Ls
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026