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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2102470

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2102470

vendredi 12 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2102470
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation3ème chambre
Avocat requérantSCP GIPULO - DUPETIT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 mai 2021 et 14 décembre 2021, Mme C B, représentée par la SCP Gipulo Dupetit et Murcia, demande au tribunal :

1°) d'ordonner avant-dire droit une expertise médicale afin de déterminer la date de consolidation de son accident de service du 23 juillet 2014, de préciser si elle présente des séquelles en lien avec cet accident de service, de préciser si elle est atteinte d'une invalidité résultant de l'accident de service et entraînant une incapacité permanente d'au moins 10 % et de fixer ce taux ;

2°) d'annuler la décision du 12 novembre 2020 par laquelle l'université de Perpignan Via Domitia a fixé la date de consolidation de l'accident de service du 23 juillet 2014 au 9 novembre 2014 et a rejeté sa demande tendant au versement d'une allocation temporaire d'invalidité ;

3°) d'enjoindre à l'université de Perpignan Via Domitia de lui attribuer l'allocation temporaire d'invalidité ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée fixant la date de consolidation de l'accident de service du 23 juillet 2014 au 9 novembre 2014 est entachée d'une erreur d'appréciation ;

- la décision attaquée refusant de reconnaître l'existence de séquelles indemnisables directement en lien avec son accident de service du 23 juillet 2014 est entachée d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 octobre 2021, l'université de Perpignan Via Domitia conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n°84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n°60-1089 du 6 octobre 1960 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bossi,

- les conclusions de Mme Moynier, rapporteure publique,

- et les observations de Me Schneider, représentant Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B est adjointe administrative et exerce ses fonctions à l'université de Perpignan Via Domitia. Le 23 juillet 2014, Mme B a été victime d'un accident sur son lieu de travail en chutant du côté droit. Par une décision du 4 septembre 2014, l'université a reconnu cet accident comme étant imputable au service. Par un courrier du 20 janvier 2020, Mme B a sollicité l'octroi d'une allocation temporaire d'invalidité (ATI). La commission de réforme a estimé, par un avis rendu le 29 octobre 2020, que les arrêts et soins du 23 juillet 2014 au 9 novembre 2014 devaient être pris en charge au titre de l'accident de service du 23 juillet 2014, que la date de consolidation devait être fixée au 9 novembre 2014 sans séquelles indemnisables et qu'au-delà de cette dernière date les arrêts et soins sont sans rapport avec l'accident du 23 juillet 2014. Par une décision du 12 novembre 2020, l'université de Perpignan Via Domitia a suivi l'avis de la commission de réforme en fixant la date de consolidation de l'accident de service au 9 novembre 2014 sans séquelles indemnisables et a émis un avis défavorable à sa demande d'attribution d'une allocation temporaire d'invalidité. Par un courrier du 12 janvier 2021, la requérante a présenté un recours gracieux à l'encontre de cette décision. Mme B demande au tribunal d'annuler la décision du 12 novembre 2020.

Sur l'étendue du litige :

2. Aux termes de l'article 65 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique d'Etat, dans sa version alors applicable : " Le fonctionnaire qui a été atteint d'une invalidité résultant d'un accident de service ayant entraîné une incapacité permanente d'au moins 10 % ou d'une maladie professionnelle peut prétendre à une allocation temporaire d'invalidité cumulable avec son traitement dont le montant est fixé à la fraction du traitement minimal de la grille mentionnée à l'article 15 du titre Ier du statut général, correspondant au pourcentage d'invalidité. Les conditions d'attribution ainsi que les modalités de concession, de liquidation, de paiement et de révision de l'allocation temporaire d'invalidité sont fixées par un décret en Conseil d'Etat qui détermine également les maladies d'origine professionnelle. ".

3. Aux termes de l'article 1er du décret n°60-1089 du 6 octobre 1960 portant règlement d'administration publique pour l'application des dispositions de l'article 23 bis de l'ordonnance n°59-244 du 4 février 1959 relative au statut général des fonctionnaires, dans sa version alors applicable : " L'allocation temporaire d'invalidité prévue à l'article 65 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat est attribuée aux agents maintenus en activité qui justifient d'une invalidité permanente résultant : a) Soit d'un accident de service ayant entraîné une incapacité permanente d'un taux rémunérable au moins égal à 10 % ; () La demande d'allocation doit, à peine de déchéance, être présentée dans le délai d'un an à partir du jour où le fonctionnaire a repris ses fonctions après la consolidation de la blessure ou de son état de santé. () ". Aux termes de l'article 3 de ce même décret, dans sa version alors applicable : " () Le pouvoir de décision appartient dans tous les cas au ministre dont relève l'agent et au ministre chargé du budget. ".

4. Si la requérante soutient que la décision attaquée prise par l'université de Perpignan Via Domitia a pour objet de rejeter sa demande d'attribution d'une allocation temporaire d'invalidité, il ressort des termes de cette décision qu'elle se borne d'une part, à fixer la date de consolidation de son accident de service au 9 novembre 2014 sans séquelles indemnisables et à émettre, en conséquence, un avis défavorable à sa demande d'allocation temporaire d'invalidité dont l'attribution relève de la compétence conjointe du ministre de l'éducation nationale et du ministre chargé du budget en application des dispositions précitées de l'article 3 du décret n°60-1089 du 6 octobre 1960. Par suite, la requérante doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision du 12 novembre 2020 en tant qu'elle fixe la date de consolidation de son accident de service au 9 novembre 2014 et en tant qu'elle ne fixe aucun taux d'incapacité permanente partielle en vue de l'octroi d'une allocation temporaire d'invalidité.

Sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du 12 novembre 2020 en tant qu'elle fixe au 9 novembre 2014 la date de consolidation de l'accident de service dont a été victime Mme B le 23 juillet 2014 :

5. La date de consolidation peut être définie comme le moment où les lésions se fixent et prennent un caractère permanent, tel qu'un traitement n'est plus nécessaire si ce n'est pour en éviter l'aggravation, et qu'il est possible d'apprécier un certain degré d'incapacité permanente réalisant un préjudice définitif.

6. Il ressort du rapport en date du 10 juillet 2020 du docteur A, médecin agréé, que l'intéressée a subi un accident de service le 23 juillet 2014 qui n'a pas entraîné de lésions osseuses et dont les seules conséquences, certaines, directes et déterminantes sont consolidées au 9 novembre 2014. Ce rapport remet en cause le certificat médical final rempli par le médecin traitant de la requérante fixant la date de consolidation au 10 septembre 2019. D'une part, si la requérante soutient que le rapport du docteur A opère une confusion entre l'accident survenu en service le 23 juillet 2014 et l'accident du 13 novembre 2014 survenu à son domicile au cours duquel elle a chuté du côté gauche, il ressort toutefois des termes de ce rapport que ce médecin a, au contraire, opéré une distinction entre les conséquences afférentes à chacun de ces deux accidents. D'autre part, s'il est constant que, postérieurement au 9 novembre 2014, date de consolidation retenue par l'administration, Mme B ressentait toujours des douleurs pour lesquelles elle s'est vue administrer des traitements antalgiques pour atténuer ses souffrances physiques, qu'elle suivait des séances de kinésithérapie et qu'elle a réalisé des séances d'infiltration, ces circonstances ne faisaient, toutefois, pas obstacle à ce que son état de santé puisse être regardé comme stabilisé. Par ailleurs, Mme B produit une radiographie et une IRM de son épaule droite en date, respectivement, du 4 février 2015 et du 9 juillet 2015 mettant en évidence une tendinopathie calcifiante, une bursite sous acromiale réactionnelle et une arthropathie acromio-claviculaire. Elle produite également une IRM cervicale du 28 août 2015 mettant en évidence un bombement cervical en C5-C6. Or, ces certificats médicaux, ni d'ailleurs aucune autre pièce du dossier, n'établissent de lien entre ces pathologies diagnostiquées postérieurement à la date de consolidation et l'accident de service résultant d'une chute du côté droit. Enfin, Mme B soutient qu'elle a subi, le 24 janvier 2017, une intervention chirurgicale visant à remédier au syndrome douloureux affectant son épaule droite. Elle se prévaut du compte-rendu opératoire du 24 janvier 2017 qui précise que l'intervention chirurgicale va concerner la barre disco-ostéophytique C5-C6. Toutefois, il ressort des termes de ce compte-rendu qu' " il n'y a pas de pathologie orthopédique à prendre en charge chirurgicalement au niveau de l'épaule droite ". En outre, il ne résulte pas de l'instruction que les troubles affectant la barre disco-ostéophytique C5-C6 pour lesquels a été effectuée l'opération seraient en lien avec la chute à l'origine de l'accident de service du 23 juillet 2014. Par suite, en fixant la date de consolidation au 9 novembre 2014, l'université de Perpignan Via Domitia n'a pas commis d'erreur d'appréciation.

Sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du 12 novembre 2020 en tant qu'elle n'a fixé aucun taux d'incapacité permanente partielle :

7. Il ressort du rapport du docteur A en date du 24 juillet 2020, que l'accident de service du 23 juillet 2014 est consolidé au 9 novembre 2014 sans séquelles indemnisables à l'analyse barémique statutaire. Ces conclusions médicales ont été confirmées par l'avis de la commission de réforme du 29 octobre 2020. Le certificat médical final rempli par le médecin traitant de la requérante fixant la date de consolidation de l'accident de service au 10 septembre 2019 avec séquelles, sans au demeurant préciser de taux d'incapacité, ne saurait remettre en cause les conclusions du médecin agréé reprises par la commission de réforme. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation dans la détermination du taux d'incapacité permanente partielle doit être écarté.

8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de prescrire l'expertise sollicitée, que Mme B n'est pas fondée à contester la décision du 12 novembre 2020 par laquelle l'université de Perpignan Via Domitia a fixé la date de consolidation de son accident de service au 9 novembre 2014 et n'a retenu aucun taux d'incapacité permanente partielle.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme B n'appelle aucune mesure d'exécution au sens des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Ses conclusions à fin d'injonction doivent, par suite, être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

10. L'Etat n'étant pas partie au présent litige, les conclusions dirigées à son encontre sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à l'université de Perpignan Via Domitia.

Délibéré après l'audience du 21 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. Besle, président,

Mme Bayada, première conseillère,

Mme Bossi, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mai 2023.

La rapporteure,

M. Bossi

Le président,

D. Besle

La greffière,

B. Flaesch

La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 12 mai 2023.

La greffière,

B. Flaesch

N°2102470

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