jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2102481 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | AVOCATS VERBATEAM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 mai et 19 octobre 2021, M. A D, représenté par la SELARL Valette-Berthelsen, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2020 par lequel le maire de la commune de Mauguio a délivré à M. C un permis de construire à l'effet de réhabiliter et étendre une villa et de réaliser un abri voitures sur un terrain sis au 84 avenue Grassion Cibrand sur la commune de Carnon, ensemble la décision rejetant son recours gracieux du 23 mars 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Mauguio une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- son recours est recevable ;
- le dossier de permis est incomplet dès lors qu'aucune pièce du dossier ne permettait d'obtenir la démolition partielle sollicitée ;
- l'arrêté méconnait l'article 6 du règlement du plan local d'urbanisme ; d'une part, il méconnait la règle de retrait de 5 mètres minimal par rapport à l'alignement de l'avenue Grassion Cibrand dès lors que le projet prévoit dans cette bande de recul la réalisation d'un garage bâti d'une hauteur de 3 mètres, d'une largeur de 5 mètres sur une profondeur de 5,50 mètres ; d'autre part, l'arrêté méconnait la règle de recul depuis le domaine public maritime qui est de 8 mètres ; en effet la construction existante est constituée d'une double avancée implantée dans cette bande de recul de 8 mètres et le projet prévoit dans cette bande, après démolition partielle de ces deux avancées et de leurs toitures, la construction d'un étage d'une dalle terrasse permettant de créer en R+1 à la cote 6,50 NGF une terrasse extérieure accessible ; ces travaux aggravent la non-conformité de la construction existante à cette règle de recul ;
- en outre, la création de la terrasse ouverte va générer des vues directes sur sa propriété et en particulier sur le fonds de sa parcelle qui constitue son jardin d'agrément.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 24 juin, 8 décembre 2021 et 10 février 2022, M. E C, représenté par Verbateam Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. D une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable en ce qu'elle ne respecte pas les prescriptions de l'article R 600-4 du code de l'urbanisme ; en outre M. D ne fait pas la démonstration des atteintes que le projet serait de nature à porter à ses conditions d'occupation ;
- les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 5 juillet et 6 décembre 2021, la commune de Mauguio, représentée par la SCP CGCB et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. D une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable en ce que M. D devra établir le bon accomplissement des prescriptions de l'article R 600-1 du code de l'urbanisme ;
- les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pastor, première conseillère,
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique,
- les observations de Me Furstenheim, représentant M. D, celles de Me Geoffret, représentant la commune de Mauguio et celles de Me Remy, représentant M. C.
Une note en délibéré a été présentée le 17 mars 2023 pour M. A D.
Une note en délibéré a été présentée le 20 mars 2023 pour la commune de Mauguio.
Considérant ce qui suit :
1. Le 22 octobre 2020, M. C a déposé une demande de permis de construire en mairie de Mauguio à l'effet de procéder à la réhabilitation et à l'extension d'une villa existante ainsi qu'à la construction d'un garage sur une parcelle cadastre section EP n° 168 d'une superficie de 381 m². Par arrêté du 22 décembre 2020, le maire de Mauguio lui a délivré le permis de construire sollicité. Par la présente requête, M. D sollicite l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-21 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés nécessitent la démolition de bâtiments soumis au régime du permis de démolir, la demande de permis de construire ou d'aménager doit : a) soit être accompagnée de la justification du dépôt de la demande de permis de démolir ; b) soit porter à la fois sur la démolition et sur la construction ou l'aménagement. ". Si le dossier de permis de construire ne faisait pas état de la demande de permis de démolir déposée le même jour, il ressort des pièces du dossier que le service instructeur en accordant le permis de construire sollicité le 2 décembre 2020 ne pouvait ignorer cette demande dès lors qu'il l'a autorisée par arrêté du 20 décembre 2020, soit deux jours avant l'éduction de l'arrêté en litige. Par suite, l'insuffisance du dossier de permis de construire n'a pas pu fausser l'appréciation du service instructeur sur ce point et le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées devra, donc, être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article 6 du règlement de la zone 2AU dans laquelle s'insère le projet de M. C : " Dispositions applicables aux constructions situées le long des avenues Grassion Cibrand et Samuel Bassaget Sauf indication de marges de recul portées sur les plans de zonage, les constructions doivent être édifiées en respectant un recul minimal de 5 mètres par rapport à cet alignement. Des règles différentes peuvent être admises lorsque le projet de construction intéresse la totalité d'un îlot ou d'un ensemble d'îlots ayant au moins 50 mètres de front de rue. () ; Dispositions applicables à l'ensemble de la zone 2UA : Des implantations autres que celles prévues ci-dessus peuvent être admises dans l'un des cas suivants : - lorsque le retrait permet d'aligner la nouvelle construction avec une construction existante, dans le but de former une unité architecturale avec celle-ci ; - lorsque la construction entre dans le cadre d'une opération d'ensemble ou d'un lotissement. Pour la construction de balcons, les saillies en façade sont autorisées pour une profondeur maximum de 1 mètre. Dispositions applicables aux constructions situées le long du domaine public maritime : Les constructions doivent respecter un recul minimal de 8 mètres. Aucune saillie dans la bande des 8 mètres n'est autorisée ".
4. D'une part, M. D fait valoir que l'arrêté autorise la réalisation d'un abri de voitures à l'alignement de l'avenue Cibrand en méconnaissance de la marge de recul de 5 mètres prévue par ces dispositions. Toutefois il résulte des règles applicables à l'ensemble des zones que les auteurs du plan local d'urbanisme ont prévu s'agissant des " [] Règles applicables aux constructions situées dans la marge de recul par rapport aux voies et aux emprises publiques : Dans la marge de recul, les saillies non fermées, les balcons, les auvents sans appui ainsi que les débords de toiture sont autorisés dans la limite maximum de 1 mètre. Une implantation en limite d'emprise publique peut être autorisée pour les constructions suivantes : garages, abris voiture, pergolas, dans la limite de 3 mètres de hauteur totale et de 20 m2 maximum d'emprise au sol. Des règles plus contraignantes peuvent être définies selon les zones ou les secteurs. ". Alors que la zone 2AU dans laquelle s'insère le projet de construction ne prévoit pas de règles plus strictes s'agissant de l'implantation des constructions telles que les garages dans la marge de recul, M. D n'est pas fondé à soutenir que cette réalisation méconnaitrait les dispositions précitées du plan local d'urbanisme qui prévoit en toute zone la possibilité d'ériger dans les marges de recul définies de telles constructions.
5. D'autre part, M. D fait valoir que le projet prévoit la démolition de toitures trois pans existantes face à la mer, afin de créer un toit terrasse d'agrément accessible, en méconnaissance également de la marge de recul de 8 mètres s'agissant des implantations par rapport au domaine public maritime.
6. La circonstance qu'une construction existante n'est pas conforme à une ou plusieurs dispositions d'un plan local d'urbanisme régulièrement approuvé ne s'oppose pas, en l'absence de dispositions de ce plan spécialement applicables à la modification des immeubles existants, à la délivrance ultérieure d'un permis de construire s'il s'agit de travaux qui, ou bien doivent rendre l'immeuble plus conforme aux dispositions réglementaires méconnues, ou bien sont étrangers à ces dispositions.
7. Il est constant que la construction existante de M. C empiète sur la marge de recul de 8 mètres prévue par le plan local d'urbanisme de sorte qu'elle doit être considérée comme non conforme à ces prescriptions. La réalisation dans la marge de recul de 8 mètres de travaux consistant en la démolition de toitures afin de permettre de réaliser une toiture terrasse accessible ne peut être regardée comme étranger à la méconnaissance des dispositions de l'article 6 du règlement de la zone 2AU précité. En revanche, il ressort des pièces du dossier que ces travaux ont pour objet d'abaisser la hauteur de la construction de 8.50 mètres NGF à 6.34 mètres NGF, au dernier état du permis de construire modificatif du 27 janvier 2022, de sorte qu'ils vont conduire à réduire le volume du bâti dans la marge de recul. Si M. D estime que, malgré cette réduction, les travaux vont conforter voire aggraver la méconnaissance des dispositions en litige dès lors que la réalisation d'une toiture terrasse accessible va accroitre le risque d'atteinte à la sécurité publique, il ne résulte d'aucun texte que la marge de recul depuis le domaine public maritime poursuive un tel objectif de sécurité publique. Enfin, alors même que la toiture-terrasse, entrainera un changement d'usage, en lieu et place d'anciens combles aménagés, sa réalisation entrainant une réduction du bâti existant doit être regardée comme rendant plus conforme la construction aux règles précitées méconnues. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées par rapport à l'alignement depuis le domaine public maritime doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 22 décembre 2020 par lequel le maire de la commune de Mauguio a délivré à M. C un permis de construire.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Mauguio, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. D au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. D la somme de 750 euros à verser tant à la commune de Mauguio qu'à M. C sur ce même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : M. D versera à la commune de Mauguio la somme de 750 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : M. D versera à M. C la somme de 750 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à la commune de Mauguio et à M. E C.
Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lison Rigaud, présidente,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère,
M. François Goursaud, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.
La rapporteure
I. Pastor La présidente,
L. Rigaud
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 30 mars 2023.
Le greffier,
M. B.
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026