mardi 4 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2102972 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP GIPULO - DUPETIT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 juin 2021 et 12 janvier 2022,
M. D A, représenté par Me Dupetit, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 septembre 2020 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales a prononcé à son encontre une astreinte journalière de 100 euros jusqu'à ce que soient respectées les prescriptions de l'arrêté du 26 septembre 2016 le mettant en demeure de remettre en état les terrains limitrophes du centre de traitement de véhicules hors d'usage situé sur le territoire de la commune de Saint-Jean-Pla-de-Corts ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet de l'Hérault du 12 avril 2021 liquidant à hauteur de 11 000 euros le montant de l'astreinte prononcée par l'arrêté du 2 septembre 2020, pour la période allant du 17 septembre 2020 au 5 janvier 2021 ;
3°) subsidiairement, de ramener le montant de l'astreinte à 1 900 euros ;
4°) de prononcer la restitution des sommes éventuellement perçues par l'Etat en application de l'arrêté du 12 avril 2021, assorties des intérêts au taux légal ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- dès lors qu'il n'exploite personnellement aucune activité de traitement de véhicules hors d'usage et qu'il n'est que le gérant de la SARL A et fils, le préfet a fait une inexacte application des dispositions des articles L. 171-8 et L. 514-4 du code de l'environnement en prononçant une astreinte à son encontre et en procédant à sa liquidation ;
- il n'est ni à l'origine de la pollution des terrains relevée lors de la visite d'inspection du 5 janvier 2021, qui n'est pas liée à l'exploitation du centre de traitement de véhicules hors d'usage, ni propriétaire des terrains en cause ;
- subsidiairement, dès lors qu'il a justifié, par l'envoi du procès-verbal de constat d'huissier du 21 septembre 2020, de la remise en état des terrains cadastrés 140 et 141 lui appartenant, la liquidation de l'astreinte doit être limitée à la période allant du 2 au 21 septembre 2020.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mars 2022, le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 2 septembre 2020 n'ont pas été présentées dans le délai de recours contentieux ;
- les moyens soulevés par le requérant au soutien des conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 12 avril 2021 et des conclusions subsidiaires tendant à la réduction du montant de l'astreinte ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B ;
- et les conclusions de Mme Lorriaux, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le préfet des Pyrénées-Orientales a pris le 26 septembre 2016 un arrêté mettant en demeure M. A de remettre en état les terrains limitrophes du centre de traitement de véhicules hors d'usage, exploité par la société à responsabilité limitée (SARL) A et fils dont il est le gérant, situé sur le territoire de la commune de Saint-Jean-Pla-de-Corts. Par un arrêté du 2 septembre 2020, le préfet a prononcé à l'encontre de M. A une astreinte d'un montant journalier de 100 euros par jour de retard jusqu'à ce que soient respectées les prescriptions de l'arrêté de mise en demeure du 26 septembre 2016. Par un arrêté du 12 avril 2021, le préfet a liquidé à hauteur de 11 000 euros le montant de l'astreinte prononcée par l'arrêté du 2 septembre 2020, pour la période allant du 17 septembre 2020 au 5 janvier 2021. M. A demande l'annulation des arrêtés des 2 septembre 2020 et 12 avril 2021. Subsidiairement, il demande la réduction du montant de l'astreinte prononcée à son encontre.
Sur la fin de non-recevoir opposée aux conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 2 septembre 2020 :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article R 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ".
3. Il résulte de l'instruction que le pli contenant l'arrêté du 2 septembre 2020, qui comportait la mention des voies et délais de recours, expédié à M. A par lettre recommandée avec avis de réception, a été distribué le 10 septembre 2020. Le requérant, à qui l'arrêté du 2 septembre 2020 a ainsi été régulièrement notifié, n'a pas formé un recours contentieux à son encontre avant l'expiration d'un délai de deux mois. Par suite, les conclusions de sa requête, enregistrée le 8 juin 2021, à fin d'annulation de cet arrêté, sont tardives et, par suite, irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 12 avril 2021 :
4. Aux termes de l'article L. 541-2 du code de l'environnement : " Tout producteur ou détenteur de déchets est tenu d'en assurer ou d'en faire assurer la gestion, conformément aux dispositions du présent chapitre./ Tout producteur ou détenteur de déchets est responsable de la gestion de ces déchets jusqu'à leur élimination ou valorisation finale, même lorsque le déchet est transféré à des fins de traitement à un tiers./ () ". L'article L. 541-3 du même code dispose : " I.- Lorsque des déchets sont abandonnés, déposés ou gérés contrairement aux prescriptions du présent chapitre et des règlements pris pour leur application, à l'exception des prescriptions prévues au I de l'article L. 541-21-2-3, l'autorité titulaire du pouvoir de police compétente avise le producteur ou détenteur de déchets des faits qui lui sont reprochés ainsi que des sanctions qu'il encourt et, après l'avoir informé de la possibilité de présenter ses observations, écrites ou orales, dans un délai de dix jours, le cas échéant assisté par un conseil ou représenté par un mandataire de son choix, peut lui ordonner le paiement d'une amende au plus égale à 15 000 € et le mettre en demeure d'effectuer les opérations nécessaires au respect de cette réglementation dans un délai déterminé./ Au terme de cette procédure, si la personne concernée n'a pas obtempéré à cette injonction dans le délai imparti par la mise en demeure, l'autorité titulaire du pouvoir de police compétente peut, par une décision motivée qui indique les voies et délais de recours :/ () 4° Ordonner le versement d'une astreinte journalière au plus égale à 1 500 € courant à compter d'une date fixée par la décision jusqu'à ce qu'il ait été satisfait aux mesures prescrites par la mise en demeure. Le montant maximal de l'astreinte mise en recouvrement ne peut être supérieur au montant maximal de l'amende applicable pour l'infraction considérée ;/ () ".
5. Sont responsables des déchets, au sens de ces dispositions, les seuls producteurs ou autres détenteurs des déchets. En l'absence de tout producteur ou de tout autre détenteur connu, le propriétaire du terrain sur lequel ont été déposés des déchets peut être regardé comme leur détenteur au sens de l'article L. 541-2 du code de l'environnement, notamment s'il a fait preuve de négligence à l'égard d'abandons sur son terrain.
6. Il résulte de l'instruction, notamment des motifs du rapport d'inspection du 4 juillet 2016, que la présence de déchets provenant de véhicules hors d'usage a été constatée sur les terrains limitrophes du centre de traitement de véhicules hors d'usage exploité par la SARL A et fils. Alors que par l'arrêté du 26 septembre 2016, devenu définitif, M. A avait été mis en demeure, tant en qualité de producteur que de détenteur de déchets, d'évacuer ceux présents sur les zones non incluses dans le périmètre du centre de traitement exploité par la société dont il est le gérant, une visite d'inspection réalisée le 7 juillet 2020 a permis de constater que des déchets étaient toujours stockés en dehors du site sur les parcelles voisines. Il ressort du rapport de la visite d'inspection effectuée le 5 janvier 2021 qu'a été constatée la présence de nombreux déchets automobiles mêlés à des terres remblayées et nivelées, une carcasse automobile et diverses pièces automobiles sur le terrain limitrophe situé à l'ouest du site du centre de traitement, ainsi que la présence d'un véhicule hors d'usage sur le terrain limitrophe situé au nord de celui-ci. Ces constatations ne sont valablement contredites ni par la production d'un constat dressé antérieurement, le 21 septembre 2020, par un huissier de justice, qui a d'ailleurs constaté la présence de déchets métalliques et de nombreux débris résultant de l'entreposage de véhicules, ni par la production d'une photographie aérienne représentant les sites de prélèvement d'échantillons réalisée par le requérant lui-même et dès lors dépourvue de valeur probante, et qui apparaît en outre concerner une partie située dans le périmètre du centre de traitement et non les terrains limitrophes en cause. M. A ne conteste pas sérieusement être à l'origine de ces déchets en se bornant à alléguer qu'ils ne sont pas liés à l'activité de la SARL A et fils, alors que, d'une part, il reconnaît avoir fait entreposer des véhicules en attente de traitement sur les terrains limitrophes dont il est propriétaire et que, d'autre part, il résulte du courrier électronique du 12 janvier 2017 versé au dossier par le préfet des Pyrénées-Orientales que l'intéressé a expressément reconnu auprès d'un agent de la mairie de Saint-Jean-Pla-de-Corts avoir fait enfouir des déchets automobiles aux abords du fleuve Tech. Il pouvait dès lors être regardé comme le producteur des déchets constatés sur les terrains limitrophes au centre de traitement, sans pouvoir utilement se prévaloir de ce qu'il n'en est pas l'exploitant. Il suit de là que le préfet des Pyrénées-Orientales pouvait légalement procéder à la liquidation de l'astreinte journalière de 100 euros prononcée à bon droit à son encontre par l'arrêté du 2 septembre 2020. Par suite, M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 12 avril 2021.
Sur les conclusions tendant à la réduction du montant de l'astreinte :
7. Contrairement à ce que soutient M. A, il résulte de l'instruction, notamment du rapport de la visite d'inspection effectuée le 5 janvier 2021, qu'il n'avait pas été satisfait à cette date aux mesures prescrites par la mise en demeure du 2 septembre 2020. C'est dès lors à bon droit que le préfet de l'Hérault a procédé à liquidation de l'astreinte journalière de 100 euros pour la période allant du 17 septembre 2020, date à laquelle l'arrêté de mise en demeure du 2 septembre 2020 a été notifié à M. A, au 5 janvier 2021. Par suite, les conclusions tendant à ce que le montant de l'astreinte soit ramené de 11 000 euros à 1 900 euros, ainsi que les conclusions à fin de restitution de la somme correspondante, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme quelconque au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet des Pyrénées-Orientales.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Charvin, président,
M. Verguet, premier conseiller,
Mme Doumergue, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2023.
Le rapporteur,
H. B
Le président,
J. Charvin
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 4 avril 2023
La greffière,
M. C
Ls
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026