vendredi 27 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2102983 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | PASSET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 juin 2021, Mme A B, représentée par Me Passet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 avril 2021 par laquelle le département de l'Hérault a rejeté sa demande de congé longue maladie ;
2°) d'annuler l'arrêté du 14 avril 2021 par lequel le département de l'Hérault a prolongé sa disponibilité d'office pour raison de santé du 4 mars 2021 au 30 avril 2021 ;
3°) d'enjoindre au président du département de l'Hérault de lui octroyer un congé de longue maladie du 4 septembre 2019 au 31 octobre 2020 et de décider de sa reprise sur un poste aménagé à compter du 31 octobre 2020, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) subsidiairement, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
5°) de mettre à la charge du département de l'Hérault une somme de 2 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
S'agissant des deux décisions :
- elles ont été signées par une autorité incompétente faute de délégation régulière ;
- elles ont été prises à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'elle n'a pas été informée de l'ensemble de ses droits ;
- la composition du comité médical méconnaît l'article 3 du décret du 30 juillet 1987, dès lors qu'aucun médecin spécialiste n'a siégé ;
- l'avis du comité médical est irrégulier dès lors que le médecin de prévention n'a pas été informé de la date de la séance ;
S'agissant de la décision de refus d'octroi d'un congé longue maladie :
- la décision méconnaît le 3° de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 dès lors que son état de santé justifie l'octroi d'un congé de longue maladie au regard de l'article 1er de l'arrêté du 14 mars 1986 ;
S'agissant de l'arrêté portant prolongation de sa mise en disponibilité d'office :
- elle est illégale dès lors qu'elle n'a pas été mise à même de présenter une demande de reclassement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mai 2022, le département de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-68 du 13 janvier 1986
- le décret n° 87- 602 du 30 juillet 1987 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bayada, rapporteure,
- les conclusions de Mme Moynier, rapporteure publique,
- et les observations de Me Passet représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, rédacteur principal de 1ère classe au service des informations préoccupantes du département de l'Hérault, placée en arrêt maladie du 4 septembre 2019 au 3 septembre 2020, a demandé l'octroi d'un congé longue maladie à raison de son état de santé. Par une décision du 3 novembre 2020, le président du conseil départemental de l'Hérault a rejeté cette demande. Par arrêté du même jour, il l'a placée en disponibilité d'office pour raisons de santé du 4 septembre 2020 jusqu'au 3 mars 2021. Par un jugement du 10 juin 2022, sous le n° 2005932 le tribunal administratif de Montpellier a annulé ces deux décisions et a enjoint au président du département de l'Hérault de réexaminer la demande de Mme B. Saisi d'une demande de révision de son précédent avis, le comité médical, par un avis du 24 mars 2021, a émis un avis défavorable à la demande de congé longue maladie et s'est prononcé en faveur d'une reprise de l'agent à temps complet après adaptation de son poste selon les préconisations du médecin de prévention. Par une décision du 14 avril 2021, le président du département de l'Hérault a, à nouveau, rejeté la demande de congé longue maladie dont il était saisi et par un arrêté du même jour, il a placé Mme B en disponibilité d'office du 4 mars 2021 au 30 avril 2021. Par sa requête, Mme B demande l'annulation de ces deux décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision du 14 avril 2021 rejetant la demande de congé longue maladie :
2. Aux termes de l'article 57 de la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 : " Le fonctionnaire a droit : () 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaires un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée (). Aux termes de ceux de l'article 3 du décret n°87-602 du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux prévoit notamment que " Dans chaque département, un comité médical départemental est constitué auprès du préfet. Dans les départements où les collectivités territoriales sont affiliées à un centre interdépartemental de gestion, les préfets constituent conjointement un comité médical interdépartemental dont le siège est celui du centre interdépartemental de gestion. Chaque comité comprend deux praticiens de médecine générale et, pour l'examen des cas relevant de sa compétence, un médecin spécialiste de l'affection dont est atteint le fonctionnaire qui demande à bénéficier du congé de longue maladie ou de longue durée prévu au 3° ou au 4° de l'article 57 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 susvisée. ().
3. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
4. Il ressort des mentions du procès-verbal de la séance du comité médical du 24 mars 2021 sur la base duquel a été pris l'arrêté du 14 avril 2021 en litige, qu'étaient présents et ont pris part au vote deux médecins généralistes. Toutefois, si le procès-verbal comporte à la rubrique " motif de présentation ", la mention " réintégration à temps complet ", il est constant que le comité médical départemental a été saisi par le département de l'Hérault d'une demande de révision de l'avis précédemment rendu par ce comité sur la demande de congé longue maladie présentée par Mme B, rendant obligatoire la présence d'un médecin spécialiste de l'affection dont est atteinte Mme B et pour laquelle elle a sollicité le bénéfice d'un congé longue maladie. Dans ces conditions, Mme B est fondée à soutenir que l'arrêté contesté a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que la présence d'un médecin spécialiste constitue une garantie pour le fonctionnaire.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 14 avril 2021 par laquelle le président du département de l'Hérault a refusé l'octroi du congé longue maladie demandé par Mme B doit être annulée.
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 14 avril 2021 portant mise en disponibilité d'office de Mme B du 4 mars 2021 au 30 avril 2021 :
6. Aux termes de l'article 72 de la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " La disponibilité est la position du fonctionnaire qui, placé hors de son administration ou service d'origine, cesse de bénéficier, dans cette position, de ses droits à l'avancement et à la retraite. () La disponibilité est prononcée, soit à la demande de l'intéressé, soit d'office à l'expiration des congés prévus aux 2°, 3° et 4° de l'article 57 ". Aux termes de l'article 19 du décret n°86-68 du 13 janvier 1986 relatif aux positions de détachement, de disponibilité, de congé parental des fonctionnaires territoriaux et à l'intégration : " La mise en disponibilité peut être prononcée d'office à l'expiration des droits statutaires à congés de maladie prévus () au 3° () de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 et s'il ne peut, dans l'immédiat, être procédé au reclassement du fonctionnaire dans les conditions prévues aux articles 81 à 86 de la loi du 26 janvier 1984. () ". En raison des effets qui s'y attachent, l'annulation pour excès de pouvoir d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, emporte, lorsque le juge est saisi de conclusions recevables, l'annulation par voie de conséquence des décisions administratives consécutives qui n'auraient pu légalement être prises en l'absence de l'acte annulé ou qui sont en l'espèce intervenues en raison de l'acte annulé. Il en va ainsi, notamment, des décisions qui ont été prises en application de l'acte annulé et de celles dont l'acte annulé constitue la base légale.
7. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date de l'arrêté du 14 avril 2021 par lequel le département de l'Hérault l'a placée en disponibilité d'office pour raison de santé du 4 mars 2021 au 30 avril 2021, les droits statutaires à congé de l'intéressée n'étaient pas nécessairement épuisés. Dès lors, le placement en disponibilité d'office pour raison de santé découle implicitement mais nécessairement du refus d'octroi du congé longue maladie demandé par Mme B. Il s'ensuit que la décision du 14 avril 2021 sur laquelle se fonde l'arrêté attaqué étant annulée, l'arrêté du 14 avril 2021 plaçant Mme B en disponibilité d'office pour raisons de santé du 4 mars au 30 avril 2021 doit également être annulé par voie de conséquence.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Le motif d'annulation retenu pour la décision du 14 avril 2021 par laquelle le président du département de l'Hérault a refusé l'octroi du congé longue maladie, tiré d'un vice de procédure, implique seulement que le président du département de l'Hérault réexamine la situation de Mme B, après saisine du comité médical régulièrement composé. Il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge du département de l'Hérault une somme de 1 500 euros à verser à Mme B au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 14 avril 2021 par laquelle le président du département de l'Hérault a refusé le congé longue maladie demandé par Mme B et l'arrêté du 14 avril 2021 par lequel le président du département de l'Hérault l'a placée en disponibilité d'office pour raison de santé du 4 mars 2021 au 30 avril 2021 sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au président du département de l'Hérault de procéder au réexamen de la situation de Mme B, après saisine le comité médical, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le département de l'Hérault versera à Mme B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au département de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 6 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gayrard, président,
Mme Bayada, première conseillère,
Mme Bossi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 janvier 2023.
La rapporteure,
A. BayadaLe président,
J.P. Gayrard
La greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 27 janvier 2023.
La greffière,
B. Flaesch
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026