jeudi 25 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2102995 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | VICTOR TELES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 juin 2021, Mme G D, représentée par Me Teles, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 mars 2021 par lequel le maire de la commune de Lansargues n'a pas fait opposition à la déclaration préalable de travaux déposée le 10 février 2021 par Mme C E en vue de la création d'une clôture sur un terrain situé 388 rue de la Libération, parcelle cadastrée section BC n° 132, ainsi que la décision implicite rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Lansargues et de Mme E une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'est pas établi que le signataire de l'arrêté attaqué avait compétence pour ce faire ;
- le dossier de demande est entaché d'incomplétude faute de comporter un plan de masse coté dans les trois dimensions et des photographies des lieux environnants, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme ;
- l'autorisation litigieuse méconnaît les dispositions de l'article UE 7 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article UE 11 du même règlement relatives à l'aspect extérieur des clôtures légères non maçonnées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 août 2021, la commune de Lansargues, représentée par la SCP SVA, conclut, à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à la mise en œuvre des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, à ce qu'une somme de 1 200 euros soit mise à la charge de Mme D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UE 7 du règlement du plan local d'urbanisme est inopérant ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 août 2021, Mme C E, représentée par la SELARL Valette-Berthelsen, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UE 7 du règlement du plan local d'urbanisme est inopérant ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Goursaud, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique ;
- les observations de Me Teles, représentant Mme D, celles de Me Monflier, représentant la commune de Lansargues, et celles de Me Vidal, représentant Mme E.
Considérant ce qui suit :
1. Le 10 février 2021, Mme E a déposé une déclaration préalable de travaux pour la création d'une clôture sur un terrain situé 388 rue de la Libération, parcelle cadastrée section BC n° 132, sur le territoire de la commune de Lansargues. Par arrêté du 11 mars 2021, le maire de Lansargues n'a pas fait opposition à cette déclaration. Par courrier du 29 mars 2021 réceptionné en mairie le 31 mars suivant, Mme D a formé un recours gracieux contre cet arrêté. Par la présente requête, elle demande l'annulation de l'arrêté du 11 mars 2021 et de la décision implicite rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu ". Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et, en l'absence ou en cas d'empêchement des adjoints ou dès lors que ceux-ci sont tous titulaires d'une délégation, à des membres du conseil municipal. (). ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, par arrêté du 3 février 2021, le maire de Lansargues a délégué à M. A F, adjoint au maire délégué à l'urbanisme, une partie de ses fonctions en ce qui concerne, notamment, l'instruction et la délivrance des autorisations d'urbanisme, dont relève l'arrêté attaqué. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la déclaration comprend : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Un plan de masse coté dans les trois dimensions lorsque le projet a pour effet de créer une construction ou de modifier le volume d'une construction existante ; / c) Une représentation de l'aspect extérieur de la construction faisant apparaître les modifications projetées et si le projet a pour effet de modifier celui-ci ; / () ".
5. Si la régularité de la procédure d'instruction d'une déclaration préalable de travaux requiert la production par le pétitionnaire de l'ensemble des documents exigés par les dispositions précitées, la circonstance que le dossier de déclaration préalable ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité la décision en litige que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
6. La requérante soutient que le dossier de déclaration préalable est incomplet faute de comporter un plan de masse coté dans trois dimensions permettant d'apprécier la largeur de la clôture et des photographies des lieux environnants. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le plan de situation annoté a permis au service instructeur d'apprécier la localisation de la clôture, implantée en ligne droite continue entre la maison d'habitation située sur la parcelle BC n° 126 et la construction située sur la parcelle BC n° 133, tandis que le formulaire cerfa rempli par la pétitionnaire renseigne les caractéristiques détaillées de son projet, à savoir la longueur, la hauteur, les matériaux constituant la clôture dont l'installation est prévue, laquelle constitue une " clôture privée " selon les termes mêmes de la demande n'ayant pas vocation à empiéter sur le terrain d'assiette de Mme D. En outre, contrairement à ce que soutient la requérante, le dossier de demande comportait deux photographies de l'état des lieux existant ayant permis au service instructeur d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement immédiat. Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier doit être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article UE 7 du règlement du plan local d'urbanisme, relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives : " Les règles d'implantation définies par le présent article ne s'appliquent qu'au-dessus du terrain naturel. La distance comptée horizontalement de tout point de ce bâtiment au point de la limite parcellaire qui en est le plus rapproché doit être au moins égale à 3 mètres. () ".
8. Sont applicables aux clôtures, dont celles qui prennent la forme d'un mur, les seules dispositions du règlement d'un plan local d'urbanisme édictées spécifiquement pour régir leur situation, sur le fondement des articles R. 151-41 et R. 151-43 du code de l'urbanisme. En revanche, un mur qui est incorporé à une construction, alors même qu'il a la fonction de clore ou limiter l'accès à son terrain d'assiette, est soumis à l'ensemble des règles du règlement du plan local d'urbanisme applicables aux constructions.
9. Il ressort des pièces du dossier que la clôture autorisée n'est pas composée d'éléments maçonnés mais de poteaux autoclaves en bois et de panneaux grillagés rigides tandis qu'elle ne s'incorpore pas à une construction. Elle a pour seule fonction de fermer l'accès à une partie de la propriété de Mme E. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UE 7 précité est inopérant et ne peut qu'être écarté.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article UE 11 du règlement du plan local d'urbanisme : " () 7) Clôtures / Dans le cas de clôtures légères non maçonnées elles devront obligatoirement être doublées d'une haie vice d'essences locales. / Les murs de clôture doivent avoir un aspect qui s'harmonise avec celui des façades principales et/ou avec les clôtures limitrophes de manière à constituer une continuité. / () Les portails et autre éléments métalliques (y compris grillages et panneaux rigides) de clôture sont obligatoirement réalisés dans la gamme du nuancier des ferronneries. () ".
11. D'une part, il ne ressort pas du descriptif de la clôture figurant au formulaire Cerfa et des photographies versées au débat que la clôture à édifier ne s'harmonisera pas avec les façades existantes, lesquelles sont en tout état de cause situées à l'arrière du front bâti donnant sur la rue de la Libération et ne constituent pas des " façades principales " au sens des dispositions précitées.
12. D'autre part et en revanche, en l'absence de toute précision dans le dossier de demande quant à la couleur employée pour la réalisation des panneaux grillagés et de toute prescription en ce sens dans l'arrêté attaqué, la requérante est fondée à soutenir que les dispositions particulières de l'article UE 11 imposant pour ces éléments métalliques de respecter le nuancier de référence ont été méconnues. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UE 11 précité doit, dans cette mesure, être accueilli.
13. En cinquième et dernier lieu, les autorisations d'utilisation du sol ayant pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme et étant accordées sous réserve du droit des tiers, la requérante ne saurait utilement faire valoir que la pose de la clôture litigieuse a pour seul but de l'empêcher d'accéder à son garage alors même qu'elle bénéficierait d'une servitude de passage. Au demeurant, cette assertion est démentie pas les pièces versées au dossier puisque la pétitionnaire justifie en défense avoir été assignée devant le tribunal judiciaire par Mme D pour se voir reconnaitre l'existence d'une telle servitude.
Sur la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
14. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".
15. Le vice dont la décision de non-opposition à déclaration préalable litigieuse est entachée, tenant à la méconnaissance des dispositions de l'article UE 11 relatives au nuancier de référence des ferronneries, est susceptible d'être régularisé par la délivrance d'un permis en ce sens. Il y a donc lieu pour le tribunal, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, de surseoir à statuer et d'impartir à la commune de Lansargues et à la pétitionnaire un délai d'un mois, à compter de la notification du présent jugement, pour justifier d'une autorisation d'urbanisme à même de régulariser l'illégalité évoquée précédemment.
D E C I D E :
Article 1er : Il est sursis à statuer sur la requête de Mme D.
Article 2 : La commune de Lansargues et Mme E devront justifier, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, de la délivrance d'une décision de non-opposition à déclaration préalable de régularisation, à même de purger le vice tenant à la méconnaissance de l'article UE 11 du code de l'urbanisme visé au point 12 du présent jugement, qu'il leur appartiendra, en outre, de notifier sans délai à Mme D.
Article 3 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme G D, à la commune de Lansargues et à Mme C E.
Délibéré après l'audience du 11 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lison Rigaud, présidente,
Mme Sophie Crampe, première conseillère,
M. François Goursaud, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.
Le rapporteur,
F. Goursaud
La présidente,
L. Rigaud
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
M. B00
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026