vendredi 10 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2103038 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP VIAL-PECH DE LACLAUSE-ESCALE-KNOEPFFLER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 juin 2021, Mme B C, représentée par Me Pech de Laclause, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 mars 2021 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires de Toulouse a rejeté la demande tendant à reconnaître l'imputabilité au service de l'accident dont elle a été victime le 10 novembre 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision a été signée par une autorité ne disposant pas d'une délégation de signature régulièrement publiée ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'aucun médecin spécialiste n'a siégé lors de la séance de la commission de réforme ;
- le directeur interrégional des services pénitentiaires de Toulouse s'est senti lié par l'avis rendu par la commission de réforme ;
- elle est entachée d'un erreur d'appréciation dès lors que son état de santé est en lien directe et certain avec l'entretien du 10 novembre 2016.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 novembre 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme C sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique ;
- le rapport de Mme Bayada, première conseillère,
- les conclusions de Mme Moynier, rapporteure publique,
- et les observations de Me Agier, représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme Hélène Regnier-Debelut, secrétaire administrative, est affectée depuis le 1er mars 2012 au centre pénitentiaire de Perpignan. Le 10 novembre 2016, elle a été convoquée à un entretien avec le directeur du centre pénitentiaire, et son chef de service qu'elle a déclaré comme constitutif d'un accident de travail le 22 novembre 2016. Par décision du 31 juillet 2017, le directeur interrégional des services pénitentiaires de Toulouse a refusé de reconnaitre l'imputabilité au service de l'évènement du 10 novembre 2016. Mme C a alors formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision et l'administration a décidé de saisir, à nouveau, la commission de réforme afin de réexaminer sa situation. Suite à ce nouvel examen, par décision du 8 novembre 2018, notifiée le 22 novembre suivant, le directeur interrégional des services pénitentiaires de Toulouse a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'évènement du 10 novembre 2016. Par un jugement n° 1900290 du 27 novembre 2020, le tribunal administratif de Montpellier a annulé cette décision. A la suite d'un nouvel examen, le directeur interrégional a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de cet accident. Par sa requête, Mme C demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, la décision en litige a été signée par Mme A, cheffe du département des ressources humaines et des relations sociales en vertu d'une délégation de signature consentie par le directeur interrégional des services pénitentiaires de Toulouse le 18 décembre 2020 et régulièrement publié au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture de région Occitanie le même jour. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit donc être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Aux termes de ceux de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". Il résulte de ces dispositions législatives que le refus de reconnaître l'imputabilité au service d'un accident est au nombre des décisions qui doivent être motivées.
4. La décision attaquée énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, permettant à l'intéressée de connaître les raisons pour lesquelles sa demande a été rejetée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions attaquées ne peut qu'être écarté.
5. En troisième lieu, Aux termes de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée, dans sa rédaction alors applicable : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions () / Toutefois, si la maladie provient () d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés () l'accident ". Aux termes de l'article 12 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires : " Dans chaque département, il est institué une commission de réforme départementale compétente à l'égard des personnels mentionnés à l'article 15. Cette commission, placée sous la présidence du préfet ou de son représentant, qui dirige les délibérations mais ne participe pas aux votes, est composée comme suit : () / 4. Les membres du comité médical prévu à l'article 6 du présent décret () ". Aux termes du deuxième alinéa de l'article 5 de ce décret, auquel renvoie sur ce point le deuxième alinéa de l'article 6 : " Ce comité comprend deux praticiens de médecine générale, auxquels est adjoint, pour l'examen des cas relevant de sa qualification, un spécialiste de l'affection pour laquelle est demandé le bénéfice du congé de longue maladie ou de longue durée prévu à l'article 34 (3e et 4e) de la loi du 11 janvier 1984 (). "
6. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que la commission de réforme n'est pas tenue de s'adjoindre un médecin spécialiste lorsqu'elle se prononce, comme en l'espèce, sur l'imputabilité au service d'un accident donnant lieu à des congés de maladie pris sur le fondement du 2° de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984. Par suite, le moyen tiré de ce que la commission de réforme était irrégulièrement composée, en l'absence d'un praticien spécialiste de psychiatrie doit être écarté comme inopérant.
7. En quatrième lieu, il résulte des termes de l'arrêté litigieux que le directeur interrégional des services pénitentiaires de Toulouse ne s'est pas borné à viser l'avis défavorable émis par la commission de réforme mais s'est approprié les conclusions de cet avis de la commission de réforme pour rejeter la demande dont il était saisi, après avoir procédé à un examen particulier de celle-ci. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision serait entachée d'erreur de droit, faute pour l'administration d'avoir exercé l'étendue de sa compétence. Le moyen doit dès lors être écarté.
8. En cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article 34 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, dans sa rédaction applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : () / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. / Toutefois, si la maladie provient () d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident ; () ".
9. Constitue un accident de service, pour l'application des dispositions précitées, un évènement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci. Sauf à ce qu'il soit établi qu'il aurait donné lieu à un comportement ou à des propos excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, lequel peut conduire le supérieur hiérarchique à adresser aux agents des recommandations, remarques, reproches ou à prendre à leur encontre des mesures disciplinaires, un entretien, notamment d'évaluation, entre un agent et son supérieur hiérarchique, ne saurait être regardé comme un événement soudain et violent susceptible d'être qualifié d'accident de service, quels que soient les effets qu'il a pu produire sur l'agent.
10. Il ressort des pièces du dossier que, le 10 novembre 2016, Mme C a participé à un entretien avec le directeur du centre pénitentiaire et son chef de service, au cours duquel ont été abordées les difficultés professionnelles rencontrées par la requérante dans les fonctions qu'elle exerçait à la suite de sa reprise de fonctions, notamment en matière de comptabilité et qu'à cette occasion, son supérieur hiérarchique l'a informée qu'il souhaitait demander son reclassement en qualité d'adjoint administratif. Mme C a déposé, le 22 novembre 2016, une déclaration d'accident de service, et soutient avoir été victime, après cet entretien d'un " épisode anxio dépressif avec crise de nerfs et état de choc ". Si Mme C soutient que l'entretien du 10 novembre 2016 lui fait subir une violente remise en cause de la qualité de son travail et de ses compétences, sans aucune justification, et aurait conduit à la naissance de la pathologie dont elle souffre, elle n'apporte aucun élément permettant d'établir que l'entretien en cause aurait donné lieu à un comportement ou à des propos des supérieurs hiérarchiques excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. Dans ces conditions, faute pour l'entretien du 10 novembre 2016 de présenter les caractéristiques d'un accident de service, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'en refusant de reconnaître l'imputabilité au service de cet entretien, le directeur interrégional des services pénitentiaires de Toulouse a fait une inexacte application des dispositions précitées.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 17 mars 2021 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées par Mme C dirigées contre l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au garde des sceaux ministre de la justice.
Copie en sera adressée pour information au directeur interrégional des services pénitentiaires de Toulouse.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mars 2023.
La rapporteure,
A. BayadaLe président,
J.P. Gayrard
La greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 10 mars 2023.
La greffière,
B. Flaeschil
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026