LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2103068

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2103068

jeudi 25 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2103068
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantSICOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 14 juin 2021 et le 6 octobre 2022, Mme G C E, représenté par Me Hiault Spitzer, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 3 mai 2021 par laquelle le maire de la commune de Cazouls-lès-Béziers a refusé de constater la péremption du permis de construire accordé le 3 juillet 2014 à M. F pour la réalisation d'une terrasse surélevée, ensemble la décision implicite rejetant le recours gracieux exercé le 10 mai 2021 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Cazouls-lès-Béziers la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la décision du 3 mai 2021 est entachée d'une erreur de droit et d'appréciation au regard de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme en ce que le permis accordé est devenu caduque en l'absence de travaux entre 2014 et 2020.

Par des mémoires enregistrés le 16 juillet 2021 et le 19 octobre 2022, M. A F, représenté par Me Sicot, conclut :

- au rejet de la requête ;

- à ce que Mme C soit condamnée à verser la somme de 10 000 euros pour recours abusif sur le fondement de l'article R. 741-2 du code de justice administrative ;

- à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir ;

- le moyen soulevé n'est pas fondé ; il a adressé une déclaration d'achèvement de travaux et de conformité le 5 juillet 2021 ;

- le recours de Mme C est abusif.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 26 septembre et le 27 octobre 2022, la commune de Cazouls-lès-Béziers, représentée par Me Moreau, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme C au titre de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative.

Elle soutient que le moyen soulevé n'est pas fondé et que les travaux ont été terminés le 4 juillet 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B ;

- les conclusions de M. Goursaud, rapporteur public ;

- les observations de Me Hiault-Spietzer, représentant Mme C E ;

- et les observations de Me Ramos, représentant la commune de Cazouls-les-Bèziers.

Considérant ce qui suit :

1. M. F a obtenu le 3 juillet 2014 un permis de construire accordé par le maire de la commune de Cazouls-lès-Béziers l'autorisant à réaliser une terrasse surélevée sur les parcelles cadastrées section B n°191 et n°192. Mme C est devenue propriétaire d'une maison d'habitation sur une parcelle voisine le 14 mai 2020. Le 17 février 2021, Mme C a demandé au maire de la commune de constater la caducité du permis de construire accordé à M. F. Par une décision du 3 mai 2021, le maire de la commune a rejeté sa demande. Mme C a exercé un recours gracieux le 10 mai 2021 à l'encontre de cette décision. Par sa requête, Mme C demande l'annulation de la décision du 3 mai 2021 et de la décision implicite rejetant le recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. D'une part, aux termes du premier alinéa de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme dans sa version applicable à la date du permis d'aménager en litige : " Le permis de construire, d'aménager ou de démolir est périmé si les travaux ne sont pas entrepris dans le délai de deux ans à compter de la notification mentionnée à l'article R. 424-10 ou de la date à laquelle la décision tacite est intervenue ".

3. L'article 1er du décret du 29 décembre 2014 prolongeant le délai de validité des permis de construire, des permis d'aménager, des permis de démolir et des décisions de non-opposition à une déclaration préalable a, pour les permis intervenus au plus tard le 31 décembre 2015, porté à trois ans le délai mentionné au premier alinéa de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme. En vertu de l'article 2 de ce même décret, cette modification s'applique aux autorisations en cours de validité à la date de sa publication, soit le 30 décembre 2014. Ce délai de validité a ensuite été porté à trois ans, de façon pérenne, par le décret du 5 janvier 2016 relatif à la durée de validité des autorisations d'urbanisme et portant diverses dispositions relatives à l'application du droit des sols et à la fiscalité associée, lequel a modifié l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme.

4. Il résulte de ces dispositions que l'interruption des travaux ne rend caduc un permis de construire que si sa durée excède un délai d'un an, commençant à courir après l'expiration du délai de deux ans, porté à trois ans par le décret du 29 décembre 2014, imparti par le premier alinéa de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme.

5. D'autre part, il appartient au juge de l'excès de pouvoir de former sa conviction sur les points en litige au vu des éléments versés au dossier par les parties. S'il peut écarter des allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées, il ne saurait exiger de l'auteur du recours que ce dernier apporte la preuve des faits qu'il avance. Le cas échéant, il revient au juge, avant de se prononcer sur une requête assortie d'allégations sérieuses non démenties par les éléments produits par l'administration en défense, de mettre en œuvre ses pouvoirs généraux d'instruction des requêtes et de prendre toutes mesures propres à lui procurer, par les voies de droit, les éléments de nature à lui permettre de former sa conviction, en particulier en exigeant de l'administration compétente la production de tout document susceptible de permettre de vérifier les allégations du demandeur.

6. Il ressort des pièces du dossier que le permis de construire en litige a été accordé à M. F le 3 juillet 2014, si bien que le pétitionnaire disposait d'un délai expirant le 3 juillet 2017 pour commencer les travaux. Dans ces conditions, les circonstances invoquées par la requérante tenant à l'interruption de travaux pendant plus d'un an entre ces deux dates est sans incidence sur la péremption du permis de construire. Ensuite, aucune disposition du code de l'urbanisme n'impose au titulaire du permis de construire d'achever les travaux autorisés dans un délai déterminé ou maximum. Par ailleurs, si la requérante produit une attestation d'une voisine indiquant que les travaux ont été arrêtés entre septembre 2016 et septembre 2020, il ressort toutefois des pièces du dossier que le pétitionnaire produit à l'inverse de nombreuses attestations de voisins indiquant le voir travailler seul sur ce chantier depuis de nombreuses années de façon régulière. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le maire de la commune a établi une attestation le 24 mars 2021 indiquant que les gardiens de police municipale accompagnés de l'inspecteur du cadastre pour le suivi et le contrôle des travaux, avaient constaté que les travaux étaient en cours en 2017, que le gros œuvre avait débuté en 2018 et que les travaux étaient toujours en cours en 2019, bien qu'évoluant lentement dès lors que le pétitionnaire faisait lui-même les travaux. Par ailleurs, une fiche de cadastre précise que les travaux de gros œuvre ont débuté en mai 2018, soit dans un délai inférieur à un an à compter du 3 juillet 2017, puis qu'en mars 2019 les travaux continuaient. Enfin, la seule circonstance qu'une lettre de relance du cadastre ait été adressée au pétitionnaire le 3 juillet 2020 n'est pas de nature à révéler, à elle seule, l'interruption des travaux pendant plus d'une année. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que les travaux du pétitionnaire auraient été interrompus pendant plus d'un an avant qu'elle ne constate elle-même des travaux en septembre 2020 après l'acquisition de sa maison d'habitation en mai de la même année. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation au regard de l'article R. 421-17 du code de l'urbanisme doivent être écartés.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article R. 741-2 du code de justice administrative :

8. Aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros. ". La faculté prévue par ces dispositions constitue un pouvoir propre du juge. En tout état de cause, la présente requête ne présente pas en soi un caractère abusif. Il n'y a pas lieu d'infliger à Mme C une amende sur le fondement de ces dispositions et les conclusions présentées à ce titre par M. F doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Cazouls-les-Béziers, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Mme C la somme qu'elle réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Par ailleurs, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme C le versement à M. F et à la commune de Cazouls-les-Béziers d'une quelconque somme sur le fondement de ces mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C E est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par Mme C et la commune de Cazouls-les-Béziers au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Les conclusions présentées par M. F au titre de l'article R. 741-12 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : La présente décision sera notifiée à Mme G C E, à la commune de Cazouls-les-Béziers et à M. A F.

Délibéré après l'audience du 28 mars 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Fabienne Corneloup, présidente,

Mme Michelle Couégnat, première conseillère,

M. Nicolas Huchot, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2024.

Le rapporteur,

N. B

La présidente,

F. CorneloupLa greffière,

M. D

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier le 25 avril 2024.

La greffière,

M. D

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions