mardi 14 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2103111 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | BONNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des pièces complémentaires et un mémoire, enregistrés les 15, 21 et 22 juin 2021 et le 28 septembre 2022, M. C A, représenté par Me Boutaleb-Gourier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 février 2021 par laquelle le maire de la commune de Thuir n'a pas fait opposition à la déclaration préalable présentée par M. B tendant à la construction d'une piscine sur la parcelle cadastrée section AN n° 26, ainsi que le refus implicite opposé à son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Thuir la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable dès lors qu'il est le voisin immédiat de M. B et qu'à ce titre, il est susceptible de voir les conditions de jouissance de sa maison d'habitation affectées par la piscine projetée, devant s'implanter à 2 mètres de la limite séparative de sa parcelle et pouvant entraîner une atteinte à sa tranquillité et à son intimité ;
- le dossier de déclaration préalable est incomplet de sorte que les dispositions de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme ont été méconnues ;
- les dispositions des articles UB 6 et UB 7 du plan local d'urbanisme relatives à l'implantation des constructions vis-à-vis des voies et emprises publiques ainsi que des limites séparatives ont été méconnues ;
- les prescriptions tenant à l'emprise au sol des constructions ont été méconnues.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2022, M. et Mme D B, représentés par Me Bonnet, concluent au rejet de la requête et à la mise à la charge du requérant de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2022, la commune de Thuir, représenté par Me Diaz, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge du requérant de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que la décision du 2 février 2021 est purement confirmative de la décision de non-opposition tacite détenue par M. B ;
- la requête est également irrecevable dès lors que M. B, par sa seule qualité de voisin immédiat, ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir contre la décision contestée ;
- au surplus, les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E ;
- les conclusions de M. Lafay, rapporteur public ;
- et les observations de Me Diaz représentant la commune de Thuir.
Considérant ce qui suit :
1. Après avoir entrepris, en 2014, des travaux d'installation d'une piscine hors sol sans déclaration préalable à moins deux mètres de la limite séparative, M. B, a, après expertise diligentée par le juge judiciaire, procédé à son démontage et à la destruction des ouvrages annexes et notamment de la terrasse en caillebotis qu'il avait construite. Par un dossier déposé le 17 décembre 2020, M. B a présenté une déclaration préalable en vue de construire une piscine enterrée de 3,20 mètres par 6 mètres sur la parcelle cadastrée section AN n°26. Par une décision du 2 février 2021, le maire de la commune de Thuir ne s'est pas opposé à cette déclaration préalable. Le 29 mars 2021, M. A, voisin immédiat, a formé un recours gracieux contre cette décision qui a été implicitement rejeté. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de la décision du 2 février 2021 et du refus implicitement opposé à son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la déclaration comprend : a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; b) Un plan de masse coté dans les trois dimensions lorsque le projet a pour effet de créer une construction ou de modifier le volume d'une construction existante ; c) Une représentation de l'aspect extérieur de la construction faisant apparaître les modifications projetées et si le projet a pour effet de modifier celui-ci ; () Il est complété, s'il y a lieu, par les documents mentionnés aux articles R. 431-14 et R. 431-15, au e de l'article R. 431-16 et aux articles R. 431-10, R. 431-21, R. 431-25, R. 431-32 et R. 431-33. ". Selon l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : / () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
3. La circonstance que le dossier de déclaration préalable de travaux ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité la décision de non-opposition qui a été accordée que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
4. D'une part, il résulte des dispositions de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme citées au point 2, que seul un plan de masse relatif à la construction envisagée est exigé et non deux plans de masse montrant, pour l'un, l'existant et, pour l'autre, la construction projetée. Il suit de là que M. A n'est pas fondé à soutenir qu'il manquerait un plan de masse portant sur la configuration existante du terrain.
5. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le dossier de déclaration préalable comprend notamment un plan de situation du terrain d'assiette, un plan de masse, un plan cadastral, ainsi que deux vues d'insertion du projet permettant d'en apprécier non seulement l'insertion par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages mais également l'impact visuel. Si le requérant fait état de la différence entre les dimensions de 6 mètres par 3,16 mètres figurant sur le plan de masse et les dimensions de 6 mètres par 3,20 mètres figurant sur le plan cadastral, cette différence de l'ordre de 4 centimètres ne saurait, contrairement à ce qui est soutenu, révéler une contradiction. Au regard de l'ensemble des éléments produits dans le dossier de déclaration préalable, et notamment des deux photographies et du document graphique, le service instructeur a été mis à même d'apprécier l'insertion du projet dans l'environnement et de vérifier la conformité du projet aux règles d'urbanisme. Enfin, en se bornant à soutenir qu'il manque des documents sur les constructions annexes déjà présentes sur le terrain, sans autre précision, pour calculer l'emprise au sol, alors qu'il est constant, au demeurant, que les installations liées à la piscine hors-sol ont été démontées, M. A ne met pas à même le tribunal de déterminer quels documents auraient dû être versés au dossier. Par suite, le moyen tiré du caractère incomplet du dossier au regard, d'une part, d'une contradiction alléguée entre le plan de masse et le plan cadastral et, d'autre part, de l'impossibilité de constater l'insertion paysagère de la construction projetée ne peut qu'être écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article UB 6 du plan local d'urbanisme : " Implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques () : 3) L'implantation de piscines non couvertes, à l'exclusion toutefois des bâtiments techniques liés à leur fonctionnement -considérés comme des constructions annexes - doit se réaliser à 2 m minium des voies et emprises publiques. " Selon l'article UB7 du même règlement : -Implantation des constructions par rapport aux limites séparatives : () 3. Enfin, des constructions annexes peuvent être édifiées sur les limites séparatives sous les réserves énoncées à l'article UB2. 4) L'implantation de piscines non couvertes, à l'exclusion toutefois des bâtiments techniques liés à leur fonctionnement -considérés comme des constructions annexes - peut se réaliser à 2 m minimum des limites séparatives. ".
7. Il ressort des pièces du dossier, notamment du plan cadastral complété par le pétitionnaire et joint à la demande, que l'implantation de la terrasse projetée respecte la marge de recul de 2 mètres par rapport à la limite séparative prescrite par les dispositions précitées des articles UB 7 du plan local d'urbanisme, étant précisé que la piscine est implantée en limité séparative de deux parcelles, dont l'une concerne la propriété de M. A. La photographie de la piscine figurant en annexe du dossier, au demeurant non cotée, ne permet pas de déduire une implantation non-conforme à cette prescription. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles UB 6 et UB7 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
8. En dernier lieu, selon l'article R. 420-1 du code de l'urbanisme : " L'emprise au sol au sens du présent livre est la projection verticale du volume de la construction, tous débords et surplombs inclus. Toutefois, les ornements tels que les éléments de modénature et les marquises sont exclus, ainsi que les débords de toiture lorsqu'ils ne sont pas soutenus par des poteaux ou des encorbellements. " En outre, en application des dispositions du plan de prévention des risques inondations applicable à la commune de Thuir, le coefficient d'emprise au sol dans les zones d'aléa modéré et fort ne peut être supérieur à 0,3.
9. Il est constant que la parcelle du pétitionnaire est située à l'intersection d'une zone d'aléa modéré et d'une zone d'aléa fort. Cette parcelle étant d'une superficie cadastrale de 345 m², l'emprise au sol maximale pouvant être autorisée, au regard du coefficient applicable, est donc de 103 m². Or, la maison d'habitation ayant une superficie de 78 m² et la piscine projetée représentant une surface d'emprise au sol supplémentaire de 19,20 m² (6 m x 3,20 m), la surface totale d'emprise au sol prévue, de 97,2 m², reste en deçà du maximum autorisé. Si le requérant soutient qu'il y a des annexes, et notamment un abri de jardin et une terrasse, il se fonde sur un rapport d'expertise judiciaire, établi en 2017, et qui concernait l'installation d'une piscine hors sol, démontée, ainsi qu'il a été dit au point 5, depuis le dépôt de ce rapport. La photographie de bâtiments annexes versée au dossier, non datée, ne permet pas davantage d'établir que les prescriptions relatives à l'emprise au sol maximale rappelées au point précédent auraient été méconnues.
10. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense par la commune de Thuir, que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision contestée, ni celle du refus implicite opposé à son recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
11. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune de Thuir, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application de ces mêmes dispositions et de mettre à la charge du requérant les sommes demandées, sur ce même fondement, par la commune de Thuir et M. et Mme B au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Thuir et M. et Mme B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à M. et Mme D B et à la commune de Thuir.
Délibéré à l'issue de l'audience du 21 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Encontre, présidente,
Mme Teuly-Desportes, première conseillère.
M. Rousseau, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2023.
La rapporteure,
D. E
La greffière,
C. Arce
La présidente,
S. Encontre
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Montpellier, le 14 mars 2023,
La greffière,
C. Arce
N°2103111 lr
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026