vendredi 14 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2103133 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | ROYER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 juin 2021, la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) Groupe B du Bâtiment, représentée par Me Royer, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 février 2021 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis à sa charge la somme de 109 500 euros au titre de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail et la somme de 13 203 euros au titre de la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement, ainsi que la décision du 5 mai 2021 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'annuler les titres de perception émis par la direction départementale des finances publiques de l'Essonne, le 16 février 2021, pour le recouvrement de ces sommes et la décharger en conséquence du paiement de ces sommes ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les deux titres de perception en litige méconnaissent les dispositions de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'ils ne sont pas signés et qu'aucun bordereau n'est produit ;
- les bases et les éléments de calculs contenus dans les titres de perception en litige sont insuffisants ; en outre, elle n'a pas reçu notification de la décision de liquidation du 3 février 2021 ce qui l'a privée d'informations portant sur des éléments substantiels ;
- la décision du 3 février 2021 ne lui a jamais été notifiée de sorte qu'elle n'a pas acquis de caractère exécutoire et ne lui est pas opposable en application de l'article L. 221-8 du code relations entre le public et l'administration ; ainsi les titres de perception attaqués et les créances réclamées sont dépourvues de base légale ;
- la décision du 3 février 2021 mettant en œuvre les contributions spéciale et forfaitaire, ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux du 5 mai sont illégales ; en premier lieu, il n'est pas justifié de la compétence de son signataire ; en second lieu, elles sont entachés d'erreur de droit et d'appréciation dès lors que l'OFII s'est abstenu d'apprécier la gravité du comportement punissable, eu égard aux circonstances de sa commission et à ses conséquences.
Par un mémoire en défense et un bordereau de pièces, enregistrés les 27 septembre et 18 novembre 2021, l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- l'arrêté du 5 décembre 2006 relatif au montant de la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement des étrangers dans leur pays d'origine ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rousseau, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Lafay, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 13 octobre 2020, à l'occasion du contrôle d'un chantier de construction immobilier nommé " Les Villages d'Or " situé Chemin de Carrière à Grimaud (Var) où intervenait la société Groupe B du Bâtiment, les services de gendarmerie ont relevé la présence de six ressortissants étrangers dépourvus de titre les autorisant à travailler et séjourner en France. Par une décision du 3 février 2021, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis à la charge de la SASU Groupe B du Bâtiment une somme de 109 500 euros au titre de la contribution spéciale pour l'emploi irrégulier de six travailleurs étrangers et la somme de 13 203 euros au titre de la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement. Puis la société requérante a été destinataire, le 15 avril 2021, de deux titres de perception datés du 16 février 2021 émanant de la direction départementale des finances publiques de l'Essonne pour des montants respectifs de 13 203 euros et 109 500 euros. Par la présente requête, la SASU Groupe B du Bâtiment demande au tribunal d'annuler la décision prise par le directeur général de l'OFII le 3 février 2021 et celle du 5 mai 2021 rejetant son recours gracieux, d'annuler les deux titres de perception et de la décharger des sommes ainsi mises à sa charge.
Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions du directeur général de l'OFII :
2. Par une décision du 19 décembre 2019, publiée sur le site internet de l'OFII, le directeur général de l'OFII a donné délégation de signature à Mme F A, cheffe du service juridique et contentieux, conseillère juridique auprès du directeur général et, en cas d'absence ou d'empêchement, à Mme G E, adjointe, à l'effet de signer, dans la limite de ses attributions, tous actes, décisions et correspondances relevant du champ de compétences du service juridique et contentieux, tel que défini par la décision du 31 décembre 2013 susvisée, notamment les mémoires en défense devant les juridictions et les décisions prises sur recours gracieux, ainsi que l'ensemble des décisions relatives aux contributions spéciale et forfaitaire et aux créances salariales, y compris les remises et admissions en non-valeur. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision du 3 février 2021 confirmée par la décision de rejet de recours gracieux du 5 mai 2021, signée du même auteur, doit être écarté comme manquant en fait.
3. L'article L. 221-8 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " Sauf dispositions législatives ou réglementaires contraires ou instituant d'autres formalités préalables, une décision individuelle expresse est opposable à la personne qui en fait l'objet au moment où elle est notifiée ".
4. La SASU Groupe B du Bâtiment soutient que la décision prise par l'OFII le 3 février 2021 ne lui a jamais été notifiée de sorte qu'elle n'a pas acquis de caractère exécutoire et ne lui est pas opposable en application de l'article L. 221-8 du code des relations entre le public et l'administration et que cette circonstance l'a privée d'informations portant sur des éléments substantiels. L'OFII verse au dossier la copie de la décision de mise en œuvre des contributions spéciale et forfaitaire qu'elle a adressée au Groupe B du Bâtiment SASU au 4 rue Clément Ader, 34430 Saint-Jean-de-Védas, adresse de son siège social, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception qui lui a été retournée avec la mention " Destinataire inconnu à l'adresse ". Il ressort des pièces du dossier, notamment du bordereau d'envoi judiciaire que l'adresse de la société requérante est mentionnée rue de la Garriguette à Saint-Aunès (34160) alors que le répertoire SIRENE, à la date du 22 octobre 2020, mentionne l'adresse précitée à Saint-Jean-de-Védas. Mme B, auditionnée le 19 novembre 2020 en sa qualité de présidente et responsable de la société Groupe B du Bâtiment, a indiqué que l'adresse du siège social était rue de la Gariguette à Saint-Aunès. Toutefois, si la société requérante se plaint de ne pas avoir été destinatrice de cette décision, elle n'établit ni même n'allègue que l'adresse à laquelle le courrier a été présenté n'était pas celle dont avait connaissance l'OFII. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 221-8 du code des relations entre le public et l'administration doit, dès lors, être écarté.
5. Selon le premier alinéa de l'article L. 8251-1 du code du travail : " Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France ". En application du premier alinéa de l'article L. 8253-1 du même code, " sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger non autorisé à travailler, une contribution spéciale. Le montant de cette contribution spéciale est déterminé dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. Il est, au plus, égal à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12 () ". Ce montant est fixé de manière forfaitaire, par l'article R. 8253-2 du même code, à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12, à la date de la constatation de l'infraction. Il est réduit à 2 000 fois le taux horaire du minimum garanti lorsque le procès-verbal d'infraction ne mentionne pas d'autre infraction commise à l'occasion de l'emploi du salarié étranger en cause que la méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 ou lorsque l'employeur s'est acquitté des salaires et indemnités dans les conditions prévues par les articles R. 8252-6 et R. 8252-7 du même code. Il est, dans ce dernier cas, réduit à 1 000 fois le taux horaire du minimum garanti lorsque le procès-verbal d'infraction ne mentionne l'emploi que d'un seul étranger sans titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France. Enfin, il est porté à 15 000 fois le taux horaire du minimum garanti lorsqu'une méconnaissance du premier alinéa de l'article L. 8251-1 a donné lieu à l'application de la contribution spéciale à l'encontre de l'employeur au cours de la période de cinq années précédant la constatation de l'infraction. L'article R. 8253-4 du même code précise que le directeur général de l'OFII décide de l'application de la contribution spéciale au vu des observations éventuelles de l'employeur, à l'expiration du délai qui a été fixé à ce dernier pour les faire valoir.
6. S'il ne saurait interdire de fixer des règles assurant une répression effective des infractions, le principe de nécessité des peines découlant de l'article 8 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 implique qu'une sanction administrative ayant le caractère d'une punition ne puisse être appliquée que si l'autorité compétente la prononce expressément en tenant compte des circonstances propres à chaque espèce. Il appartient au juge administratif, lorsqu'il est saisi comme juge de plein contentieux d'une contestation portant sur une sanction prononcée sur le fondement de l'article L. 8253-1 du code du travail, d'examiner tant les moyens tirés des vices propres de la décision de sanction que ceux mettant en cause le bien-fondé de cette décision et de prendre, le cas échéant, une décision qui se substitue à celle de l'administration. Celle-ci devant apprécier, au vu notamment des observations éventuelles de l'employeur, si les faits sont suffisamment établis et, dans l'affirmative, s'ils justifient l'application de cette sanction administrative, au regard de la nature et de la gravité des agissements et des circonstances particulières à la situation de l'intéressé, le juge peut, de la même façon, après avoir exercé son plein contrôle sur les faits invoqués et la qualification retenue par l'administration, tant s'agissant du manquement que de la proportionnalité de la sanction, maintenir la contribution, au montant fixé de manière forfaitaire par les dispositions citées au point qui précède, ou en décharger l'employeur.
7. Il résulte de l'instruction et, notamment du procès-verbal d'infraction établi le 19 novembre 2020 et dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, que, lors de l'exécution d'un chantier de construction pour la réalisation d'un lotissement à Grimaud, la société Groupe B du Bâtiment a employé six ressortissants étrangers dépourvus de titre les autorisant à travailler en France, la matérialité de l'infraction n'étant pas contestée. Si la société requérante fait grief à l'OFII de ne pas avoir apprécier au cas par cas la gravité du comportement punissable, eu égard aux circonstances de sa commission et à ses conséquences, elle ne met toutefois pas à même le tribunal d'exercer son plein contrôle en ne caractérisant pas les manquements reprochés à l'OFII. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation doivent être écartés.
Sur la demande de réduction du montant des contributions litigieuses :
8. La SASU Groupe B du Bâtiment demande dans ses écritures, à titre subsidiaire, de ramener à de plus justes proportions le montant des contributions spéciale et forfaitaire intervenues à la suite de la décision du 3 février 2021. La contribution spéciale pour l'emploi de six travailleurs a été établie sur la base du montant fixé à l'article R. 8253-2 du code du travail, soit 5 000 fois le taux horaire minimum garanti de 3,65 euros alors applicable à la date de la commission de l'infraction, et arrêtée à la somme de 109 500 euros. Il n'est nullement établi ni même allégué que la SASU Groupe B du Bâtiment aurait versé à ses employés, au titre de la période illicite d'emploi, les salaires et les accessoires de celui-ci, conformément aux dispositions légales, conventionnelles et aux stipulations contractuelles applicables à son emploi. Elle ne peut donc pas prétendre à une réduction du montant de la contribution spéciale et aucune circonstance particulière ne permet de la dispenser de la somme mise à sa charge.
9. Aux termes de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sans préjudice des poursuites judiciaires qui pourront être engagées à son encontre et de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, l'employeur qui aura occupé un travailleur étranger en situation de séjour irrégulier acquittera une contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine. / (). / L'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de constater et de fixer le montant de cette contribution. () ". Aux termes de l'article R. 626-1 du même code : " I. - La contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine prévue à l'article L. 626-1 est due pour chaque employé en situation irrégulière au regard du droit au séjour. / Cette contribution est à la charge de l'employeur qui, en violation de l'article L. 8251-1 du code du travail, a embauché ou employé un travailleur étranger dépourvu de titre de séjour. / () ". En vertu des dispositions de l'article 1er de l'arrêté du 5 décembre 2006 relatif au montant de la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement des étrangers dans leur pays d'origine, le montant de cette contribution forfaitaire est de 2 124 euros par travailleur originaire de la zone géographique correspondant au Maghreb, de 2 309 euros par travailleur originaire de la zone géographique correspondant au Moyen Orient et de 2 398 euros par travailleur originaire de la zone géographique correspondant à l'Europe Centrale.
10. Il résulte de ces dispositions combinées que l'OFII constate et fixe le montant de la contribution forfaitaire prévue par les dispositions précitées de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le directeur général de l'OFII a pu légalement, eu égard aux zones géographiques concernées, infliger le montant de 13 203 euros à la SASU Groupe B du Bâtiment en raison de l'emploi de quatre étrangers en provenance du Maghreb, d'un étranger relevant de la zone du Moyen Orient et d'un étranger issu de la zone de l'Europe centrale. C'est donc sans erreur d'appréciation que les frais de réacheminement prévus à l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été arrêtés à la somme de 13 203 euros eu égard aux zones géographique concernées laquelle s'agissant d'une contribution forfaitaire n'est pas modulable.
Sur les conclusions dirigées contre les titres de perception émis le 16 février 2021 :
11. En citant dans ses écritures, que " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. / () ", la SASU Groupe B du Bâtiment entend invoquer les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration. Aux termes du B du V de l'article 55 de la loi du 29 décembre 2010 de finances rectificative pour 2010 : " Pour l'application de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration aux titres de perception délivrés par l'État en application de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales, afférents aux créances de l'État ou à celles qu'il est chargé de recouvrer pour le compte de tiers, la signature figure sur un état revêtu de la formule exécutoire, produit en cas de contestation. ". Il résulte de ces dernières dispositions, d'une part, que le titre de perception individuel délivré par l'Etat doit mentionner les nom, prénom et qualité de l'auteur de cette décision, et d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier, en cas de contestation, que l'état revêtu de la formule exécutoire comporte la signature de cet auteur. Ces dispositions n'imposent pas, en revanche, de faire figurer sur cet état les nom, prénom et qualité du signataire.
12. Les titres de perception en litige, émis à l'encontre de la société Groupe B du Bâtiment comportent les nom, prénom et qualité de la personne qui en est l'auteur, à savoir M. D C, directeur de l'évaluation de la performance, des achats, des finances et de l'immobilier et sont dépourvus de signature. En vertu des dispositions citées au point qui précède, il incombe à l'administration, en cas de contestation, de justifier de la signature du bordereau de titre de recettes. L'OFII produit l'état récapitulatif des créances pour mise en recouvrement des titres de perception n° 2600010632 et 2600010633, revêtus de la formule exécutoire, émis le 16 février 2021, mais il ne comporte pas la signature, par délégation de l'ordonnateur. Par suite, le moyen tiré du vice de forme dont sont entachés les titres de perception doit être accueilli. Il en résulte que les titres de perception en litige ainsi que la décision du 5 mai 2021 du directeur général de l'OFII rejetant le recours gracieux de la société requérante doivent être annulés.
Sur la décharge de l'obligation de payer :
13. L'annulation d'un titre exécutoire pour un motif d'irrégularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse, à la différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bien-fondé du titre. Lorsque le requérant choisit de présenter, outre des conclusions tendant à l'annulation d'un titre exécutoire, des conclusions à fin de décharge de la somme correspondant à la créance de l'administration, il incombe au juge administratif d'examiner prioritairement les moyens mettant en cause le bien-fondé du titre qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de la décharge. Dans le cas où il ne juge fondé aucun des moyens qui seraient de nature à justifier le prononcé de la décharge mais retient un moyen mettant en cause la régularité formelle du titre exécutoire, le juge n'est tenu de se prononcer explicitement que sur le moyen qu'il retient pour annuler le titre : statuant ainsi, son jugement écarte nécessairement les moyens qui assortissaient la demande de décharge de la somme litigieuse.
14. Il résulte de ce qui précède que, si la SASU Groupe B du Bâtiment est fondée à demander l'annulation des deux titres de perception qu'elle conteste et de la décision rejetant son recours gracieux dirigés contre ces derniers, en revanche, elle n'est pas fondée à demander à être déchargée de l'obligation de payer les sommes mises à sa charge par lesdits titres de perception dès lors qu'il demeure loisible à l'administration, si elle s'y croit fondée, de reprendre régulièrement, une nouvelle décision dans les formes prescrites au point 11 qui précède.
Sur les frais liés au litige :
15. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
16. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'OFII la somme que la SASU Groupe B du Bâtiment demande au titre des frais qu'elle a exposés.
D E C I D E :
Article 1er : Les titres de perception émis par la direction départementale des finances publiques de l'Essonne, le 16 février 2021, en vue du recouvrement, respectivement, de la somme de 109 500 euros au titre de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, et de la somme de 13 203 euros au titre de la contribution forfaitaire prévue à l'article R. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que la décision du 5 mai 2021 rejetant le recours gracieux formé contre ces titres de perception sont annulés.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à la société par actions simplifiée unipersonnelle Groupe B du Bâtiment, à l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration et à la direction départementale des finances publiques de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Encontre, présidente,
Mme Teuly-Desportes, première conseillère.
M. Rousseau, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 avril 2023.
Le rapporteur,
M. ROUSSEAU
La présidente,
S. ENCONTRE La greffière,
C. ARCE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 14 avril 2023
La greffière,
C. ARCE
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026