vendredi 6 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2103228 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | EZZAITAB |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 juin 2021, M. A B, représenté par Me Ezzaitab, demande au tribunal :
1°) de condamner l'université Paul Valéry Montpellier 3 à lui verser la somme de 86 130 euros, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation ;
2°) de mettre à la charge de l'université Paul Valéry Montpellier 3 une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que :
- la décision de non-renouvellement de son dernier contrat de vacataire est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, en l'absence de justification tirée de l'intérêt du service, constitutive d'une illégalité fautive engageant la responsabilité de l'université à son égard ;
- il est fondé à obtenir réparation de ses préjudices économique, professionnel et moral.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 octobre 2021, l'université Paul Valéry Montpellier 3 conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. B les entiers dépens.
Elle fait valoir qu'en l'absence de toute faute imputable à l'université, les prétentions de M. B sont infondées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 87-889 du 29 octobre 1987 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Delon, rapporteure,
- les conclusions de Mme Moynier, rapporteure publique,
- et les observations de Mme C, représentant l'université Paul Valéry Montpellier 3.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a exercé, entre 1992 et 2017, les fonctions de chargé d'enseignement en histoire de l'art, en vertu de contrats de vacations, auprès de l'université Paul Valéry Montpellier 3. Par un courrier du 8 juin 2017, M. B a contesté auprès de l'université la décision de ne pas renouveler son dernier contrat. Par un courrier du 12 février 2021, reçu le 22 février suivant, l'intéressé a sollicité auprès de l'université la réparation des préjudices qu'il estime avoir subis.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne le principe de responsabilité de l'université Paul Valéry Montpellier 3 :
2. Aux termes de l'article L. 952-1 du code de l'éducation, dans sa version applicable au litige : " () le personnel enseignant comprend des enseignants-chercheurs appartenant à l'enseignement supérieur, d'autres enseignants ayant également la qualité de fonctionnaires, des enseignants associés ou invités et des chargés d'enseignement. () / Les chargés d'enseignement apportent aux étudiants la contribution de leur expérience ; ils exercent une activité professionnelle principale en dehors de leur activité d'enseignement. Ils sont nommés pour une durée limitée par le président de l'université, sur proposition de l'unité intéressée, ou le directeur de l'établissement. En cas de perte d'emploi, les chargés d'enseignement désignés précédemment peuvent voir leurs fonctions d'enseignement reconduites pour une durée maximale d'un an. () ".
3. Aux termes de l'article 1er du décret du 29 octobre 1987 relatif aux conditions de recrutement et d'emploi de vacataires pour l'enseignement supérieur, dans sa version applicable au litige : " Les établissements publics d'enseignement supérieur relevant du ministre de l'éducation nationale peuvent faire appel pour des fonctions d'enseignement, (), à des chargés d'enseignement vacataires () ". Aux termes de l'article 2 de ce même décret : " Les chargés d'enseignement vacataires sont des personnalités choisies en raison de leur compétence dans les domaines scientifique, culturel ou professionnel, qui exercent, en dehors de leur activité de chargé d'enseignement, une activité professionnelle principale () ". L'article 4 du même décret dispose que : " Dans les établissements publics d'enseignement supérieur relevant du ministre chargé de l'enseignement supérieur, les personnels régis par le présent décret sont engagés pour effectuer un nombre limité de vacations. () / Les vacations attribuées pour chaque engagement en application du présent décret ne peuvent excéder l'année universitaire. () ".
4. Il résulte des dispositions particulières précitées que les contrats passés par les établissements publics d'enseignement supérieur relevant du ministre chargé de l'enseignement supérieur en vue de recruter des chargés d'enseignement sont conclus pour une durée déterminée, le cas échéant renouvelable. Ces dispositions qui dérogent aux règles générales applicables aux agents contractuels de la fonction publique, permettent aux étudiants de recevoir un enseignement fondé sur la pratique professionnelle concrète des personnes ainsi recrutées en qualité de chargé d'enseignement et implique nécessairement que ces derniers exercent une activité professionnelle principale différente de l'activité d'enseignement.
5. Il résulte également de ces dispositions qu'un chargé d'enseignement vacataire qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie pas d'un droit au renouvellement de son contrat. Toutefois, l'administration ne peut légalement décider, au terme de son contrat, de ne pas le renouveler, que pour un motif tiré de l'intérêt du service. Un tel motif s'apprécie au regard des besoins du service ou des considérations tendant à la personne de l'agent.
6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que l'absence de renouvellement du dernier contrat de M. B au titre de l'année universitaire 2016-2017, en qualité de chargé d'enseignement vacataire, est fondé sur l'intérêt du service tiré de la réorganisation des services de l'université en charge des relations internationales, ayant entraîné notamment la suppression progressive de l'enseignement optionnel dispensé par l'intéressé.
7. M. B fait valoir les vingt-cinq années de service au cours desquelles son enseignement a été dispensé aux étudiants étrangers, et la qualité de celui-ci régulièrement soulignée. Il fait également valoir qu'en s'abstenant de renouveler son dernier contrat, l'université à entendu, en réalité, faire obstacle à la transformation de son contrat en contrat à durée indéterminée et confier son enseignement à un autre agent.
8. Toutefois, et d'une part, il résulte des dispositions précitées ainsi que des principes rappelés au point 4 que M. B, recruté en qualité de chargé d'enseignement vacataire, ne pouvait qu'être engagé pour une durée déterminée et, par suite, ne pouvait, en tout état de cause, bénéficier, à ce titre, d'un contrat à durée indéterminée. D'autre part, si M. B fait valoir son ancienneté de service et la circonstance que son enseignement n'ait pas été supprimé mais confié à un autre enseignant, il résulte toutefois de l'instruction, notamment des tableaux récapitulatifs des cours optionnels fournis en défense, que la réorganisation des services menée par l'université dès 2016, dans un souci de rationalisation budgétaire, a conduit à la réduction significative du volume horaire de l'enseignement dispensé par l'intéressé dès l'année universitaire 2017-2018 et à sa suppression totale, à l'instar au demeurant d'autres enseignements optionnels, dès l'année universitaire suivante. Dans ces conditions, M. B n'apporte aucun élément suffisamment précis et circonstancié de nature à établir que la décision de l'université de ne pas lui proposer de nouvelles vacations à l'issue de l'année universitaire 2016-2017 n'aurait pas été prise dans l'intérêt du service. Ainsi, il n'est pas fondé à soutenir que la décision par laquelle le président de l'université ne lui a pas proposé le renouvellement de son contrat de vacation serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
9. En l'absence de toute illégalité fautive entachant la décision par laquelle le président de l'université Paul Valéry Montpellier 3 n'a pas proposé à M. B le renouvellement de son contrat de vacation à l'issue de l'année universitaire 2016-2017, la responsabilité pour faute de l'université ne saurait être engagée. Par conséquent, l'ensemble des conclusions indemnitaires présentées par M. B ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les dépens :
10. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens ".
11. En l'absence de tout dépens exposé par les parties dans le cadre du présent litige, les conclusions présentées à ce titre par M. B et par l'université Paul Valéry Montpellier 3 sont rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'université Paul Valéry Montpellier 3, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'université Paul Valéry Montpellier 3 sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'université Paul Valéry Montpellier 3.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gayrard, président,
Mme Pastor, première conseillère,
Mme Delon, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 2023.
La rapporteure,
E. Delon
Le président,
J-P. GayrardLa greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 6 octobre 2023.
La greffière,
B. Flaesch
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026