mardi 31 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2103498 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | COBOURG-GOZÉ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 6 juillet 2021, 27 décembre 2021 et 13 mai 2022, M. C D, représenté par Me Cobourg-Gozé, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du maire de Castelnaudary du 24 novembre 2020 autorisant le transfert du débit de tabac exploité par M. E ;
2°) d'annuler, sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, le contrat de gérance de débit de tabac signé en application de l'arrêté du 24 novembre 2020 ;
3°) de mettre à la charge de la partie perdante la somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- en qualité d'exploitant d'un débit de tabac situé sur le territoire de la commune de Castelnaudary, il justifie d'un intérêt à agir ;
- les voies et délais de recours n'étant pas mentionnés dans l'arrêté du 24 novembre 2020, sa requête, présentée dans le délai d'un an, est recevable ; cet arrêté n'ayant pas été régulièrement publié, faute d'avoir fait l'objet d'un affichage en mairie pendant une durée de deux mois consécutifs, d'un affichage à l'entrée des locaux de la direction régionale des douanes et droits indirects et d'une notification au représentant des débitants de tabac du département concerné, sa requête n'est pas tardive ;
- l'arrêté du 24 novembre 2020 a été pris au terme d'une procédure irrégulière en l'absence d'un avis préalable émis par le directeur régional des douanes ;
- la procédure suivie est entachée d'irrégularité en raison de l'insuffisance des études menées dans le cadre des avis ;
- l'avis du service des douanes est fondé sur des éléments erronés en ce qui concerne l'ancienneté des bénéficiaires du transfert ;
- l'autorisation de transfert en litige a pour effet de déséquilibrer le réseau local existant de vente au détail des tabacs, en méconnaissance des dispositions de l'article 9 du décret du 28 juin 2010 ;
- le maire a méconnu les dispositions de l'article 11 du décret du 28 juin 2010 en autorisant le transfert d'un débit de tabac vers un centre commercial ;
- la décision contestée crée au profit de son bénéficiaire une position dominante.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 6 octobre 2021 et 1er juin 2022, M. B E conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 octobre 2021, le préfet de l'Aude conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 10 février, 13 mai et 14 juin 2022, Mme A F, représentée par Me Noray-Espeig, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête à fin d'annulation de l'arrêté du 24 novembre 2020, régulièrement publié le 30 novembre 2020, est tardive et, par suite, irrecevable ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 5 avril et 15 juin 2022, la commune de Castelnaudary, représentée par Me Merland, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement des dispositions de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête à fin d'annulation de l'arrêté du 24 novembre 2020, régulièrement publié le 30 novembre 2020, est tardive et, par suite, irrecevable ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 2009-526 du 12 mai 2009 ;
- le décret n° 2010-720 du 28 juin 2010 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Verguet, rapporteur,
- les conclusions de Mme Lorriaux, rapporteure publique,
- les observations de Me Cobourg-Gozé, représentant M. D,
- les observations de Me Charre, représentant la commune de Castelnaudary,
- et les observations de Me Santin, représentant Mme F.
Une note en délibéré, présentée pour M. D, a été enregistrée le 23 janvier 2023.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, qui exploite un débit de tabac sur le territoire de la commune de Castelnaudary, demande l'annulation, pour excès de pouvoir, de l'arrêté du maire de Castelnaudary du 24 novembre 2020 autorisant le transfert du débit de tabac exploité par
M. E.
Sur la fin de non-recevoir :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ".
3. Par l'arrêté du 24 novembre 2020 en litige, le maire de Castelnaudary a autorisé le transfert du débit de tabac exploité par M. E, du local situé 13 Grand Rue au local situé 1rue Joseph Jacquard, zone industrielle d'En Tourre. Il est constant que cet arrêté n'a pas été notifié à M. D, qui n'est pas le destinataire de la décision autorisant le transfert de ce débit de tabac. Le requérant ne peut dès lors utilement se prévaloir de ce que le délai de recours ouvert à son encontre n'a pas commencé à courir, faute pour cet arrêté de mentionner les voies et délais de recours. Il ressort des mentions apposées sur cet acte et du certificat d'affichage établi le 3 juin 2022 par le maire que l'arrêté du 24 novembre 2020 a été régulièrement affiché en mairie à compter du 30 novembre 2020, et ce jusqu'au 30 janvier 2021. En l'absence de signature d'un avenant au contrat de gérance entre M. E et le directeur interrégional des douanes et droits indirects, le requérant ne peut en tout état de cause utilement se prévaloir de ce que l'arrêté attaqué n'a fait l'objet ni de l'affichage pendant deux mois à l'entrée de la direction régionale des douanes et droits indirects, ni de l'information transmise aux organisations représentant dans le département concerné la profession des débitants de tabac dans les dix jours suivant la signature d'un tel avenant, prévus à l'article 13 du décret du 28 juin 2010 relatif à l'exercice du monopole de la vente au détail des tabacs manufacturés. En application des dispositions citées au point 2, les tiers justifiant d'un intérêt pour agir disposaient d'un délai de deux mois à compter du 30 novembre 2020 pour contester la légalité de cette décision devant le juge administratif. Ainsi, la requête de M. D, enregistrée au greffe du tribunal administratif le 6 juillet 2021, soit après l'expiration du délai de recours contentieux, est tardive et, par suite, irrecevable.
4. Il résulte de ce qui précède que la fin de non-recevoir opposée par Mme F et la commune de Castelnaudary doit être accueillie.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Castelnaudary et de l'Etat, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, une somme quelconque au titre des frais exposés par M. D et non compris dans les dépens.
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. D une somme de 1 500 euros, à verser à Mme F, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Castelnaudary au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : M. D versera à Mme F une somme de 1 500 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Castelnaudary au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, à la commune de Castelnaudary, à M. B E, à Mme A F et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée au préfet de l'Aude.
Délibéré après l'audience du 17 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Charvin, président,
- M. Verguet, premier conseiller,
- Mme Couégnat, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2023.
Le rapporteur,
H. VerguetLe président,
J. Charvin La greffière,
A. Lacaze
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 31 janvier 2023.
La greffière,
A. Lacaze
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026