jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2103602 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SALIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 juillet 2021, M. B A, représenté par Me Salies, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 mai 2021 par laquelle la proviseure du lycée Georges Clémenceau à Montpellier lui a interdit l'accès à la cité scolaire à compter de sa date de notification ;
2°) de mettre à la charge du lycée Georges Clémenceau les entiers dépens ainsi qu'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la décision attaquée est entachée d'erreur de fait et est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 421-12 du code de l'éducation ;
- la décision attaquée constitue une sanction disciplinaire déguisée ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il a été privé des garanties attachées à la procédure disciplinaire ; il n'a pas été en mesure d'obtenir la communication de son dossier individuel ; il n'a pas pu se faire assister par la personne de son choix et il n'a pas pu présenter des observations écrites ou orales, ni citer des témoins devant un conseil de discipline qui n'a pas été réuni.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2022, le lycée Georges Clémenceau de Montpellier conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par un mémoire du 23 mars 2022, la rectrice de l'académie de Montpellier a indiqué au tribunal que la décision attaquée a été prise en application de l'article R. 421-12 du code de l'éducation et que des observations en défense ont été présentées par l'établissement auxquelles elle se joint.
La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par ordonnance du 27 avril 2022.
Un mémoire présenté pour M. A a été enregistré le 27 mars 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code l'éducation ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 84-961 du 25 octobre 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bossi,
- et les conclusions de Mme Moynier, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est professeur certifié de mathématiques et était affectée au lycée Georges Clémenceau depuis le 1er septembre 2015. Par une décision du 17 mai 2021, la proviseure de cet établissement lui a interdit de pénétrer au sein de la cité scolaire à compter de sa date de notification. M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 421-12 du code de l'éducation : " En cas de difficultés graves dans le fonctionnement d'un établissement, le chef d'établissement peut prendre toutes dispositions nécessaires pour assurer le bon fonctionnement du service public. S'il y a urgence, et notamment en cas de menace ou d'action contre l'ordre dans les enceintes et locaux scolaires de l'établissement, le chef d'établissement, sans préjudice des dispositions générales réglementant l'accès aux établissements, peut : 1° Interdire l'accès de ces enceintes ou locaux à toute personne relevant ou non de l'établissement ; 2° Suspendre des enseignements ou autres activités au sein de l'établissement. Le chef d'établissement informe le conseil d'administration des décisions prises et en rend compte au recteur d'académie, au maire, au président du conseil départemental ou du conseil régional et au représentant de l'Etat dans le département. ".
3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée a été prise en raison du comportement du requérant qui, par l'intermédiaire des réseaux de communication internes, a adressé des messages mettant en cause la sérénité des usagers et portant préjudice au bon fonctionnement de l'établissement où il était affecté. La décision attaquée fait ainsi référence au message du 1er mai 2021 adressé aux parents et aux élèves via l'application " Pronote " aux termes duquel M. A remettait en cause la compétence de certains de ses collègues en estimant que le devoir commun de mathématiques organisé le 9 février 2021 était infaisable et comportait des erreurs et en indiquant aux parents d'élèves qu'ils étaient en droit de refuser la note obtenue par leur enfant. Il ressort également de la décision litigieuse que M. A a adressé au personnel de l'établissement via sa boîte académique un courriel en date du 4 mai 2021 contestant le déroulement de l'épreuve de devoir commun de mathématiques et portant à l'encontre des autres professeurs et de sa hiérarchie des critiques véhémentes. Enfin, la décision litigieuse mentionne un mail du 3 mai 2021 dans lequel M. A tient à destination de ses collègues des propos menaçants et insultants.
4. D'une part, l'ensemble des messages adressés par M. A ont été produits en défense par le lycée Georges Clémenceau dans le cadre de la présente instance. Ainsi, la matérialité des faits reprochés est établie.
5. D'autre part, compte tenu de la gravité et du caractère réitéré des incidents créés par M. A et, notamment, face aux menaces proférées par le requérant désirant " régler ses comptes " avec ses collègues lors du conseil d'enseignement qui ne sauraient seulement constituer des propos maladroits, la proviseure du lycée Georges Clémenceau n'a pas commis d'erreur d'appréciation en estimant, à la date de la décision attaquée et alors que le requérant qui était placé en congé de maladie ordinaire depuis le 17 mars 2021 avait produit un certificat médical de reprise du travail à compter du 20 mai 2021, qu'il y avait urgence à interdire l'accès de l'intéressé à l'établissement afin d'assurer le bon fonctionnement du service public dont elle avait la charge. Par ailleurs, les circonstances que M. A disposait de très bonnes notations et de lettres de recommandation sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
6. En deuxième lieu, si M. A soutient que la proviseure a souhaité en réalité le sanctionner pour avoir alerté les parents d'élèves de dysfonctionnements quant à l'organisation d'un devoir commun de mathématiques et pour avoir adressé un courriel contenant des propos offensants à ses collègues, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision litigieuse se serait fondée sur un autre motif que celui tiré de la nécessité de préserver, dans l'urgence, le bon ordre au sein de l'établissement. Par suite, la décision interdisant à M. A l'accès à la cité scolaire Georges Clémenceau n'est pas constitutive d'une sanction déguisée.
7. En troisième lieu, l'interdiction prononcée à l'encontre du requérant ne constitue pas une mesure disciplinaire, mais une mesure conservatoire prise par le chef d'établissement, en qualité de représentant de l'Etat, pour assurer le bon ordre et la sécurité des personnes au sein de l'établissement. Par ailleurs, ainsi qu'il a été précisé au point précédent, cette décision n'est pas constitutive d'une sanction disciplinaire déguisée. Il en résulte que la décision litigieuse n'est pas au nombre des mesures pour lesquelles l'agent concerné doit être préalablement informé et mis à même de consulter son dossier et de présenter ses observations en étant assisté de la personne de son choix. En outre, le conseil de discipline n'avait pas davantage à être saisi. Dès lors, le moyen tiré de ce que le requérant aurait été privé des garanties attachées à la procédure disciplinaire en méconnaissance des dispositions de l'article 67 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 et des articles 1er et 3 du décret n° 84-961 du 25 octobre 1984 doit être écarté comme inopérant.
8. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 17 mai 2021 par laquelle la proviseure du lycée Georges Clémenceau lui a interdit l'accès à la cité scolaire.
Sur les frais liés au litige :
9. Aucun dépens n'a été exposé par M. A au cours de la présente instance. Par suite, ses conclusions à fin de remboursement des dépens ne peuvent qu'être rejetées.
10. Par ailleurs, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du lycée Georges Clémenceau, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A sollicite au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au lycée Georges Clémenceau de Montpellier.
Délibéré après l'audience du 7 juillet 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gayrard, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Bossi, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.
La rapporteure,
M. Bossi
Le président,
J.-Ph. Gayrard
La greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 13 juillet 2023.
La greffière,
B. Flaesch
N°2103602
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026