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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2103701

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2103701

jeudi 22 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2103701
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationMagistrat CRAMPE
Avocat requérantBAUTES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 juillet 2021, Mme E A B, représentée par Me Bautes, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a rejeté son recours du 21 mars 2021 tendant au rétablissement du montant perçu précédemment au titre de ses droits à l'aide personnalisée au logement (APL) ;

2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault de réexaminer ses droits à l'APL dans un délai de quinze jours ;

3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault une somme de 1 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à Mme D.

Elle soutient que la décision, prise au motif qu'elle aurait renoncé à sa contestation visant à rétablir le montant versé depuis le 1er janvier 2021, est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation, car, contrairement à ce qui est indiqué dans la décision de la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales, elle n'a pas renoncé à cette demande.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 décembre 2022, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que le calcul des droits de Mme A B est justifié au regard de l'évolution des ressources de son foyer et du nouveau mode de calcul des allocations.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- la code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Crampe, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Crampe, magistrate désignée,

- les observations de Me Misslin, représentant Mme A B.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B ayant constaté le versement d'un montant de 161 euros au titre de l'aide personnalisée au logement (APL) a formé le 3 février 2021 une demande auprès de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault, tendant à ce soit rétabli le montant de l'APL qui lui était jusqu'alors versé à hauteur de 353 euros. La commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales a indiqué à Mme A B, par courrier du 15 mars suivant, qu'ayant abandonné sa contestation, son recours auprès de la commission était clôturé. Mme A B a contesté, par courriel du 21 mars 2021, avoir renoncé à contester la réduction du montant de son APL. Par la présente requête, elle demande l'annulation de la décision implicite née le 21 mai 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a rejeté son recours.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.

3. Il résulte de l'instruction que suite à l'entrée en vigueur d'une nouvelle règle de calcul des allocations pour le logement, dont la période de référence est passée de l'année N-2 au mois M-13, la caisse d'allocations familiales a pris en compte l'assiette des ressources du foyer de Mme A B à partir du mois de décembre 2019 et jusqu'au 30 novembre 2020. Ainsi, le montant de ressources prise en compte, qui était de 2 227 euros au titre de l'année N-2, est désormais de 15 283,61 euros, justifiant la diminution du montant de son aide au logement. Mme A B ne conteste pas le montant des ressources de son foyer, n'est ainsi pas fondée à contester le calcul effectué pour déterminer ses droits à l'APL.

4. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision implicite née sur la réclamation du 21 mars 2021, par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a rejeté sa demande tendant à voir rétabli le montant antérieurement versé au titre de l'APL.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

5. Le présent jugement, qui rejette les conclusions en annulation présentées par Mme A B, n'implique aucune mesure d'exécution au sens des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par la requérante ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

6. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 et 75 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 font obstacle, en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge de la caisse d'allocations familiales, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme demandée sur leur fondement.

DECIDE:

Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E A B et à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault.

Rendu public par mise à dispositions au greffe le 22 décembre 2022.

La magistrate désignée,

S. Crampe La greffière,

M. C

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 22 décembre 2022.

La greffière,

M. C

4

mc

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