vendredi 31 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2103800 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SCP VIAL-PECH DE LACLAUSE-ESCALE-KNOEPFFLER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 juillet 2021, l'association Sourire et Loisirs, représentée par Me Joubes, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 mai 2021 par laquelle le directeur départemental des finances publiques des Pyrénées Orientales lui a refusé l'aide exceptionnelle de solidarité au titre de la période courant du mois de janvier au mois de mai 2021 ;
2°) d'enjoindre à la direction départementale des finances publiques des Pyrénées Orientales de lui verser les sommes dues pour la période allant du 1er décembre 2020 au 31 mai 2021 dans un délai de 2 mois à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 jour de retard ;
3°) de condamner l'Etat au paiement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'auteur de l'acte n'indique pas agir par délégation et était donc incompétent ;
- la décision attaquée est dépourvue de signature ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- l'association Sourire et Loisirs remplit les conditions fixées par l'alinéa 5 de l'article 1er du décret du 30 mars 2020 dès lors qu'elle est soumise à la TVA qui est un impôt commercial et qu'elle emploie une salariée ;
Par un mémoire enregistré le 13 février 2023, le directeur départemental des finances publiques des Pyrénées Orientales conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce qu'il soit enjoint à la société Sourire et Loisirs de reverser 12 722 euros correspondant à l'intégralité du fonds de solidarité perçu à tort ;
3°) à la condamnation de la société requérante au versement de la somme de 2 000 euros à la direction départementale des finances publiques au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'auteur de la décision attaquée était compétent, en tant qu'inspecteur de finances publiques, pour instruire la décision de rejet de la demande de fonds de solidarité ;
- la décision attaquée est conforme aux dispositions de l'article L.212-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision attaquée est suffisamment motivée ;
- l'association Sourire et Loisirs n'est pas assujettie aux impôts commerciaux dès lors que son activité est dépourvue de caractère lucratif ;
- l'association n'emploie pas de salarié ;
- l'association n'était pas éligible au fond de solidarité.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Souteyrand ;
- les conclusions de M. Lauranson, rapporteur public ;
- et les observations de Me Agier, représentant la requérante.
Considérant ce qui suit :
1. L'association Sourire et Loisirs, créée le 18 mai 2020, a pour objet la pratique d'activités physiques, sportives, artistiques, de détente et loisirs, initiation et cours de musique. Le 9 mai 2021, elle a formé une demande d'aide aux entreprises fragilisées par l'épidémie de covid-19 auprès de la direction départementale des finances publiques des Pyrénées Orientales pour la période des mois de janvier 2021 à mai 2021. Par une décision du 17 mai 2021, dont l'intéressée demande l'annulation, la direction départementale des finances publiques des Pyrénées Orientales a refusé de lui accorder le bénéfice de cette aide au motif que n'étant pas soumise aux impôts commerciaux et n'ayant aucun salarié durant l'année 2020, elle ne répondait pas aux critères définis par le décret susvisé du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier que la décision en litige est signée par Mme B A, inspectrice des finances publiques. Si, en défense, le directeur départemental des finances publiques des Pyrénées Orientales fait valoir, qu'" étant un agent de la Direction Générale des Finances Publiques, satisfait les conditions réglementaires du I de l'aspect réglementaire () ", en l'absence de délégation expresse consentie à l'intéressé, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être accueilli.
3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que l'association Sourire et Loisirs est fondée à demander l'annulation de la décision du 17 mai 2021 attaquée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. L'exécution du présent jugement implique nécessairement que la demande de l'association requérante soit réexaminée. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au directeur départemental des Pyrénées Orientales de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur la recevabilité des conclusions reconventionnelles :
5. En principe, un défendeur n'est pas recevable à présenter, dans un litige tendant à l'annulation d'un acte pour excès de pouvoir, des conclusions reconventionnelles contre le demandeur. Les conclusions reconventionnelles à fin d'injonction présentées par la direction départementale des finances publiques des Pyrénées Orientales tendant à ce qu'il soit ordonné à l'association requérante de reverser l'intégralité du fond de solidarité perçu à tort doivent en conséquence être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la direction départementale des finances publiques des Pyrénées Orientales la somme que sollicite l'association requérante au titre des frais exposés et non compris dans les dépens en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 17 mai 2021 de la direction départementale des finances publiques des Pyrénées Orientales est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à l'administration de réexaminer la situation de l'association Sourire et Loisirs dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions reconventionnelles présentées par la direction départementale des finances publiques des Pyrénées Orientales sont rejetées.
Article 5 : Les conclusions présentées par la direction départementale des finances publiques des Pyrénées Orientales en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : La présente décision sera notifiée à l'association Sourire et Loisirs et à la direction départementale des finances publiques des Pyrénées Orientales.
Délibéré après l'audience du 9 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Souteyrand, président,
M. Huchot, premier conseiller,
Mme Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mars 2023.
Le président-rapporteur,
E. Souteyrand
L'assesseur le plus ancien,
N. Huchot La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au ministre de l'économie et des finances en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 31 mars 2023.
La greffière,
M-A. Barthélémy
22103800
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026