jeudi 23 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2103841 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | BIDAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 21 juillet et 9 novembre 2021, la SARL Tacos One, représentée par Me Bidault, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 4 décembre 2020 et du 8 janvier 2021 par lesquelles la direction générale des finances publiques (DGFIP) a rejeté sa demande concernant le bénéfice de l'aide au titre du fonds de solidarité pour le mois d'octobre 2020 ;
2°) d'annuler les décisions des 22 avril et 29 mai 2021 par lesquelles la DGFIP a rejeté sa demande concernant le bénéfice de l'aide au titre du fonds de solidarité pour mars 2021 ;
3°) d'annuler les décisions des 9 juin et 9 juillet 2021 par lesquelles la DGFIP a rejeté sa demande concernant le bénéfice de l'aide au titre du fonds de solidarité pour avril 2021 ;
4°) d'annuler les décisions des l2 juin et 9 juillet 2021 par lesquelles la DGFIP a rejeté sa demande concernant le bénéfice de l'aide au titre du fonds de solidarité pour mai 2021 ;
5°) d'enjoindre à la DGFIP d'examiner à nouveau et de lui allouer les aides demandées dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
6°) de mettre à la charge de la DGFIP une somme de 4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable car les décisions lui font grief ;
- les décisions en litige méconnaissent l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration et sont de ce fait entachées d'une incompétence de leur auteur car elles sont dénuées de signature et les décisions prises pour les mois de mars, avril et mai 2021 ne comportent pas l'identification de leur auteur ;
- les décisions ne sont pas motivées en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- les décisions refusant l'aide pour les mois d'avril et mai 2021 sont entachées d'une erreur de droit puisqu'elles font une application erronée de la clause de civisme sanitaire qui doit s'apprécier mensuellement ;
- le refus de l'aide pour avril et mai 2021 méconnait le principe de non bis in idem ;
- à supposer qu'une fermeture administrative pour non-respect des mesures d'interdiction d'accueil du public prive définitivement les sociétés du dispositif d'aide aux entreprises, cette mesure serait entachée d'incompétence, de détournement de procédure, et méconnaitrait les principes de non bis in idem et de proportionnalité des sanctions administratives ;
- les décisions en litige sont irrégulières par voie de conséquence de l'irrégularité de l'arrêté préfectoral de fermeture administrative la visant car il a été pris sans mise en demeure préalable et sur le fondement de faits non établis ;
- le refus d'aide pour le mois d'octobre 2020 est entaché d'une erreur de fait car elle a bien fourni un RIB.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 29 octobre et 19 novembre 2021, la direction départementale des finances publiques conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur le refus d'aide pour le mois d'octobre 2020 puisque l'aide a finalement été octroyée ;
- la société ne peut se prévaloir de l'illégalité externe des décisions en litige car la requête, qui tend à l'obtention d'une aide économique, relève du plein contentieux et les vices propres des décisions contestées sont sans influence sur la solution du litige ;
- le caractère dématérialisé des décisions s'oppose à leur signature ;
- la décision du 9 juillet 2021 comprend l'identification de son auteur et est motivée ;
- le non-respect des règles sanitaires implique l'inéligibilité définitive de la société au dispositif d'aide ;
- il n'y a pas de méconnaissance du principe de non bis in idem car l'inéligibilité de la société au dispositif d'aide n'est pas une sanction et elle dépend de critère en lien avec l'objectif poursuivi par ce dispositif ;
- le principe de proportionnalité n'est, en tout état de cause, pas méconnu puisque, pour le mois de mai 2021, la société a pu reprendre une activité ;
- l'arrêté préfectoral de fermeture ne peut plus être contesté et l'exception d'illégalité doit donc être écartée.
Par courrier du 6 mars 2023, les parties ont été informées, sur le fondement de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre les décisions du 4 décembre 2020 et du 8 janvier 2021, se rapportant à l'aide demandée pour le mois d'octobre 2020, qui constituent des mesures préparatoires ne faisant pas grief.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 ;
- le décret n° 2021-553 du 3 mai 2021 ;
- le décret n° 2021-651 du 26 mai 2021 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lesimple, première conseillère,
- et les conclusions de M. Lauranson, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. La société Tacos One, exploitante d'un établissement de restauration sur place et à emporter, a sollicité le bénéfice de l'aide aux entreprises instituée par le décret du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation. Elle a déposé plusieurs demandes successives pour les mois d'octobre 2020 et mars, avril, mai 2021 qui ont été rejetées par des décisions du 4 décembre 2020 et 8 janvier, 22 avril, 29 mai, 9 juin, 12 juin, 9 juillet 2021. Par la présente requête, la société Tacos One demande l'annulation des décisions précitées et le versement de l'aide prévue par le décret précité pour les mois d'octobre 2020 et mars, avril, mai 2021.
Sur l'aide demandée pour le mois d'octobre 2020 :
2. Si la direction générale des finances publiques soulève une exception de non-lieu à statuer dans la mesure où la société requérante aurait obtenu l'aide demandée pour le mois d'octobre 2020 elle ne l'établit nullement. En revanche, les décisions contestées du 4 décembre 2020 et du 8 janvier 2021 se limitent à faire état de la nécessité pour la société Tacos One de fournir un RIB afin que sa demande puisse être traitée. Dès lors, ces décisions, qui ne constituent pas des décisions de refus de l'aide sollicitée pour le mois d'octobre 2020, ne font pas grief à la requérante. Il y a donc lieu de rejeter les conclusions de la société Tacos One tendant à l'annulation de ces décisions compte tenu de leur irrecevabilité.
Sur la légalité externe des différentes décisions :
3. Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 211-2 du même code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ".
4. Il ressort des décisions en litige que l'ensemble des décisions contestées ne comporte aucune identification relative à leur auteur ni motivation. Si la direction générale des finances publiques se prévaut d'une décision du 9 juillet 2021, distincte des décisions contestées, respectant les dispositions précitées, celle-ci n'a pas eu pour effet de retirer les décisions précitées. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions précitées, qui sont opérants au égard à la nature des décisions en litige dont l'objet n'est pas uniquement de lier le présent contentieux, doivent être accueillis.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin, dans les circonstances de l'espèce, de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la société Tacos One est fondée à demander l'annulation des décisions des 22 avril, 29 mai, 9 juin, 12 juin et 9 juillet 2021 lui refusant l'aide économique sollicitée pour les mois de mars à mai 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé () ".
7. Le présent jugement, eu égard à ses motifs implique seulement qu'il soit enjoint à la direction générale des finances publiques d'étudier de nouveau les droits de la société Tacos One au bénéfice d'une aide pour les mois de mars, avril et mai 2021. Dans ce cadre, il est enjoint à la direction générale des finances publiques de prendre une nouvelle décision dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin de prononcer par ailleurs une astreinte.
Sur les frais du litige :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la direction générale des finances publiques la somme demandée par la société Tacos One au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions de la direction générale des finances publiques du 22 avril, 29 mai, 9 juin, 12 juin et 9 juillet 2021 refusant l'aide prévue par le décret n° 2020-371 pour les mois de mars, avril et mai 2021 à la société Tacos One sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la direction générale des finances publiques de statuer de nouveau sur la demande d'aide présentée par la société Tacos One au titre des mois de mars, avril et mai 2021 et de prendre une nouvelle décision dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Tacos One et à la direction générale des finances publiques.
Délibéré après l'audience du 9 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mars 2023.
La rapporteure,
A. Lesimple Le président,
E. Souteyrand
La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 23 mars 2023.
La greffière,
M-A. Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026