jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2103953 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | PANFILI |
Vu la procédure suivante :
Par requête et mémoire, enregistrés les 27 juillet et 3 octobre 2021, Mme A B, représentée par Me Panfili, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 19 juillet 2021 par laquelle le directeur adjoint des ressources humaines et de la formation du centre hospitalier universitaire de Montpellier a rejeté ses demandes de transfert d'une partie de ses 9 jours de congés annuels non pris en 2020 sur son compte épargne temps et d'autorisation exceptionnelle de report du solde sur l'exercice 2022 ;
2°) d'enjoindre sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, au centre hospitalier universitaire de Montpellier de lui réattribuer 9 jours de congés non pris en 2020 ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Montpellier une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision :
- est insuffisamment motivée en droit et en fait ;
- est entachée d'un vice de procédure ;
- est dépourvue de la mention des voies et délais de recours ;
- est entachée d'une erreur de droit :
- pour méconnaître les dispositions de l'article 4 du décret n°2002-8 du 4 janvier 2002, la jurisprudence de la cour de justice de l'union européenne concernant l'article 7 de la directive 2003.88/CE du 4 novembre 2003 (CJUE, affaires n° C-350/06, C-520/0620 janvier 2009 ; CJUE C24/10 du 22 novembre 2011 ; CE 26 octobre 2012 346648, Avis CE du 26 avril 2017 n° 406009) :
- pour se retrancher derrière une charte dépourvue de valeur juridique et illégale et derrière le fonctionnement d'un logiciel de gestion ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des circonstances particulières la concernant et l'obligation dans laquelle est l'administration de préserver la santé de ses agents.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 septembre 2021, le centre hospitalier universitaire de Montpellier, représenté par son directeur général, conclut au rejet de la requête et à ce que Mme B lui verse une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 23 novembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret 2002-8 du 4 janvier 2002 ;
- le décret n°2002-788 du 3 mai 2002 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pater, rapporteure ;
- et les conclusions de M. Baccati, rapporteur public ;
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, cadre de santé titulaire, affectée en unité de soins du centre hospitalier universitaire de Montpellier, a été placée le 30 juillet 2020 en congé de maladie ordinaire durant 36 jours avant de reprendre son service le 4 septembre 2020 à l'institut de formation en soins infirmiers, correspondant à une nouvelle affectation. Par un courrier du 16 juillet 2021 adressé au centre hospitalier universitaire, elle déclarait qu'il lui restait 9 jours de congés au titre de 2020 et sollicitait l'autorisation exceptionnelle de reporter 4 jours sur l'année 2021 et d'alimenter son compte épargne temps des 5 autres jours. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler la décision du 19 juillet 2021 par laquelle le directeur adjoint des ressources humaines et de la formation du centre hospitalier universitaire de Montpellier a rejeté tant sa demande d'autorisation exceptionnelle de report de congés annuels non pris que de transfert des congés non pris sur le compte épargne temps.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Sur les moyens communs :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; (). ". La décision par laquelle l'autorité territoriale refuse à un fonctionnaire l'autorisation exceptionnelle de reporter ses congés annuels ou de transférer les congés non pris sur le compte épargne temps est au nombre des décisions individuelles refusant un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir.
3. Il ressort des termes de la décision attaquée, qu'elle se réfère aux dispositions du décret n°2002-788 du 3 mai 2002 et à la circulaire d'application de ce décret DGOS/RH4/DGCS n° 2023-42 du 5 février 2013. Elle indique en outre que Mme B ne remplit les conditions, ni pour le transfert de congés sur le compte épargne temps, sa demande ayant pour effet de ramener à moins de 20 jours le nombre de jours de congés annuels pris dans l'année de référence, ni pour être autorisée à reporter les congés annuels non pris, faute d'une absence prolongée pour raison de santé. Dans ces circonstances, la décision contient les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement dans une mesure suffisante au sens des dispositions précitées pour permettre à son destinataire d'en connaître et contester utilement les motifs. Dès lors, et la motivation s'appréciant indépendamment du bien-fondé des motifs retenus, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée doit être écarté.
4. En second lieu, si Mme B soulève un vice de procédure, elle n'apporte pas d'élément suffisant pour étayer ce moyen de nature à permettre au tribunal d'en apprécier la portée. Dès lors ce moyen doit être écarté.
5. En troisième et dernier lieu, la notification des voies et délais de recours étant indépendante de la légalité d'une décision, le moyen tiré de son défaut doit être écarté.
Sur le refus d'autorisation exceptionnelle de report des congés annuels non pris :
6. Aux termes de l'article 7 de la directive n° 2003/88 du 4 novembre 2003 : " 1. Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que tout travailleur bénéficie d'un congé annuel payé d'au moins quatre semaines, conformément aux conditions d'obtention et d'octroi prévues par les législations et/ou pratiques nationales. / 2. La période minimale de congé annuel payé ne peut être remplacée par une indemnité financière, sauf en cas de fin de relation de travail. ". Selon la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne, ces dispositions font obstacle à ce que le droit au congé annuel payé qu'un travailleur n'a pas pu exercer pendant une certaine période parce qu'il était placé en congé de maladie pendant tout ou partie de cette période s'éteigne à l'expiration de celle-ci. Le droit au report des congés annuels non exercés pour ce motif n'est toutefois pas illimité dans le temps. Si, selon la Cour, la durée de la période de report doit dépasser substantiellement celle de la période au cours de laquelle le droit peut être exercé, pour permettre à l'agent d'exercer effectivement son droit à congé sans perturber le fonctionnement du service, la finalité même du droit au congé annuel payé, qui est de bénéficier d'un temps de repos ainsi que d'un temps de détente et de loisirs, s'oppose à ce qu'un travailleur en incapacité de travail durant plusieurs années consécutives, puisse avoir le droit de cumuler de manière illimitée des droits au congé annuel payé acquis durant cette période
7. Aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière : " Le fonctionnaire en activité a droit : 1°A un congé annuel avec traitement dont la durée est fixée par décret en Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article 4 du décret 2002-8 du 4 janvier 2002 : " Le congé dû pour une année de service accompli ne peut se reporter sur l'année suivante, sauf autorisation exceptionnelle accordée par l'autorité investie du pouvoir de nomination. Les congés non pris au titre d'une année de service accompli peuvent alimenter un compte épargne temps, selon des modalités définies par décret. ". Ces dispositions réglementaires, qui ne prévoient le report des congés non pris au cours d'une année de service qu'à titre exceptionnel, sans réserver le cas des agents qui ont été dans l'impossibilité de prendre leurs congés annuels en raison d'un congé de maladie, sont, dans cette mesure, incompatibles avec les dispositions de l'article 7 de la directive citée au point 5 et, par suite, illégales.
8. En l'absence de dispositions législatives ou réglementaires fixant une période de report des congés payés qu'un agent s'est trouvé, du fait d'un congé maladie, dans l'impossibilité de prendre au cours d'une année civile donnée, le juge peut en principe considérer, afin d'assurer le respect des dispositions de la directive 2003/88/CE du 4 novembre 2003, que ces congés peuvent être pris au cours d'une période de quinze mois après le terme de cette année. La Cour de justice de l'Union européenne a en effet jugé, dans son arrêt C-214/10 du 22 novembre 2011, qu'une telle durée de quinze mois, substantiellement supérieure à la durée de la période annuelle au cours de laquelle le droit peut être exercé, est compatible avec les dispositions de l'article 7 de la directive. Toutefois ce droit au report s'exerce, en l'absence de dispositions, sur ce point également, dans le droit national, dans la limite de quatre semaines prévue par cet article 7.
9. Il ressort des pièces du dossier, d'une part, que Mme B a été placée en congé de maladie ordinaire du 30 juillet au 3 septembre 2020 et a repris ses fonctions dès le 4 septembre suivant. Mme B ne saurait dès lors être regardée comme ayant été dans l'impossibilité de prendre ses congés annuels au titre de l'année 2020 en raison d'un congé de maladie. D'autre part, les circonstances invoquées par Mme B, tenant en particulier à ses activités de formatrice dans un contexte de pandémie, à les supposer établies, sont insuffisantes pour justifier une autorisation exceptionnelle de report au sens des dispositions précitées. Par suite, en rejetant sa demande d'autorisation exceptionnelle de report des congés non pris en 2020, le centre hospitalier universitaire n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées.
Sur le rejet de transfert des congés non pris sur le compte épargne temps :
10. Aux termes de l'article 3 du décret n° 2002-788 du 3 mai 2002 : " Le compte épargne-temps peut être alimenté chaque année par : 1° Le report de congés annuels, sans que le nombre de jours de congés pris dans l'année puisse être inférieur à vingt. ". Le compte épargne temps a pour finalité de permettre aux agents de différer dans le temps la prise d'une partie de leurs congés annuels et de leurs journées de repos instituées en contrepartie de la réduction du temps de travail.
11. Il ressort des pièces du dossier, qu'au 31 décembre de l'année 2020, Mme B n'avait pas pris 20 jours de congés annuels. Par suite, en refusant à Mme B d'alimenter son compte épargne temps pour ce motif, après avoir cité le décret précité et non la charte de gestion du temps de travail comme le prétend la requérante, le centre hospitalier universitaire de Montpellier n'a pas fait une inexacte application de ces dispositions et n'a fait une erreur d'appréciation ni des circonstances particulières la concernant, ni de l'obligation dans laquelle est l'administration de préserver la santé de ses agents.
12. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, que les conclusions en annulation de la décision du 19 juillet 2021 doivent être rejetées. Il en sera de même, par voie de conséquences des conclusions en injonction.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier universitaire de Montpellier, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme B demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. En l'absence de justificatifs des frais exposés par le centre hospitalier universitaire de Montpellier, ses conclusions tendant au paiement d'une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier universitaire de Montpellier présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier universitaire de Montpellier.
Délibéré après l'audience publique du 3 juillet 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023
La rapporteure,
B. Pater
Le président,
V. Rabaté
Le greffier,
F. Balicki
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 18 juillet 2023.
Le greffier,
F. Balicki
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N° 1901371
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N° 1901371
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026