lundi 19 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2103969 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP GIPULO - DUPETIT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 juillet 2021, Mme A B, représentée par Me Dupetit, demande au tribunal :
1°) de surseoir à statuer dans l'attente du dépôt du rapport d'expertise sollicité par voie de référé auprès du tribunal administratif de Montpellier ;
2°) d'annuler la décision du 4 mars 2021, par laquelle le directeur du centre hospitalier de Perpignan a décidé, d'une part, de fixer au 1er octobre 2020 la date de consolidation de son état de santé à la suite de l'accident de service survenu le 13 août 2019, en retenant un taux d'incapacité permanente partielle de 2 %, et, d'autre part, de la prise en charge au titre de la maladie ordinaire des arrêts de travail et soins prescrits à compter du 27 octobre 2020, ainsi que la décision expresse du 7 juin 2021 rejetant son recours gracieux ;
3°) de condamner le centre hospitalier de Perpignan aux entiers dépens ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Perpignan la somme de 2 000 euros au titre de l'article L.761-1 du Code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions des 4 mars et 7 juin 2021 sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation quant à son état de santé ;
- le 25 septembre 2020, le médecin expert du centre hospitalier de Perpignan l'a autorisée à reprendre son poste au 1er octobre 2020, en indiquant que son état de santé était évolutif et non consolidé ; ce même expert se contredit dans son expertise du 22 décembre 2020 en fixant une date de consolidation au 1er octobre 2020 ;
- l'accident de service du 13 août 2019 n'est pas consolidé ; les arrêts de travail et soins postérieurs au 1er octobre 2020 doivent être pris en charge au titre de cet accident ;
- la nouvelle pathologie dont elle souffre, qui trouve son siège dans l'épaule gauche, est imputable à l'accident de service du 13 août 2019.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 janvier 2022, le centre hospitalier de Perpignan, représenté par la SCP VPNG, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 88-386 du 19 avril 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Viallet, rapporteure ;
- les conclusions de M. Baccati, rapporteur public ;
- et les observations de Me Galy, représentant le centre hospitalier de Perpignan.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, adjointe administrative principale en fonction au centre hospitalier de Perpignan, a été victime, le 13 août 2019, d'un accident entraînant un traumatisme de l'épaule droite, et placée en arrêt de travail pour accident de service jusqu'au 1er octobre 2020. A la reprise de ses fonctions, eu égard à la persistance des douleurs de l'épaule droite, elle a bénéficié de nouveaux arrêts de travail à compter du 27 octobre 2020. Suivant l'avis de la commission de réforme du 25 février 2021, le centre hospitalier a, par décision du 4 mars 2021, fixé au 1er octobre 2020 la date de consolidation de son accident de service avec un taux d'incapacité permanente partielle de 2 %, et a refusé de reconnaître l'imputabilité à l'accident de service des soins et arrêts de travail produits à compter du 27 octobre 2020. La requérante a formé un recours gracieux contre cette décision en s'appuyant sur l'avis médical d'un médecin généraliste agréé établi le 6 avril 2021. La commission de réforme, saisie une seconde fois le 27 mai 2021, a confirmé son précédent avis. Par une décision du 7 juin 2021 valant rejet du recours gracieux, le centre hospitalier a confirmé sa décision du 4 mars 2021. Mme B demande l'annulation pour excès de pouvoir de la décision du 4 mars 2021, ainsi que de la décision du 7 juin 2021 rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions en annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière dans sa rédaction applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. () Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de la maladie ou de l'accident est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales. ". Aux termes de l'article 16 du décret n°88-386 du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière alors en vigueur: " La commission départementale de réforme prévue par le décret du 26 décembre 2003 mentionné ci-dessus est notamment consultée sur l'octroi du congé de maladie ou de longue maladie susceptible d'être accordé en application des dispositions du deuxième alinéa du 2° de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée et sur l'application des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 susvisée , dans les conditions prévues au titre VI bis du présent décret.() ".
3. D'autre part, la date de consolidation correspond au moment où les lésions se fixent et acquièrent un caractère permanent, ce qui permet alors d'apprécier le taux d'incapacité permanente partielle qui a résulté d'une pathologie ou d'un accident. La consolidation de l'état de santé ne peut, en revanche, être assimilée à la guérison et ne constitue pas davantage une circonstance impliquant nécessairement la fin des soins nécessités par cette pathologie ou cet accident. Le juge de l'excès de pouvoir exerce un contrôle normal sur la date de consolidation retenue par l'autorité administrative.
4. Il ressort des pièces du dossier et notamment de l'expertise du 22 décembre 2020 diligentée à la demande du centre hospitalier, confirmée par un avis de la commission de réforme du 25 février 2021, que la consolidation de l'état de santé de Mme B, tel qu'il résulte de l'accident de service du 13 août 2019, a été fixée au 1er octobre 2020, avec absence de soins post consolidation imputables, et un taux d'incapacité permanente partielle fixé à 2 %. Par ailleurs, tant l'expert que les membres de la commission de réforme s'accordent à dire que les soins et arrêts de travail produits par Mme B à compter du 27 octobre 2020 sont dépourvus de tout lien direct et certain avec l'accident de service du 13 août 2019 et doivent être pris en charge au titre de la maladie ordinaire. Si la requérante fait valoir que ce même expert a, dans une précédente expertise le 25 septembre 2020, indiqué que son état de santé était évolutif et non consolidé, cette circonstance n'est toutefois pas de nature à remettre en cause la date de consolidation finalement retenue. Enfin, l'avis produit par un médecin généraliste agréé le 6 avril 2021, consulté à l'initiative de Mme B, n'apporte aucun élément médical complémentaire qui permettrait d'établir un lien entre ses arrêts de travail présentés à compter du 27 octobre 2020 et l'accident de service dont elle a été victime. Au demeurant, le centre hospitalier a soumis cet avis à la commission de réforme le 27 mai 2021, qui a maintenu son avis précédemment rendu le 25 février 2021. Dans ces conditions, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation quant à l'état de santé de Mme B que le directeur du centre hospitalier de Perpignan a fixé la date de consolidation au 1er octobre 2020 avec un taux d'incapacité permanente partielle de 2 % et a estimé que les arrêts de travail postérieurs relevaient du congé de maladie ordinaire.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de surseoir à statuer dès lors que le juge des référés du tribunal administratif de Montpellier a rejeté la requête de Mme B à fin d'expertise par une ordonnance du 17 juin 2022, que les conclusions de sa requête à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. En premier lieu, la présente instance n'ayant occasionné aucun dépens, les conclusions de Mme B tendant à ce qu'ils soient mis à la charge du centre hospitalier de Perpignan ne peuvent qu'être rejetées.
7. En second lieu, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier de Perpignan, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions du centre hospitalier de Perpignan présentées sur le fondement de ces mêmes dispositions.
DECIDE:
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier de Perpignan présentées sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier de Perpignan.
Délibéré après l'audience du 5 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Besle, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juin 2023.
La rapporteure,
ML. VialletLe président,
D.Besle
Le greffier,
S. Sangaré
La République mande et ordonne ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 20 juin 2023.
Le greffier,
S. Sangaré
N°2103969
gm
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026