jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2104120 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL VALETTE-BERTHELSEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 5 août 2021 et 4 avril 2022, M. A E et Mme D G E, représentés par la SELARL Valette-Berthelsen, agissant par Me Valette, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite née le 7 juin 2021 par laquelle le maire de la commune de Sète, agissant au nom de l'Etat, a refusé, d'une part, d'exercer son droit de visite et de dresser, conformément à l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme, un procès-verbal d'infractions au code de l'urbanisme s'agissant des travaux réalisés sur la parcelle cadastrée section AS n° 212 située 34 rue Jean Vilar et, d'autre part, d'édicter un arrêté ordonnant l'interruption de ces travaux de construction, en application de l'article L. 480-2 du même code ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Sète de dresser un procès-verbal d'infraction et d'édicter un arrêté interruptif de travaux ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative,
Ils soutiennent que :
- M. C a construit un mur en limite séparative Sud non autorisé au titre du permis de construire délivré le 25 mars 2020 et ne respectant pas la règle de retrait fixée par l'article UD 7 du règlement du plan local d'urbanisme ; en outre l'angle de la construction en limite Sud et le bassin de la piscine ne sont pas implantés conformément aux travaux autorisés par ce permis ;
- le maire de Sète ayant connaissance de ces infractions était en situation de compétence liée l'obligeant à dresser un procès-verbal de constatation des faits ;
- il a commis une erreur d'appréciation en s'abstenant de faire usage de son droit de visite et d'ordonner l'interruption des travaux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2022, le préfet de l'Hérault conclut au non-lieu à statuer s'agissant des conclusions tendant à l'annulation du refus implicite de dresser un procès-verbal d'infractions aux règles d'urbanisme et au rejet du surplus des conclusions.
Il fait valoir que :
- suite à un contrôle organisé le 6 juillet 2021, ses services ont dressé le 27 décembre 2021 un procès-verbal d'infractions aux règles d'urbanisme à l'encontre de M. C de sorte qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation du refus implicite de faire procéder à un tel constat ;
- M. C s'est vu délivrer le 7 décembre 2021 un permis de construire modificatif afin de régulariser les infractions commises de sorte qu'il n'était pas nécessaire d'édicter un arrêté interruptif de travaux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 avril 2022et par un mémoire reçu le 22 juin 2022 et non communiqué, la commune de Sète, représentée par la SCP SVA, conclut au non-lieu à statuer s'agissant des conclusions à fin d'annulation et d'injonction et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Elle fait valoir que :
- les services de l'Etat ont dressé le 27 décembre 2021 un procès-verbal d'infractions aux règles d'urbanisme à l'encontre de M. C de sorte qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation du refus implicite de faire procéder à un tel constat ;
- de même il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction dès lors que les infractions constatées ont été régularisées par la délivrance d'un permis de construire modificatif le 7 décembre 2021.
Des pièces complémentaires enregistrées le 21 juin 2023 ont été présentés par M. et Mme E, postérieurement à la clôture de l'instruction intervenue le 18 juillet 2022, et n'ont pas été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Goursaud, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Furstenheim, représentant M. et Mme E, et celles de Me Monflier, représentant la commune de Sète.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 6 avril 2021, M. et Mme E ont mis demeure le maire de Sète d'exercer son droit de visite, de dresser un procès-verbal de constat d'infractions aux règles d'urbanisme sur la parcelle cadastrée section AS n° 212 et d'édicter à l'encontre de M. B C un arrêté interruptif de travaux. M. et Mme E demandent au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé sur cette demande par le maire de Sète, agissant au nom de l'Etat.
Sur l'exception de non-lieu à statuer partiel opposée en défense :
2. Par leur courrier du 6 avril 2021, M. et Mme E ont demandé au maire de Sète de constater, d'une part, que les travaux réalisés par M. C ne correspondent pas aux plans fournis à l'appui du permis de construire délivré le 25 mars 2020 s'agissant de l'angle de la construction implanté à moins de 3,80 mètres de la limite Sud et de l'implantation du bassin de la piscine et, d'autre part, que le pétitionnaire a réalisé sans autorisation un mur en limite séparative Sud non conforme à l'article UD 7 du règlement du plan local d'urbanisme.
3. Il ressort des pièces du dossier qu'après une visite de contrôle organisée le 6 juillet 2021, un agent assermenté des services de l'Etat a, le 27 décembre 2021, dressé un procès-verbal d'infractions aux règles d'urbanisme à l'encontre de M. C en ce qui concerne les infractions dénoncées, dont copie a été adressée au procureur de la République le 10 janvier 2022. Il en résulte qu'il a été donné satisfaction partielle à la demande des requérants, s'agissant de la mise en œuvre d'un droit de visite, de dresser procès-verbal et de sa transmission au procureur de la République. Ainsi que le font valoir en défense la commune de Sète et le préfet de l'Hérault, il n'y a donc pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision implicite du maire de Sète en tant qu'il a été refusé de dresser procès-verbal d'infraction aux règles d'urbanisme en raison des travaux effectués sur la parcelle cadastrée section AS n° 212.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
4. Aux termes de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme : " Les infractions aux dispositions des titres Ier, II, III, IV et VI du présent livre sont constatées par tous officiers ou agents de police judiciaire ainsi que par tous les fonctionnaires et agents de l'Etat et des collectivités publiques commissionnés à cet effet par le maire ou le ministre chargé de l'urbanisme suivant l'autorité dont ils relèvent et assermentés. Les procès-verbaux dressés par ces agents font foi jusqu'à preuve du contraire. () Lorsque l'autorité administrative et, au cas où il est compétent pour délivrer les autorisations, le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent ont connaissance d'une infraction de la nature de celles que prévoient les articles L. 480-4 et L. 610-1, ils sont tenus d'en faire dresser procès-verbal ". En outre, aux termes de l'article L. 480-2 du même code : " L'interruption des travaux peut être ordonnée soit sur réquisition du ministère public agissant à la requête du maire, du fonctionnaire compétent ou de l'une des associations visées à l'article L. 480-1, soit, même d'office, par le juge d'instruction saisi des poursuites ou par le tribunal correctionnel. L'interruption des travaux peut être ordonnée, dans les mêmes conditions, sur saisine du représentant de l'Etat dans la région (). Dans le cas de constructions sans permis de construire ou d'aménagement sans permis d'aménager, ou de constructions ou d'aménagement poursuivis malgré une décision de la juridiction administrative suspendant le permis de construire ou le permis d'aménager, le maire prescrira par arrêté l'interruption des travaux ainsi que, le cas échéant, l'exécution, aux frais du constructeur, des mesures nécessaires à la sécurité des personnes ou des biens ; copie de l'arrêté du maire est transmise sans délai au ministère public. / Dans tous les cas où il n'y serait pas pourvu par le maire et après une mise en demeure adressée à celui-ci et restée sans résultat à l'expiration d'un délai de vingt-quatre heures, le représentant de l'Etat dans le département prescrira ces mesures et l'interruption des travaux par un arrêté dont copie sera transmise sans délai au ministère public. ".
5. Il résulte de ces dispositions que le maire est tenu de dresser un procès-verbal en application de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme lorsqu'il a connaissance d'une infraction mentionnée à l'article L. 480-4, résultant soit de l'exécution de travaux sans les autorisations prescrites par le livre IV du code, soit de la méconnaissance des autorisations délivrées. Si, après établissement d'un procès-verbal, le maire peut, dans le second cas, prescrire par arrêté l'interruption des travaux, il est tenu de le faire dans le premier cas.
6. Par ailleurs, l'effet utile de l'annulation pour excès de pouvoir du refus de l'autorité compétente de prescrire un tel arrêté interruptif de travaux réside dans l'obligation pour cette autorité d'y procéder, que le juge peut prescrire, même d'office, en vertu de l'article L. 911-1 du code de justice administrative. Il en résulte que, lorsqu'il est saisi de conclusions à fin d'annulation d'un tel refus, le juge de l'excès de pouvoir doit apprécier sa légalité au regard des règles applicables et des circonstances prévalant à la date de son jugement.
7. En l'espèce, s'il est constant qu'à la date d'introduction de la requête, les travaux d'édification du mur avaient effectivement été réalisés sans autorisation tandis que l'implantation du bassin de la piscine et de l'angle sud de la construction ne respectaient pas le permis de construire délivré le 25 mars 2020, M. C a toutefois déposé le 21 juin 2021 un dossier de demande de permis de construire modificatif aux fins de régularisation de sa situation. Le maire de Sète, par un arrêté du 7 décembre 2021, a accordé à M. C l'autorisation d'urbanisme sollicitée et, par un jugement n° 2200247 du 30 mars 2023, le présent tribunal a rejeté la requête de M. et Mme E tendant à l'annulation de cet arrêté. Par conséquent, les requérants n'établissent pas, à la date du présent jugement, l'existence de travaux irrégulièrement réalisés sur la parcelle cadastrée section AS n° 80.
8. Dans ces conditions, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision par laquelle le maire de Sète, agissant au nom de l'Etat, a implicitement refusé d'édicter à l'encontre de M. C un arrêté interruptif de travaux sur le fondement de l'article L. 480-2 du code de l'urbanisme doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction doivent être également rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que la somme réclamée par M. et Mme E au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E et Mme D G E, à la commune de Sète et au préfet de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 22 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lison Rigaud, présidente,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
M. François Goursaud, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.
Le rapporteur,
F. Goursaud
La présidente,
L. Rigaud
La greffière,
M. F
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
M. F 00
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026